Treizième épisode Reims
Ce dernier épisode prouve une nouvelle fois l’audace du réalisateur puisqu’il s’ouvre sur un plan de "l’Ange du sourire" qui orne le portail de la cathédrale de Reims. Jacques Bretoneiche, féru de marketing, imaginait sans doute vendre son œuvre dans le monde entier en la gonflant d’une petite touche culturelle et spirituelle.
Nous sommes donc à Gueux le 3 juillet 1965 pour les fameuses 12 h de Reims. Il faut se souvenir qu’à l’époque Reims était tous les ans durant cette période de début d’été une sorte de centre du monde, dans la mesure ou le même week end et sur le même circuit se disputaient une manche de F1, de F3 et du championnat du monde des constructeurs. Le public en avait pour son pognon.
Passons à la course : Bob Bondurant alias Steve Warson que nous avons rencontré à Sebring est en terre rémoise, toujours sur AC Cobra, toujours rival de Grandsire tant en auto qu’en conquête féminine. Grandsire, lui, fait partie de la grosse équipe Alpine qui alignait cinq voitures et avait déplacé son staff puisque nous verrons Amédée Gordini, Jean Rédélé et Bernard Boyer. Jacques Cheinisse quant à lui partageait le baquet d’une M 64 avec Guy Verrier, il arrivera 4e de sa classe derrière Mauro Bianchi, 3e avec Vidal sur M 64. Puis viennent Jean Vinatier et de Lageneste, 2e, et enfin notre héros Grandsire, 1er de sa classe sur M65 1300cm3, victoire qu’il partage avec Lucien Bianchi, ce qui permet d’avoir quelques images de ce merveilleux pilote aussi éclectique que discret.
Lors de ces 12 heures nous verrons donc les Alpine très bien se classer dans leur catégorie et des images de pilotes hélas disparus. Cette année-là - ou peut être était-ce la tradition -, l’organisation avait fourni à l’ensemble des officiels de magnifiques panamas que tous ces hommes cravatés portaient avec une certaine allure, y compris Gérard Crombac que nous verrons une dernière fois, rapidement peut être, mais fixant bien la caméra, sûrement. Le Pr Reimsparing doit posséder dans son dressing acajou un de ces panamas et le garder comme un trophée, à l’instar de notre TTDCB, la casquette Goodyear de Joe Salas.
D’autres images me fascinent d’autant plus qu’on les retrouve dans chaque épisode, celles des mécaniciens, la clope au bec en permanence y compris et surtout lorsqu’ils ont la tête dans le moteur. Nous sommes loin des réglementations modernes que dénonce avec raison et à longueur de commentaires J.-L. Mathieu. Toto Roche (décidément on retrouve toujours les même) abaissera le drapeau à damiers sur les vainqueurs du classement général, Jean Guichet et Pedro Rodriguez sur Ferrari 365 P2. Ce sera la dernière victoire Ferrari sur ce circuit.
De manière à ne pas être vulgaire, je passerai sous silence la balade en petit train dans les caves de chez Mumm et me contenterai de conclure sur la voix off qui termine l’épisode et le feuilleton : Ici Tommy Franklin qui vous parle du circuit de Reims – Gueux, à vous Paris. Un petit coup de Marseillaise un plan sur le visage de Grandsire et c’est fini.
***
Conclusion :
Durant tous ces épisodes j’ai volontairement omis d’évoquer les qualités d’acteur d’Henri Grandsire. Je me dois maintenant de vous révéler qu’il joue la comédie comme un cochon, aussi faux que Christian Patey dans L’Argent de Robert Bresson sauf qu’il ne le fait pas exprès. La carrière de pilote automobile d’Henri Grandsire n’a pas connu le succès que son titre de champion de France pouvait laisser imaginer. Qu’est il devenu ? Un membre actif éminent de MdS l’aurait vu, place d’Alésia à Paris, sortant d’un magasin de lingerie fine. Ce même membre laisserait entendre que le pilote se serait reconverti dans le commerce et la gérance d’un négoce de petites culottes. Sauront-nous un jour, si dans la gamme qu’il commercialise il en est (des petites culottes), en Nomex ignifugé pour les cas graves ?
Je dois aussi vous faire part de la grande souffrance que j’ai vécue pendant les longs moments ou j’ai visionné ces épisodes. J’ai entendu cinquante fois, cent fois, peut être plus, la chanson des génériques de début et de fin. Quand je vous aurai dit que cette chanson est de Charles Dumont et interprétée par Romuald, vous comprendrez que rédiger cette chronique ne fut pas toujours une sinécure.
Fin
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Nurburgring
Monza
La Targa Florio
Le Mans Monaco
Les roues Pré-Sebring Sebring
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Captures d'écran © INA
Douzième épisode Sebring        Â
Cette fois nous sommes réellement en Floride pour les 12 heures de Sebring, circuit oublié mais utilisé dans les années 60 où se disputait une manche du Championnat du monde des constructeurs.
En 1965 deux berlinettes Alpine y furent alignées, l’une inscrite par l’usine et pilotée par deux américains, Manley et Sellers, l’autre engagée par un local et pilotée par Fred Baker et Bill Kirtley. C’est cette dernière qui sera utilisée par Grandsire pour les images du feuilleton. La lecture des listes de concurrents nous apprend que le pilote français n’a pas couru ici. Les téléspectateurs de l’époque ont été trompés par la réalisation. Il faut reconnaître à celle-ci qu’elle n’a jamais fait passer ce feuilleton pour un reportage exhaustif et historique sur le sport auto de l’époque.
Les premières images ne manquent pas de saveur mélancolique, nous assistons à une sorte de garden party des plus chics dans un jardin parisien proche du Trocadéro, animée par un juvénile Gerard Crombac portant un toast en l’honneur des voitures Vaillante envoyées à Sebring pour gagner la course et accessoirement des parts de marché. En gros plan, la dentition approximative du patron de Sport-Auto et en arrière-plan, timide et probablement présent par hasard à cette sauterie, le futur champion du monde 1970, Jochen Rindt, en costard cravate.
A ce court épisode parisien succède la chaleur humide de ce début de printemps 65 en Floride. Le mélange étonnant des autos donne son sel à l’épisode ; les Chaparral et autres Cobra tournent autour des Triumph TR4 ou pire Spitfire sous motorisées, mais nous verrons plus tard que la puissance ne fait pas tout en sport auto.
L’un des héros du jour est Jo Schlesser qui court avec Bob Bondurand sur la Cobra de Carroll Shelby. Nombreux plan de ces deux pilotes, Bondurant faisant totalement partie du scénario puisqu’il est Steve Warson, l’ami des Vaillant et fiancé de la mignonne et blonde Agnès qui, elle, en pince pour Michel Vaillant-Grandsire.
Le réalisateur a eu la chance que les conditions atmosphérique soient à ce point difficiles, qui lui ont permis de nourrir son scénario qui, à sec sans le terrible orage qui s’est abattu ce jour-là , aurait ressemblé à un sablé Lu. Sur ce circuit plat comme une assiette l’eau peine à s’évacuer et dans une ambiance apocalyptique, on peut voir les petites cylindrées remonter au classement et des grosses, lourdes et peu agiles, se noyer dans le lac qui s’est substitué au circuit. L’Alpine d’usine finira 40e sur 43 échappés de la noyade.
La course sera remportée par la Chaparral de Jim Hall, la deuxième sera la GT40 de Miles et MacLaren. C’est toujours un plaisir de rappeler que David Piper était déjà là et qu’il arriva 3e dans sa 250 LM privée avec son pote Tony Maggs.
Quant à notre national Schlesser, il finit juste derrière avec le télégénique Bob Bondurand sur une Cobra. Ce même Bondurand-Warson, à qui le réalisateur fait gagner la course pour les besoins du scénar, aura droit à la chute de cet épisode mouillé, toujours aussi pompier et cul-cul, I won the race but I lost the girl.
A suivre
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Nurburgring
Monza
La Targa Florio
Le Mans Monaco
Les roues Pré-Sebring
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Captures d'écran © INA
Pour commanderÂ
"Rien que des histoires" Tome 1
paru aux Editions Pietra Liuzzo
Sur le site des éditions
Sur Internet
A votre librairie habituelle
Il suffit de préciser à votre libraire, en plus du titre du livre, le n° ISBN de l'ouvrage souhaité, le nom de l'auteur et le nom de la maison d'édition.
- Titre : "Rien que des histoires, tome 1"
- n° ISBN : 978-2-916685-17-5
- nom de l'auteur : Christine Rato
- maison d'édition : Pietra Liuzzo Editions
Tags : livres, littérature, enfants, contes, christine rato, pietra liuzzo éditions, rien que des histoires
Onzième épisode Pré-Sebring Cet épisode de remplissage qui relate les préparatifs de la course des 12 heures de Sebring réclame par sa nullité un traitement particulier. Nous vous le présentons donc sous la forme d’un inventaire à la Prévert :
- Un père Vaillant souhaitant implanter sa production aux USA.
- Un constructeur américain souhaitant l’en empêcher par tous les moyens.
- Un saboteur de Vaillante en TR4 et trench-coat.
- Un Henri Grandsire dans les rue de New York levant les yeux au ciel en permanence (comme tout le monde à New York, la première fois).
- Un Steve Warson sous les traits de Bob Bondurant.
- Un Carroll Shelby se plaignant de ne plus avoir un poil de sec.
- Un commissaire technique Yankee subjugué de voir qu’un moteur pouvait fonctionner avec seulement 4 cylindres et 1100 cm3.
- Une interview de Jo Schlesser dans un anglais piqué à son pote Ligier.
- Une blondinette en jeans nommée Agnès et fille de l’organisateur.
- Une bagarre dans le paddock à cause de la blondinette et… du paddock.Â
- Une bagarre entre Michel Vaillant et le saboteur où l’on se rend compte que le premier nommé n’est pas doublé par Jackie Chan.
- Des plans de coupes à la con.
Vivement la course !

A suivre
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Nurburgring
Monza
La Targa Florio
Le Mans Monaco
Les roues
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Captures d'écran effectuées par l'auteur

Dixième épisode Les roues
Le titre de cet épisode laisse envisager le pire, en effet il n’y a pas tromperie sur la marchandise.
Le réalisateur, afin d’amortir le voyage en Sicile (épisode n°7), nous redonne quelques images de la Targa où nous retrouvons un José Rosinski bougon parce qu’il a ruiné sa course en perdant une roue sur le circuit. Une polémique naît avec le Team Vaillant, le fin José affirmant que cette roue s’est détachée brutalement de son moyeu car elle était montée avec les nouveaux pneus Dunlop Racing dont l’adhérence est telle que l’effort sur la roue est trop important et en provoque la rupture.
De leur côté les Vaillant ne croient pas à cette possibilité et pensent que le pilote a dû effectuer une touchette.
De retour rue Forest, le père Vaillant se fait confirmer la robustesse de ses roues par son fournisseur et propose à ses fils d’effectuer le Rallye de l’AGACI avec ces fameux Dunlop Racing ; Rosinski, lui, gardera les anciennes montes en Kléber. Cette proposition arrange tout le monde.
Le Rallye de l’AGACI part du circuit de Montlhéry et sillonne les routes de l’Essonne autour d’Etampes. Au petit matin nos héros rassurés par la tenue de leurs roues accélèrent la cadence afin de les tester à la limite. Dans un gauche appuyé, l’effort à la roue est tel qu’elle casse. Résultat des courses, la berlinette s’échoue lamentablement dans une mare aux canards.
Cela permet à Rosinski, à une minute derrière les deux frères Vaillant, de ralentir en passant à côté d’eux et de leur lancer, rigolard, une réplique digne d’Audiard dans 100 000 dollars au soleil, "Alors les baigneuses, vous voulez ma roue de secours ?!"»
Voila, c’est peu, c’est pauvre, c’est mauvais, mais il faudra vous contenter de cela pour cet épisode.Â

A suivre
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Nurburgring
Monza
La Targa Florio
Le Mans Monaco
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Captures d'écran effectuées par l'auteur

Neuvième épisode Monaco
L’affiche est alléchante car pour beaucoup d’entre nous, en 66, c’est la victoire en F3 de Jean-Pierre Beltoise. Pour le réalisateur du feuilleton il en va autrement vous l’imaginez bien, les courses servant de décor à son scénario qui tourne autour de Michel Vaillant et donc autour des Alpines et du pilote maison Henri Grandsire.
La première scène est d’une originalité délirante : un plan en panorama pris de la corniche d’où l’on voit arriver par la route une camionnette tractant une remorque sur laquelle nous devinons une monoplace bâchée ; n’est pas David Lynch qui veut. Le reste de l’épisode pourrait être qualifié de pédagogique et en cela revêt un certain intérêt.
Nous verrons le jeune Roby Weber demander à Henri Grandsire de bien vouloir faire le tour du circuit à pied pour lui indiquer les bonnes trajectoire car il vient à Monaco pour la première fois. Il avait (le jeune Weber) remarqué que Stewart prenait Ste-Dévote en tenant la gauche de la piste et en freinant dans la courbe. Grandsire, mesurant sans doute la différence d’expérience des deux pilotes, conseille à Roby de freiner, les roues droites. Tout au long du circuit l’ancien donnera des conseils à l’impétrant dans le style : "Mirabeau est un droite pas compliqué et au Bureau de Tabac, il faut faire relativement attention". Voila des tuyaux bien utiles qui feront d’ailleurs que dans la vraie course ni l’un ni l’autre ne se qualifieront.
Mais la réalité s’avérant toujours plus forte que la fiction, les hommes de l‘époque, les Offenstadt, Bandini, Pesca et JPB, (ci-contre), s’imposent naturellement à qui regarde cet épisode qui prend quarante ans plus tard statut d’archive.
Aux essais qualificatifs, un très élégant et très local Louis Chiron en directeur de course manie le drapeau avec une grande maestria, sautant comme un cabri pour inciter les pilotes à démarrer leurs machines et engueulant copieusement Jean-Pierre Cassegrain sur Cooper qui ne devait pas être à sa bonne place sur la pré-grille. Il avait le sang chaud le Chiron, il ne fallait pas l’emmerder, le père !
Un plan rapide nous montre l’acteur Peter Sellers retenant son bras comme dans Dr Folamour pour saluer au passage le pilote de sa propre écurie. Son pilote, Brian Hart, ne se qualifiera pas malgré un réglage de son Ford qui devait être on ne peux plus pointu. Les essais permettent au réalisateur d’améliorer son scénario et de créer le suspens en laissant croire que Grandsire se sort et détruit son auto à la chicane alors que dans la réalité, en regardant image par image, il s’agit de l’Alpine de Patrice Gransart.
La réparation de l’auto prendra la nuit, ce qui nous permet de longues scènes techniques autour du châssis et de voir Jean Rédélé assister au débriefing de l’accident et se pencher sur son malade, l’air grave et préoccupé. Au petit matin le fidèle Lhemarie établira la check list de remise en état du châssis et la monoplace sera prête.
Le départ sera donné par Louis Chiron encore plus sautillant que la veille aux essais. La course en elle-même n’est pas très bien filmée et les commentaires surréalistes de Tommy Franklin ont du mal à nous faire avaler que Grandsire, mal qualifié, réussisse à être en position de gagner cette course. Et pourtant c’est bien le pilote de la Vaillante-Alpine qui va remporter le Grand Prix de Monaco de F3 1966, ce qui nous vaudra de grands moments de plans détournés comme le podium princier et sa Marseillaise destinés dans la réalité à Beltoise alors que sur l’image nous voyons Grandsire levant une improbable coupe.
Mais il y a une justice : dans un panoramique de la foule au pied de la tribune princière nous verrons quand même sans que le réalisateur ne l’ait voulu, un jeune freluquet en costard, l’air radieux : Jean-Luc Lagardère, appréciant à sa juste valeur son premier podium monégasque 
Â
A suivre
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Nurburgring
Monza
La Targa Florio
Le Mans Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Captures d'écran © INA

Huitième épisode Le Mans
Sans très bien comprendre l’ordonnancement des épisodes, nous allons remonter le temps et nous retrouver en 1965 pour la course mancelle et vivre un savant mais inconfortable mélange d’images des essais d’avril et de la course de juin.
Grandsire est très mécontent de la tenue de cap du proto M65 à pleine vitesse dans les Hunaudières, il s'en ouvre amèrement au placide Marcel Hubert. L’aérodynamicien d’Alpine nous invitera à une séance en soufflerie au centre Eiffel de la Rue Boileau à Paris.
Ce centre ressemble plus à un laboratoire à la Jules Verne qu’à la Galleria del vento de Maranello, mais c’est très amusant de voir Marcel Hubert ajouter sur la maquette échelle 1/5e un peu d’aileron arrière, d’une manière tout à fait empirique mais efficace puisque les temps descendront aux essais.
Nous verrons ce même Marcel caresser doucement, presque tendrement, la maquette de son proto pour s’imprégner physiquement de son aéro. Des images touchantes et jamais vues de cette manière.
Cette fois peu de plans comportant des visages connus, cet épisode tourné semble-t-il un an avant les douze autres devait servir de ce qu’aujourd’hui on appelle un pilote (sans jeu de mots) afin de permettre à l’ORTF de juger ou non de l’intérêt d’un tel feuilleton.
Cette course sera la dernière victoire Ferrari avant bien longtemps, même si les autos d’usine ont toutes abandonné. Le NART sauvera l’honneur et Rindt et Gregory feront de beaux vainqueurs.

A suivre
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Nurburgring
Monza
La Targa Florio
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Captures d'écran © INA
Septième épisode : La Targa Florio
Les images débutent sur un plan de Marcel Hubert dans la tour de chronométrage de Montlhéry. L’aérodynamicien d’Alpine mesure les performances de Grandsire lors d’essais en prévision de la grande course du mois de mai, la Targa Florio.
Un coup d’avion au départ d’Orly et nous voici sur cette bonne terre sicilienne pour la 50ème Targa, nous sommes en mai 1966. Cet épisode est entièrement axé sur cette course légendaire restituée par de très belles images. On y voit les essais de Grandsire sur route ouverte avec une R8 Gordini transportée tout exprès de Paris. Le réalisateur ne peux s’empêcher de sacrifier à la couleur locale en montrant moult ânes ou mulets qui inévitablement traverserons devant les roues de la R8, mais aussi des plans de coupe sur le linge qui sèche aux fenêtres ; encore une fois le devoir d’exotisme bon marché du cahier des charges de l’ORTF.
Mais cela ne saurait gâcher notre plaisir. Ah ! Cette fabuleuse piste et les vieux stands en béton dans le petit raidillon de Cerda. La ferveur des tifosi siciliens au passage de leur idole Nino Vacarella dans la grosse P3 qu’il partageait avec l’autre grand, Lorenzo Bandini, est tangible et vécue, le réalisateur a filmé ces scènes de liesse sans avoir recours à des figurants. Une caméra embarquée dans l’Alpine de Henri Grandsire nous procure des sensations fortes, trahissant le mépris affichés par les spectateurs et les organisateurs envers une notion intraduisible en sicilien : sécurité.
Tommy Franklin qui dans chaque épisode sert de commentateur en voix off, apparaît cette fois en chair et en os (objectivement plutôt en chair qu’en os) dans la tour du speaker de la Targa, il annonce de sa belle voix qui reste dans nos mémoires le triplé gagnant dans leur classe des trois petites autos françaises , celle de Rosinski et de Lageneste finissant 1ère de sa classe et 6e au général, un exploit pour une petite cylindrée, aidée il faut quand même le dire par un événement rare à la Targa : la pluie.
Cette année la, ce sera Herbert Muller dont on aperçoit la coupe en brosse et Mairesse qui l’emporteront au général Nous resterons discret sur la bagarre contractuelle entre les frères Vaillant et des fiancés siciliens jaloux et machos, il suffit d’accélérer le DVD et ça passe tout seul.
Pour l’anecdote nous resterons discret également sur le fait que le héros du feuilleton, Henri Grandsire que nous voyons tout au long de cette Targa, n’a pas fait la course puisqu’il n’y était pas engagé.

A suivre
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Nurburgring
Monza
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Captures d'écran réalisées par l'auteur ou © INA
Sixième épisode : Monza
Cet épisode qui se déroule à Monza durant les 1000 km 1966 s'ouvre sur des images d’un salon de coiffure milanais où des jeunes femmes liées à l’Automobile-Club de Milan se font papouiller. Ces gourgandines supputent sur leur chance de se "faire" Michel Vaillant, John Surtees ou… Guy Ligier, une ultime éventualité suggérant que toutes les italiennes ne sont expertes en bon goût.
Nous allons apercevoir une kyrielle de célébrités dont l’immense Enzo Ferrari en grande discussion avec George-Michel Fraichard, de l'Auto-Journal, dans le paddock auprès du camion de la Scuderia, cela dure 10 secondes mais c’est quand même assez classe de trouver une séquence telle que celle-ci dans un petit feuilleton de l’ORTF. Autre patron entrevu, alors peu connu à l’époque, en costard et Ray-Ban, écoutant attentivement Jean-Pierre Jaussaud et Johnny Servoz-Gavin expliquer pourquoi leur Matra 620 à moteur BRM sousvire : Jean-Luc Lagardère.
Les fans de technique de l’époque ont dû se régaler sur les gros plans d’un changement de rapports de boîte de l’Alpine. On imagine mal aujourd’hui un réalisateur de séries télé s’attarder sur ces plans techniques qui n’intéresseraient que 12 hurluberlus. Les dialogues ne manquent pas de sel si on leur accorde une oreille attentive, ainsi après quelques heures d’errance de Grandsire et de Johnny Servoz pour trouver un garage capable de ressouder un porte-moyeu que le pilote savoyard avait abîmé sur une bordure, nos deux compères décident d’aller se coucher tout en lançant Tant pis on ira demain chez Brambilla ; Je serais curieux de savoir combien de téléspectateurs ont entendu et compris le sens de ce dialogue, c’est du private joke ou je ne m’y connais pas, mais quel plaisir de le relever quarante ans après.
La course a lieu sous la pluie. John Wyer est frigorifié dans son stand, attendant patiemment le ravitaillement des Ford dont il a la responsabilité. Amédée Gordini, en imperméable, gesticule autour de l’Alpine M65 de notre héros et de Mauro Bianchi, machine qui manifestement aura connu de sérieux problèmes, à voir la mine déconfite du Sorcier.
John Surtees et Mike Parkes sur Ferrari P3, à la nuit tombée, remporteront cette course tellement humide que l’enthousiasme traditionnel des tifosi en sera douché, mais pas Surtees qui semble vraiment très heureux de ce résultat.

A suivre
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Nurburgring
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Captures d'écran réalisées par l'auteur ou © INA
Cinquième épisode : Nurburgring
Très bizarre cet épisode qui montre Grandsire sur une berlinette alors que dans la réalité il courait les 1000 km du Nurburgring 1966 sur un proto A210 ! Nous profiterons malgré tout de plans très intéressants sur la Chaparral que Phil Hill partageait avec Jo Bonnier. Cette monstrueuse auto n’était pas encore affublée d’ailerons mais déjà son gabarit en imposait.
En se promenant dans les stands avant le départ le réalisateur nous permet de voir Jo Schlesser et son copain Guy Ligier quasiment maigre enfin... assez mince.
Il va aussi s’attarder sur un magnifique Lorenzo Bandini et un Pedro Rodriguez pas mal non plus. Autre personnage que la caméra caresse sans que le spectateur lambda s’en émeuve, Huschke von Hanstein, homme-clé du sport auto allemand, haut en couleur et cumulard puisque à la fois aux relations publiques de l’ADAC et team manager de Porsche, élégant bipède à la veste pied-de-poule et à la moustache taillée a l’anglaise ; la classe quoi !
Hill et Bonnier gagneront pour de vrai et Grandsire enlèvera sa catégorie pour l’intérêt du scenario, ce qui lui vaudra une poignée de main de Guy Ligier à se faire péter les phalanges. Encore une fois, il y aura une longue bagarre entre les frères Vaillant et un jeune Allemand serrant de trop une fiancée chronométreuse. La rixe aura lieu sur les murailles du château du Nurburg, que nous avons vu de loin des dizaines de fois mais que nous n’avons jamais pris le temps de visiter.
Voila, c’est fait, n’ayons pas de regrets car ce qui se passait en bas autour du circuit ou dans le paddock était bien plus passionnant.

A suivre
Voir aussi
Flash back Rallye du Nord La blanchisserie Magny-Cours
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
Commander sur
Chapitre.com
Haut et bas, captures d'écran empruntées au site IMCDB
Phil Hill et Huschke von Hanstein © INA