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Internet à l’heure du journalisme participatif »

Le site ecrans.fr annonce l’ouverture de plusieurs sites d’information corédigés par des journalistes professionels et des internautes anonymes. L’exemple donné est celui de lepost.fr, projet lancé par Le Monde Interactif : “on y trouve à la fois des contenus produits par la rédaction et des contenus produits par les internautes, en un flux non hiérarchisé et non thématisé.â€

Autre exemple : Bibliobs, lancé par nouvelobs.com. Si les livres sont le sujet fondamental du site, il agrège là-aussi les contributions des journalistes, celles des spécialistes (invités, professionnels) et celles des internautes.

L’explosion du “journalisme participatif†vient amplifier une dynamique amorcée avec des sites comme Agoravox ou Rue89, qui font la part belle aux tribunes des internautes et autorisent une prise de parole de chacun.

Secrétariat national aux NTIC du PS | il y a 3 jours | citations : 16

A la recherche de l'Humanité... »

A l'heure où chacun se dirige ou non vers son bureau de vote et en attendant cette soirée qui confirmera l'élan conservateur de cette Europe vieillissante, mon esprit est plus que jamais dans le monde. Quelque part dans un coin lointain. Evasion vers un monde humain. Espérance des combats et des jours meilleurs. Chez les Kogis, par exemple.


"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l'Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C'est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l'Homme et la Terre. L'Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l'annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ?
Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu'il s'agit d'individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.


Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.â€"

Cet article a été publié en février dernier sur mon blog Des mondes en lutte(s) qui, malgré un long silence, refera un jour surface car il est exactement l'incarnation de ma vision du journalisme, et sur Agoravox.fr.

Regard sur... | il y a 3 jours | citations : 13

A la recherche de l'Humanité... »

A l'heure où chacun se dirige ou non vers son bureau de vote et en attendant cette soirée qui confirmera l'élan conservateur de cette Europe vieillissante, mon esprit est plus que jamais dans le monde. Quelque part dans un coin lointain. Evasion vers un monde humain. Espérance des combats et des jours meilleurs. Chez les Kogis, par exemple.


"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l'Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C'est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l'Homme et la Terre. L'Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l'annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ?
Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu'il s'agit d'individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.


Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.â€"

Cet article a été publié en février dernier sur mon blog Des mondes en lutte(s) qui, malgré un long silence, refera un jour surface car il est exactement l'incarnation de ma vision du journalisme, et sur Agoravox.fr.

Regard sur... | il y a 4 jours | citations : 13

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A l'heure où chacun se dirige ou non vers son bureau de vote et en attendant cette soirée qui confirmera l'élan conservateur de cette Europe vieillissante, mon esprit est plus que jamais dans le monde. Quelque part dans un coin lointain. Evasion vers un monde humain. Espérance des combats et des jours meilleurs. Chez les Kogis, par exemple.


"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l'Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C'est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l'Homme et la Terre. L'Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l'annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ?
Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu'il s'agit d'individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.


Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.â€"

Cet article a été publié en février dernier sur mon blog Des mondes en lutte(s) qui, malgré un long silence, refera un jour surface car il est exactement l'incarnation de ma vision du journalisme, et sur Agoravox.fr.

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A la recherche de l'Humanité... »

A l'heure où chacun se dirige ou non vers son bureau de vote et en attendant cette soirée qui confirmera l'élan conservateur de cette Europe vieillissante, mon esprit est plus que jamais dans le monde. Quelque part dans un coin lointain. Evasion vers un monde humain. Espérance des combats et des jours meilleurs. Chez les Kogis, par exemple.


"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l'Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C'est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l'Homme et la Terre. L'Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l'annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ?
Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu'il s'agit d'individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.


Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.â€"

Cet article a été publié en février dernier sur mon blog Des mondes en lutte(s) qui, malgré un long silence, refera un jour surface car il est exactement l'incarnation de ma vision du journalisme, et sur Agoravox.fr.

Regard sur... | il y a 6 jours | citations : 13

Entreprises et réputation en ligne : menace ou opportunité ? »

Comment faire évoluer votre entreprise dans un univers "radicalement" transparent ? C'est la question à laquelle les auteurs d'un livre - "Radically transparent" - dédié au management de la réputation en ligne tentent de répondre, un livre introduit par ce constat :

Les entreprises peuvent dépenser des millions de dollars chaque année pour promouvoir et manager leurs marques, aujourd'hui un simple billet de blog négatif peut détruire une réputation en quelques jours. Le passage d'un monologue corporate à un dialogue en ligne avec les clients nécessite d'abord de prendre conscience que vous avez plus de risques liés à la réputation que dans le passé.

De la nécessité d'être "radicalement transparent"

Malheureusement, cette prise de risque, qui devrait-être un levier pour le changement, est bien souvent considérée comme une simple menace (Les entreprises stressées par le Web ?) et Patricia Ott, DG de Lewis PR France interrogée par La Tribune, illustrait bien ce sentiment :

Une mauvaise note, un commentaire désastreux, rien ne s'efface sur Internet, il suffit qu'un internaute tape une requête pour que l'information remonte. C'est comme si l'entreprise vivait en perpétuel état de crise.

Comment intervenir après-coup sur un contenu désavantageux ? comment procéder en situation de crise ? Bien souvent on ne vous propose que de réagir (au sens premier d'"agir en retour") alors que les résultats ne sont jamais bien assurés. Contre-attaquer par le biais de démarches juridiques ? : les "limites de la réponse légale" sont vite atteintes, dixit Vincent Dufief, pourtant avocat au barreau de Paris. "Nettoyer" votre profil Google ? les conclusion de cet article chez Rue89 devraient vous convaincre de l'efficacité d'une telle démarche : "l'aspect 'nettoyage' du business de la gestion de l'identité numérique paraît surtout reposer sur… du vent" (le Washington Post avait déjà découvert leur secret en août dernier).

En fait, il s'agirait surtout de mettre en place des stratégies de référencement de crise (qui par ailleurs semblent prouver leur efficacité, l'exemple des Echos est édifiant) ou de "pousser" les contenus positifs afin d'y "noyer" le reste des commentaires, forcément dérangeants. Et même ceux qui prétendent pouvoir contrer les "bad buzz" sur la Toile ne font que du référencement intensif, puis s'autocongratulent par hyperliens interposés.

En ce qui me concerne, je ne peux que rejoindre le commentaire de Marie : la réputation numérique se gère surtout "en amont".

Le conseil principal serait donc, on l'a vu, de rendre votre entreprise "transparente" :

Social media require honesty, disclosure, and as we have already said, transparency. There is little censorship in this world, the community values raw truth. The community immediatly comes down hard on those who employ conversation spin, control, manipulation, or spam

Les conseils d'Olivier Zara, appliqués au monde de l'entreprise, pourraient parfaitement rejoindre cette vision :

Avoir une réputation numérique, c’est être transparent, c’est montrer votre capacité à partager l’information, à exprimer des idées ou des opinions, à utiliser les technologies de l’information qui sont aujourd’hui au cœur de la performance des organisations, et votre sens du risque ou votre esprit d’initiative.

Pour ce faire, il est bien évidemment nécessaire de réadapter vos outils, les auteurs de "Radically transparent" insistent aussi sur ce point :

RP, feedback, communication de crise, les outils de management et de contrôle de réputation doivent eux aussi s'adapter pour accompagner ce passage du monologue au dialogue.

Les entreprise doivent entrer dans une logique de co-création de leur réputation

Alors que l'image d'une marque ou d'une entreprise serait plutôt basée sur des croyances (relativement fixes) et sur le propre regard que l'entreprise porte sur elle-même (et qu'elle essaye de transmettre par le biais de sa communication), la réputation serait bien moins maîtrisable :

La réputation n'est pas ce que l'entreprise ou les individus pensent d'eux-même, mais ce que les autres pensent. C'est une perception qui peut ne pas être basée sur des faits concret.

Mais le message le plus important serait à mon avis le suivant : "la réputation de votre entreprise ne vous appartient pas", du moins pas totalement. La réputation appartient à la marque mais aussi "à tous ceux qui la fabriquent pour elle".

L'objectif pour les entreprises serait alors d'entrer en relation avec ses clients connectés, d'entrer dans la conversation en essayant d'orienter de façon constructive leurs feedbacks (puisqu'ils jugeront tôt ou tard votre entreprise ou votre marque). "La réputation relève de l’art plutôt que la science", notait très justement Stéphane Billiet (colloque "vers une économie de l'opinion") :

c’est l’occasion de faire valoir une expertise, les phénomènes de l’opinion devenant de plus en plus complexes à comprendre et à gérer. S’ils sont un risque pour l’entreprise, c’est aussi une opportunité très forte pour celles qui savent en tirer parti, sous réserve qu’on soit capable et qu’on ait envie de réinventer la communication.

Et effectivement, on parle bien d'un "changement de paradigme", les entreprises doivent repenser leur façon de communiquer, et faire le pari que leur prise de parole (et la prise de risque qui l'accompagne) sera, à terme, récompensée.

En utilisant les PR online , bien sûr, mais également en commençant par mettre en place des stratégies de référencement et d'optimisation pour les médias sociaux. Les entreprises doivent aussi se montrer pro-actives sur ce terrain : faire de la veille (Blogs, forums, sites d'avis : les sources à balayer pour veiller sont nombreuses et sans limites géographiques.), mais aussi et surtout aménager des cyber-territoires de communication, ce que Franck Sitbon nous expliquait dans un un dossier du JDN consacré à la réputation sur les moteurs.

Palpitt - Metablog | il y a 7 jours | citations : 4

A la recherche de l'Humanité... »

A l'heure où chacun se dirige ou non vers son bureau de vote et en attendant cette soirée qui confirmera l'élan conservateur de cette Europe vieillissante, mon esprit est plus que jamais dans le monde. Quelque part dans un coin lointain. Evasion vers un monde humain. Espérance des combats et des jours meilleurs. Chez les Kogis, par exemple.


"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l'Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C'est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l'Homme et la Terre. L'Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l'annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ?
Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu'il s'agit d'individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.


Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.â€"

Cet article a été publié en février dernier sur mon blog Des mondes en lutte(s) qui, malgré un long silence, refera un jour surface car il est exactement l'incarnation de ma vision du journalisme, et sur Agoravox.fr.

Regard sur... | il y a 7 jours | citations : 13

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A l'heure où chacun se dirige ou non vers son bureau de vote et en attendant cette soirée qui confirmera l'élan conservateur de cette Europe vieillissante, mon esprit est plus que jamais dans le monde. Quelque part dans un coin lointain. Evasion vers un monde humain. Espérance des combats et des jours meilleurs. Chez les Kogis, par exemple.


"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l'Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C'est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l'Homme et la Terre. L'Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l'annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ?
Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu'il s'agit d'individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.


Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.â€"

Cet article a été publié en février dernier sur mon blog Des mondes en lutte(s) qui, malgré un long silence, refera un jour surface car il est exactement l'incarnation de ma vision du journalisme, et sur Agoravox.fr.

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A l'heure où chacun se dirige ou non vers son bureau de vote et en attendant cette soirée qui confirmera l'élan conservateur de cette Europe vieillissante, mon esprit est plus que jamais dans le monde. Quelque part dans un coin lointain. Evasion vers un monde humain. Espérance des combats et des jours meilleurs. Chez les Kogis, par exemple.


"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l'Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C'est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l'Homme et la Terre. L'Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l'annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ?
Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu'il s'agit d'individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.


Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.â€"

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A la recherche de l'Humanité... »

A l'heure où chacun se dirige ou non vers son bureau de vote et en attendant cette soirée qui confirmera l'élan conservateur de cette Europe vieillissante, mon esprit est plus que jamais dans le monde. Quelque part dans un coin lointain. Evasion vers un monde humain. Espérance des combats et des jours meilleurs. Chez les Kogis, par exemple.


"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l'Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C'est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l'Homme et la Terre. L'Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l'annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ?
Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu'il s'agit d'individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.


Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.â€"

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