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Les Nouvelles Vulnérabilités. »

Publié le 04/06/2007 à 12:06

Je vais vous faire un aveu. 

Vous avez du vous en apercevoir, la campagne pour les élections légistatives ne m'intéresse pas du tout.

Pour être plus précis, la débauche d'énergie consacrée à tenter de sauver l'essentiel pendant la présidentielle a produit son effet. Retourner aux urnes pour élire les députés est devenu dans l'esprit d'un nombre important de Français une corvée.

J'en fais partie.

Cela va évidemment avoir des effets mécaniques. Si l'abstention augmente cela se fera automatiquement au détriment du PS.

Mais là, deuxième aveu. Je m'en fous.

Je suis persuadé, désormais, que le PS a besoin d'une raclée qui entraîne un tel électrochoc que les socialistes soient obligés de se rénover tout repenser. Vraiment. Cela m'ennuie beaucoup pour tous ceux qui vont déguster pendant cinq dix ans ; ceux pour qui j'ai, finalement, pour la première fois de ma vie, décider de glisser un bulletin de vote dans l'urne le 6 mai.

Mais nous en sommes là. Et les responsables sont-ils les électeurs qui pourraient rester chez eux ou les socialistes qui ne leur donnent aucune envie d'aller les sauver ?

Vous connaissez la réponse.

 

Discutant ce week end avec les sympathiques militants du PS qui tractaient à Vanves pour Lucille Schmid - opposée à André Santini dont, au passage le suppléant est LE Frédéric Lefèbvre de Nicolas Sarkozy, et à Christophe Ginisty du MoDem -, je n'ai pas ressenti autre chose chez eux. Leur section a triplé de volume avant la Présidentielle ; de ces "nouveaux adhérents" venus largement soutenir Ségolène Royal. Aujourd'hui, ils savent très bien et le disent que, s'ils ne veulent pas perdre ces sympathisants passés à l'acte, l'effort à mener est rien moins que colossal. Ce n'est ni rue de Solférino, encore moins sous les lambris et les ors de la République que doit s'accomplir cette mission. Mais dans dans les champs, dans les villes, dans les banlieues, au contact quotidien des réseaux associatifs qui se sont substitués comme ils le pouvaient, au fil des ans, aux réseaux souvent communistes ou chrétiens qui balisaient notamment les zones les plus défavorisées de notre pays.

 

Apparté.

 

On ne dira jamais assez à ceux qui se sont réjouits de l'effondrement du communisme combien la disparition de cette "famille" politique a été préjudiciable au fameux tissu social que tous les élus cherchent aujourd"hui à retisser comme une vielle tapisserie mitée. Le déjà fameux rapport caché de l'INHES sur l'insécurité dans le "93"  - pourquoi ne dit-on pas Seine-Saint-Denis au fait ? - ne montre pas autre chose lorsqu'il explique qu'une partie des problèmes sont à chercher dans "l'affablissement du Parti communiste", dont le "93" fut un bastion, "et son réseau associatif (...) actif"... 


On ne dira jamais assez, de manière parallèle, combien dans certaines provinces, c'est la déstructuration de l'Eglise et la dilution des JOC et des JAC qui a, elle aussi, accéléré la descente aux enfers des plus en difficultés.

Je sais déjà qu'un tel propos va déchaîner l'ironie de certains.

Comment peut-on sortir ces vieux cadavres de leurs tombeaux, au 21ème siècle ?

Oser même les invoquer ?

La chute du mur, le Goulag et pourquoi pas Staline...

Et puis l'Église... Soyons sérieux.

Surtout, dans une société libérale et individualiste comme la notre, prétendre écrire que, ce qui nous manque le plus, ce sont des structures collectives transversales de solidarité, voilà un propos qui s'apparente à un crime ! Et puis, après tout, les Restos du coeur, le DAL, Emmaus et les autres sont là... Contentons-nous donc de ces structures de crise...perpétuelle. Quand il est déjà bien trop tard. De la solidarité, oui, mais a posteriori. Plutôt que prévenir, ne pas réussir à guérir... 

 
Fin de l'apparté. 

 

Me voilà et nous voilà bien avancés.

Je ne milite pas. Je vote à peine. Je ne suis pas syndiqué. Je n'appartiens à aucun parti. Je ne suis membre d'aucune association et me voilà en train d'invoquer de vieilles lunes associatives et solidaires pour prétendre indiquer la bonne direction à la gauche... 

 

En plus, je les vois déjà venir les socialistes, malgré ma vue basse...

Ils vont me balancer dans les gencives la panacée de la campagne de Ségolène Royal, son must : la "démocratie participative" !  Bah oui ! Bien évidemment. La "démocratie participative", "les débats participatifs", voilà les solutions ! T'as pas d'idée(s). T'as pas de projet(s). Demande donc aux Français, ils vont te dire quoi/comment penser et t'aider à construire une doctrine qui te permette de réécrire un programme pour les cinq dix ans à venir. 

 

Très bien camarades.

Dont acte.

Alors donnez moi donc quelques exemples précis de ce que la candidate socialiste a précisément sollicité et qui viendrait de cette "nouvelle manière de faire de la politique". Des idées, des vraies, novatrices et porteuses, qui soient éventuellement contenues dans ce très gros document que j'ai vu passer de très loin pendant la Présidentielle. Cet espèce de bottin qui était censé constituer les nouveaux cahiers de doléances, notamment remontés par le site Désirs d'Avenir.

De fait, pendant cette "flash campagne" législative, je n'ai pas beaucoup entendu parler de l'utilisation de ces fameux apports citoyens par les socialistes dispersés qui tentent individuellement de sauver leur peau...

 

Le lien social est détruit dans notre pays. Les inégalités sont flagrantes. La précarité au coin de chaque rue. La solidarité est devenue un gros mot que l'on n'emploie que lorsque le mal est fait. 

Ce matin, sur RTL, Alain Duhamel, expliquait pourtant que nombre d'indicateurs sont au vert, que "le pessimisme recule" et ce, en dépit, de ce qu'il nomma, en un troublant euphémisme, des nouvelles vulnérabilités".

 

"Nouvelles Vulnérabilités".

Le terme m'a fait tressaillir.

J'avais mon rasoir en main.

J'ai failli le lâcher. Me couper. Je deviens trop sensible...

 

Eh bien, le voilà votre programme pour les cinq ans dix ans à venir, camarades.

Penchez-vous donc sur ces "Nouvelles Vulnérabilités".

 

Et puis revenez nous voir. 

Dans quelques temps.


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