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Peut-on considérer une série achevée ( ?...) il y a près de deux ans comme une série à l’ancienne ? Tout le monde a t’il considéré ce blog comme définitivement enterré, alors qu’en fait, PAS DU TOUT ?... La réponse à ces deux questions est simple : OUI (je serai tenté de rajouter « on fait ce qu’on veut »). Mais en ce qui concerne la deuxième question on est tous un peu occupé ces derniers temps, on a pas le temps de repasser écrire mais ca va se tasser on fera des petits come backs de temps en temps…… Bon revenons à nos moutons : je vais vous parler d’une série moderne qui a complètement relancé mon amour pour les séries us, à la même époque que LA série post 11 septembre qui a foutu tout le monde sur le cul, 24 heures chrono. Et si il y avait bien une série qu’il ne fallait pas sacrifier, ce fut bien celle la, mais hélas les pontes d’ABC en ont décidé autrement, traitant avec dédain la série qui les a permis de leur donner une vraie légitimité dans cette catégorie de programmes : ALIAS. Car on l’oublie un peu vite, mais sans Alias : pas de Desperate Housewives, pas de Grey’s Anatomy, et surtout pas de Lost !...
Au moment ou les nouvelles séries n’en étaient qu’a leur balbutiements, avec notamment les toutes premières saisons des Experts Las Vegas, 24, Six Feet Under, The Wire ou encore The Shield, Alias s’imposa d’emblée par sa double dimension illustrée par son personnage principal, brillant, de Sydney Bristow (la jusqu’alors talentueuse Jennifer Garner).
Agent secret casse cou et génialement multirole pour la CIA, Sydney est d’abord une jeune femme qui démarre sa vie active et qui doit tenir le secret de sa double identité auprès de ses plus proches, incluant le fait de leur mentir et jouer avec eux le jeu de la fausse honnêteté amicale… Jusqu’au jour où ce jeu se retourne contre elle, et où elle en paie le prix fort. C’est là toute la malice d’Alias : aller sur le terrain des séries un peu légères ciblées teenager pour ensuite blaster toutes les attentes dans des scènes d’action aux enjeux dramatiques ahurissants que ne renierait pas un Cameron ou un McTiernan, tout en liant les deux via des personnages clés qui interviennent à la fois dans une des vies de Sydney comme dans l’autre. On pense bien sur à Vaughn, son contact de la CIA, ou encore à Sloane, personnage hautement Faustien dont on arrive finalement jamais à savoir la véritable cause qu’il sert (sauf lors du dernier épisode de la série) ; mais on pense surtout au père de Sydney, véritable figure du héros à l’américaine, pourri de l’intérieur par son boulot et son entourage, et qui ne croit plus depuis longtemps au système de son pays.
L’ingrédient espionnage est aussi pour ma part une des réussites majeures de cette série : l’intrigue de base se développe au fur et a mesure que les saisons avancent et devient incroyablement complexe avec de multiples rebondissements monstrueux en fin d’épisodes, qui deviennent carrément dantesques en fin de saisons (mention spéciale pour la saison 2 !...). C’est justement ce dernier point qui fait d’Alias (comme de 24 d’ailleurs) l’étendard de la nouvelle vague de séries us en terme de construction narrative, de mise en scène transcendée et concernée, et de montage incroyablement nerveux. C’est simple, quand on regarde le pilote d’Alias et qu’on accroche à l’univers, on ne peut plus décrocher à cause de la construction narrative et des fameux cliffs à la fin de chaque épisode qui nous incitent à vouloir voir la suite des aventures de Sydney, là maintenant. Et de plus, face à l’engouement grandissant des téléspectateurs, Alias accueillit lors de son age d’or des guests très prestigieuses dans le casting tel Roger Moore, David Cronenberg ou encore Quentin Tarantino le temps d’un double épisode (probablement deux des meilleurs épisodes de la série toute entière) !
Seulement voilà, ABC est content qu’Alias ait boosté leur audiences, mais n’apprécie pas le fait que cette série soit difficile à rediffuser dans sa grille : en clair l’intrigue est tellement complexe qu’il est pour la chaine impossible de rediffuser des épisodes choisis dans une logique autre que celle qui fait avancer la série. Les pontes d’ABC demandent donc au producteur exécutif JJ Abrams (et oui déjà ce crassou) ainsi qu’aux équipes de scénaristes, de simplifier l’intrigue principale, et surtout de faire plus d’épisodes One Shot, dans le même genre que les Experts (une intro, une enquete à mener, une solution à trouver, un méchant à arrêter, et un déguisement à trouver à Sydney). ABC via cette requête ne se rend pas compte qu’elle va tuer sa série phare à petit feu, puisque son concept repose justement sur ce que les pontes considèrent comme des « faiblesses ».
Le résultat ne tarde pas à se montrer, puisque le dernier tiers de la troisième saison voit son rythme peu à peu se baisser, en enchainant les épisodes parlotte, ou on explique au téléspectateur comment on en est arrivé là, et qui est à l’origine de tout ca ; mais ca n’empêche pas le cliff de fin de saison d’être encore efficace (ce sera le dernier encore réellement efficace et non caricatural de la série). S’enchaine une saison 4 proprement catastrophique, sans aucune intrigue principale de haute volée à l’inverse des précédentes saisons, avec des twists de plus en plus eventés, caricaturaux, resucés des saisons antérieures, avec une mise en scène transparente (dignes des plus brillants épisodes de Sunset Beach), et où les personnages et leurs interpretes surnagent complètement au milieu de tout ce beau bordel.
La saison 5 tentera péniblement de relever tout ca mais il est déjà trop tard : la série qu’on adorait est déjà partie à la poubelle, les audiences ne se relèvent pas, JJ Abrams en plein développement de Lost et de MI :III a abandonné le navire (il s’en voudra beaucoup et s’en excusera aupres des fans par la suite), Garner gonfle comme un bibendum en attendant d’être maman, et les nouveaux persos introduits en début de saison (une saison tronquée de 17 épisodes, beau cadeau pour la fin de la série) n’auront pas le temps d’être suffisamment exploités malgré de prometteuses pistes….
Cette série géniale s’éteindra donc au début 2006, avec un dernier épisode laissant un gout amer : une série qui partait pourtant si génialement bien finit très platement, et c’est avec énormément de regret qu’on tourne la page 47 ,si importante dans la série….
Monsieur Pytou