Ils ont Ă©tĂ© six dimanche dernier 10 juin Ă se prĂ©senter dans toute la France, pour dĂ©fendre une couleur : le blanc. Inutile de chercher Ă les positionner sur un curseur gauche-droite, le « Parti blanc » a pour seul programme une meilleure reconnaissance du vote blanc. Dans la configuration actuelle, celui-ci nâapparaĂźt, sans distinction avec les bulletins nuls, que dans la diffĂ©rence entre votants et suffrages exprimĂ©s. DĂšs lors, cette possibilitĂ© de marquer sa protestation ou son indĂ©cision, sans cĂ©der Ă lâabstention, nâa pas dâimpact. Pour y remĂ©dier, et attendant que la loi change, le Parti blanc, créé en 2 000, a choisi de prĂ©senter, dimanche dernier, des candidats qui serviraient uniquement Ă comptabiliser les « Ă©lecteurs blancs », pour pouvoir les faire apparaĂźtre dans les tableaux de rĂ©sultats.
AprĂšs une liste aux Ă©lections municipales de Caen en 2001, 38 candidats aux lĂ©gislatives de 2002, lâassociation a Ă©tĂ© contrainte, financiĂšrement, de nâen prĂ©senter que six cette annĂ©e, Ă Marseille, Caen, Paris, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg. Ils ont totalisĂ© 1 593 voix, avec des scores allant de 0,21 % Ă 1,04 % selon les circonscriptions, soit approximativement les mĂȘmes quâen 2002. Mehdi Guiraud, prĂ©sident du Parti blanc et candidat dans la 16e circonscription de Paris, ne se dit pas déçu. « On ne fait pas campagne pour voter blanc, notre objectif est juste de donner la possibilitĂ© aux Ă©lecteurs de le faire », affirme-t-il.
« Le score nâest pas important pour nous », affirme mĂȘme GĂ©raldine GrĂŒn, la candidate dans la 2e circonscription du Bas-Rhin (lire aussi La Croix du 13 fĂ©vrier dernier). « Ma dĂ©ception, ce nâest pas mes 0,74 % mais les 40 % dâabstention », martĂšle-t-elle, allant jusquâĂ dire que « dans une dĂ©mocratie idĂ©ale, il nây a pas de vote blanc, car tous les Ă©lecteurs trouvent un candidat qui emporte leur adhĂ©sion ». Dâailleurs, en cas de victoire, les candidats du Parti blanc sâĂ©taient engagĂ©s Ă dĂ©missionner. « Je sais que notre dĂ©marche est subtile, et souvent les gens ne comprennent pas que nous ne sommes pas un vrai parti », reconnaĂźt GĂ©raldine GrĂŒn.


Lâassociation fait pourtant tout pour marquer sa diffĂ©rence. Sur leurs affiches, les visages des candidats du Parti blanc nâapparaissaient pas. Ă la place, cette inscription : « Votez », et cette mention « bulletin blanc mais reconnu ». La dĂ©marche est simple, mais les faibles moyens pour mener une vraie campagne dâinformation nâont pas permis de lâexpliquer. Dâailleurs, dans les circonscriptions oĂč se prĂ©sentait un candidat blanc, les traditionnels votes blancs et nuls subsistent, et les dĂ©passent souvent.
« Les Ă©lecteurs nâont peut-ĂȘtre pas confiance, se disent que câest une arnaque », estime Mehdi Guiraud, et surtout ils sont peu informĂ©s : « On nâa pas eu droit aux grands mĂ©dias », regrette-t-il. Pour lâheure, lâassociation a dĂ©cidĂ© de contacter tous les dĂ©putĂ©s dĂšs leur Ă©lection, afin de les inciter Ă proposer une loi pour la reconnaissance du vote blanc.
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| Ălise DESCAMPS |
Ils ont Ă©tĂ© six dimanche dernier 10 juin Ă se prĂ©senter dans toute la France, pour dĂ©fendre une couleur : le blanc. Inutile de chercher Ă les positionner sur un curseur gauche-droite, le « Parti blanc » a pour seul programme une meilleure reconnaissance du vote blanc. Dans la configuration actuelle, celui-ci nâapparaĂźt, sans distinction avec les bulletins nuls, que dans la diffĂ©rence entre votants et suffrages exprimĂ©s. DĂšs lors, cette possibilitĂ© de marquer sa protestation ou son indĂ©cision, sans cĂ©der Ă lâabstention, nâa pas dâimpact. Pour y remĂ©dier, et attendant que la loi change, le Parti blanc, créé en 2 000, a choisi de prĂ©senter, dimanche dernier, des candidats qui serviraient uniquement Ă comptabiliser les « Ă©lecteurs blancs », pour pouvoir les faire apparaĂźtre dans les tableaux de rĂ©sultats.
AprĂšs une liste aux Ă©lections municipales de Caen en 2001, 38 candidats aux lĂ©gislatives de 2002, lâassociation a Ă©tĂ© contrainte, financiĂšrement, de nâen prĂ©senter que six cette annĂ©e, Ă Marseille, Caen, Paris, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg. Ils ont totalisĂ© 1 593 voix, avec des scores allant de 0,21 % Ă 1,04 % selon les circonscriptions, soit approximativement les mĂȘmes quâen 2002. Mehdi Guiraud, prĂ©sident du Parti blanc et candidat dans la 16e circonscription de Paris, ne se dit pas déçu. « On ne fait pas campagne pour voter blanc, notre objectif est juste de donner la possibilitĂ© aux Ă©lecteurs de le faire », affirme-t-il.
« Le score nâest pas important pour nous », affirme mĂȘme GĂ©raldine GrĂŒn, la candidate dans la 2e circonscription du Bas-Rhin (lire aussi La Croix du 13 fĂ©vrier dernier). « Ma dĂ©ception, ce nâest pas mes 0,74 % mais les 40 % dâabstention », martĂšle-t-elle, allant jusquâĂ dire que « dans une dĂ©mocratie idĂ©ale, il nây a pas de vote blanc, car tous les Ă©lecteurs trouvent un candidat qui emporte leur adhĂ©sion ». Dâailleurs, en cas de victoire, les candidats du Parti blanc sâĂ©taient engagĂ©s Ă dĂ©missionner. « Je sais que notre dĂ©marche est subtile, et souvent les gens ne comprennent pas que nous ne sommes pas un vrai parti », reconnaĂźt GĂ©raldine GrĂŒn.


Lâassociation fait pourtant tout pour marquer sa diffĂ©rence. Sur leurs affiches, les visages des candidats du Parti blanc nâapparaissaient pas. Ă la place, cette inscription : « Votez », et cette mention « bulletin blanc mais reconnu ». La dĂ©marche est simple, mais les faibles moyens pour mener une vraie campagne dâinformation nâont pas permis de lâexpliquer. Dâailleurs, dans les circonscriptions oĂč se prĂ©sentait un candidat blanc, les traditionnels votes blancs et nuls subsistent, et les dĂ©passent souvent.
« Les Ă©lecteurs nâont peut-ĂȘtre pas confiance, se disent que câest une arnaque », estime Mehdi Guiraud, et surtout ils sont peu informĂ©s : « On nâa pas eu droit aux grands mĂ©dias », regrette-t-il. Pour lâheure, lâassociation a dĂ©cidĂ© de contacter tous les dĂ©putĂ©s dĂšs leur Ă©lection, afin de les inciter Ă proposer une loi pour la reconnaissance du vote blanc.
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| Ălise DESCAMPS |
PĂ©dophiles, rumeurs, sous-journalisme⊠Pour Paul Amar, Jean-Pierre Elkabbach et Philippe Ridet, le Net, câest la jungle. A grand coup de caricatures, ils coupent les belles plantes et dĂ©broussaillent des clichĂ©s sur un mĂ©dia qui les interpelle trop.
Radio : Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1) : ex-fan du web 2.0
Interrogé par La Croix sur la création d'un « comité d'éthique » dans la radio qu'il préside, Jean-Pierre Elkabbach pointe le coupable :
« les nouvelles technologies posent des problÚmes inédits à notre métier ». Et quelles sont-ils ces problÚmes ? Les rumeurs, fausses informations, ragots et nouvelles non vérifiées, énumÚre-t-il, que les sites relaient pour
« faire des coups », profitant de la dictature l'émotion et de l'instantanéité.
Comme nous le remarquions dans Marianne2, il est un peu triste qu'un journaliste à la si longue carriÚre ait besoin de condamner des erreurs de l'info sur le web pour s'interroger sur l'importance de vérifier ses informations.
Ah qu'il est loin le Jean-Pierre Elkabbach qui vantait dans Le Monde daté du 4 janvier 2007 « l'information 3.0 qui intÚgre le web 2.0 et l'enrichit. La seule que les grands médias devraient proposer. » Dans cette tribune vibrante d'enthousiasme intitulée
« Quel journalisme à l'Úre du Web ? », le président d'Europe 1 se montrait d'une grande sagesse, insistant sur la nécessité pour les professionnels de l'info d'écouter la caisse de résonance du web tout en triant plus scrupuleusement encore l'info qui pouvait en émerger.
Oui mais voilĂ : entre temps, Europe 1 a repris une information de Bakchich.info
sur les paradis fiscaux du Lichtenstein qui mentionnait le judoka David Douillet. Lequel s'est immĂ©diatement plaint, exigeant un droit de rĂ©ponse qui lui a Ă©tĂ© accordĂ© chez Guillaume Durand sur la mĂȘme radio. PlutĂŽt que d'avouer sa responsabilitĂ© dans le fait de ne pas avoir vĂ©rifiĂ© l'info, il prĂ©fĂšre fustiger ses sources.
Télé : Paul Amar (France 5) et le web infernal
Lancer le débat sur les ambiguïtés du web dans un talk show, c'est bien. Ne traiter que des aspects négatifs sur une musique dramatique ponctuée d'images chocs, c'est mieux ! Ainsi, quand Paul Amar consacre
son Revu et corrigé du 3 mai au net, il sÚme des points d'exclamations à tout va : Cybercriminalité ! Cybertyrannie ! Cyberdémocratie ! Dans son introduction, l'animateur brosse un noir portrait : le web
« véhicule des idées diaboliques, facilite la manipulation et l'intrusion, la délation et parfois le crime. »
Les exemples sont choisis avec une précision chirurgicale : à cause du web, les pédophiles pullulent ! Il est vrai qu'avant l'avÚnement des nouveaux médias, cette barbarie-là n'existait pas. Pas plus que la vente d'objets volés, le détournement d'information, le trafic d'animaux protégés, etc. Raccourci révélateur : ces crimes et délits existaient bien sûr mais ils étaient, paradoxalement, plus difficiles à débusquer. Alors qu'avec le web, les journalistes d'investigation ou les gendarmes peuvent parfois trouver sur Google des scandales à ciel ouvert. Et les émissions comme Revu et corrigé un peu de soufre à mettre dans une pseudo analyse des médias.
Entre autres contre-vérités matraquées par l'animateur,
« Internet échappe à toutes les rÚgles. » Preuves à l'appui : les photos nues de Laure Manaudou, diffusées sur toute la Toile. L'animateur n'a-t-il pas vérifié que l'avocat de la nageuse avait contacté les uns à la suite des autres tous les sites qui exhibaient ces photos en les menaçant de procÚs, suivant le droit en vigueur ? En fouillant un peu plus, Paul Amar aurait également appris que de nombreux sites d'information ont à répondre devant la justice pour diffamation,
comme ce fut le cas pour Bakchich.info, poursuivi par David Douillet pour l'article sur les paradis fiscaux qu'avait relayé Europe 1. Oui mais, pour ça, encore faut-il vérifier ses infos.
Presse écrite : Philippe Ridet (Le Monde)
Dans son livre Le PrĂ©sident et moi, publiĂ© rĂ©cemment chez Albin Michel, ouvreage de grande qualitĂ© par ailleurs, le journaliste du Monde Philippe Ridet multiplie les piques assassines contre le Net «Dans la blogosphĂšre, Ă©crit-il, oĂč l'on s'imagine volontiers qu'il suffit d'un ordinateur pour ĂȘtre journaliste.» Plus loin : «Tout peut s'Ă©crire sur la Toile, au nom de la dĂ©mocratie et de la transparence.» (en effet il suffit de voir tous les contentieux dĂ©clenchĂ©s sur le Web pour le constater).
Au fil des pages il apparaßt ainsi que la planÚte web est celle de la rumeur, des informations non vérifiées et surtout des fatwas contre les journalistes qui suivent Sarkozy. Sans jamais s'expliquer sur le fond, Philippe Ridet tombe exactement dans le travers qu'il dénonce : la diffusion d'à peu prÚs et de jugements hùtifs sans réel examen du contexte. Ce n'était, certes, pas l'objet de son livre. Ce n'est pas une raison...
11 avril 2008, Jean-Pierre Elkabach, dans une interview Ă la Croix, s'en prend Ă Internet : Ă« Une information lancĂ©e sur le Net peut ĂÂȘtre reprise par tous les mĂ©dias hexagonaux, voire internationaux. Ă⏠l'Ăšre de l'immĂ©diatetĂ©, de l'apparence, de la dictature de l'Ă©motion, la contagion est gĂ©nĂ©rale. Il faut bien comprendre que cette mĂ©canique emporte tout le systĂšme mĂ©diatique, et, avec lui, l'indispensable respect de la vie privĂ©e, de la dignitĂ©, de l'intimitĂ©. Le systĂšme est empoisonnĂ© par des sites qui, pour exister, pour faire un coup, pour nuire Ă un adversaire, lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vĂ©rifiĂ©es. La tentation est grande pour des sites de taper fort afin de se faire entendre. Ă»
Pour lutter contre cette dérive, il annonce la création d'un comité d'éthique àEurope 1.
21 avril 2008, Jean-Pierre Elkabach impose àsa rédaction, celle d'Europe 1, d'annoncer la mort de Pascal Sevran, malgré les réticences de cette derniÚre devant l'invérifiabilité des sources qui s'avÚreront quelques minutes plus tard frelatées.
Je reprends doucement et calmement une phrase que je viens Ă peine de te livrer, cher lecteur :
Elkabach
annonce
la
création
d'un
comité
d'éthique.
(Applaudissements s'il vous plaĂÂźt)
(rires)
(fin des rires, un peu de charité humaine, que diable !)
C'est Ă cet instant qu'il me revient en mĂ©moire qu'Europe 1 est dirigĂ© par l'ineffable Elkabach et se trouve ĂÂȘtre la propriĂ©tĂ© du fils LagardĂšre.
C'est alors qu'il me souvient que le "fils-de" se trouve Ă©galement ĂÂȘtre le frĂšre auto-proclamĂ© du Guide SuprĂÂȘme de la SarkolutionĂąâÂą .
C'est alors qu'il convient de se souvenir qu'Alain Genestar a Ă©tĂ© virĂ© il y a quelques mois de Paris Match par le mĂÂȘme LagardĂšre pour avoir sorti une information qui n'avait pas eu l'heur de plaire Ă Monsieur Sarkozy, crime parmi les crimes.
Oh! je te rassure, cher lecteur qui t'inquiĂštes pour la place d'Elkabach : il ne lui arrivera rien, absolument rien. Dans n'importe quel pays du monde, Le fautif aurait trois minutes pour faire ses valises et quitter le mĂ©dia qui l'emploie, en demandant au peuple de lui Ă©pargner une trop grande souffrance au moment de sa lapidation en place publique... Mais dans notre beau SĂârkĂËhstanĂąâÂą, que nenni ! Un journaliste bidonnant et pris les mains dans le pot de confiture n'est qu'un journaliste parmi d'autres... quand il ne donne pas en plus des cours de dĂ©ontologie Ă la terre entiĂšre comme Elkabach quelques jours Ă peine avant son exploit.
Car au SĂârkĂËhstanĂąâÂą, la dĂ©ontologie d'un journaliste ne se mesure pas Ă l'aune de sa droiture morale ou son professionnalisme mais au degrĂ© de rĂ©vĂ©rence envers le PrĂ©sident de la RĂ©publique.
Reconnaissons donc ensemble qu'Elkabach ne peut ĂÂȘtre qu'ĂÂȘtre dĂ©clarĂ© dĂ©ontologue distinguĂ©.
(fermez le ban)
Ils ont Ă©tĂ© six dimanche dernier 10 juin Ă se prĂ©senter dans toute la France, pour dĂ©fendre une couleur : le blanc. Inutile de chercher Ă les positionner sur un curseur gauche-droite, le « Parti blanc » a pour seul programme une meilleure reconnaissance du vote blanc. Dans la configuration actuelle, celui-ci nâapparaĂźt, sans distinction avec les bulletins nuls, que dans la diffĂ©rence entre votants et suffrages exprimĂ©s. DĂšs lors, cette possibilitĂ© de marquer sa protestation ou son indĂ©cision, sans cĂ©der Ă lâabstention, nâa pas dâimpact. Pour y remĂ©dier, et attendant que la loi change, le Parti blanc, créé en 2 000, a choisi de prĂ©senter, dimanche dernier, des candidats qui serviraient uniquement Ă comptabiliser les « Ă©lecteurs blancs », pour pouvoir les faire apparaĂźtre dans les tableaux de rĂ©sultats.
AprĂšs une liste aux Ă©lections municipales de Caen en 2001, 38 candidats aux lĂ©gislatives de 2002, lâassociation a Ă©tĂ© contrainte, financiĂšrement, de nâen prĂ©senter que six cette annĂ©e, Ă Marseille, Caen, Paris, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg. Ils ont totalisĂ© 1 593 voix, avec des scores allant de 0,21 % Ă 1,04 % selon les circonscriptions, soit approximativement les mĂȘmes quâen 2002. Mehdi Guiraud, prĂ©sident du Parti blanc et candidat dans la 16e circonscription de Paris, ne se dit pas déçu. « On ne fait pas campagne pour voter blanc, notre objectif est juste de donner la possibilitĂ© aux Ă©lecteurs de le faire », affirme-t-il.
« Le score nâest pas important pour nous », affirme mĂȘme GĂ©raldine GrĂŒn, la candidate dans la 2e circonscription du Bas-Rhin (lire aussi La Croix du 13 fĂ©vrier dernier). « Ma dĂ©ception, ce nâest pas mes 0,74 % mais les 40 % dâabstention », martĂšle-t-elle, allant jusquâĂ dire que « dans une dĂ©mocratie idĂ©ale, il nây a pas de vote blanc, car tous les Ă©lecteurs trouvent un candidat qui emporte leur adhĂ©sion ». Dâailleurs, en cas de victoire, les candidats du Parti blanc sâĂ©taient engagĂ©s Ă dĂ©missionner. « Je sais que notre dĂ©marche est subtile, et souvent les gens ne comprennent pas que nous ne sommes pas un vrai parti », reconnaĂźt GĂ©raldine GrĂŒn.


Lâassociation fait pourtant tout pour marquer sa diffĂ©rence. Sur leurs affiches, les visages des candidats du Parti blanc nâapparaissaient pas. Ă la place, cette inscription : « Votez », et cette mention « bulletin blanc mais reconnu ». La dĂ©marche est simple, mais les faibles moyens pour mener une vraie campagne dâinformation nâont pas permis de lâexpliquer. Dâailleurs, dans les circonscriptions oĂč se prĂ©sentait un candidat blanc, les traditionnels votes blancs et nuls subsistent, et les dĂ©passent souvent.
« Les Ă©lecteurs nâont peut-ĂȘtre pas confiance, se disent que câest une arnaque », estime Mehdi Guiraud, et surtout ils sont peu informĂ©s : « On nâa pas eu droit aux grands mĂ©dias », regrette-t-il. Pour lâheure, lâassociation a dĂ©cidĂ© de contacter tous les dĂ©putĂ©s dĂšs leur Ă©lection, afin de les inciter Ă proposer une loi pour la reconnaissance du vote blanc.
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| Ălise DESCAMPS |
Ils ont Ă©tĂ© six dimanche dernier 10 juin Ă se prĂ©senter dans toute la France, pour dĂ©fendre une couleur : le blanc. Inutile de chercher Ă les positionner sur un curseur gauche-droite, le « Parti blanc » a pour seul programme une meilleure reconnaissance du vote blanc. Dans la configuration actuelle, celui-ci nâapparaĂźt, sans distinction avec les bulletins nuls, que dans la diffĂ©rence entre votants et suffrages exprimĂ©s. DĂšs lors, cette possibilitĂ© de marquer sa protestation ou son indĂ©cision, sans cĂ©der Ă lâabstention, nâa pas dâimpact. Pour y remĂ©dier, et attendant que la loi change, le Parti blanc, créé en 2 000, a choisi de prĂ©senter, dimanche dernier, des candidats qui serviraient uniquement Ă comptabiliser les « Ă©lecteurs blancs », pour pouvoir les faire apparaĂźtre dans les tableaux de rĂ©sultats.
AprĂšs une liste aux Ă©lections municipales de Caen en 2001, 38 candidats aux lĂ©gislatives de 2002, lâassociation a Ă©tĂ© contrainte, financiĂšrement, de nâen prĂ©senter que six cette annĂ©e, Ă Marseille, Caen, Paris, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg. Ils ont totalisĂ© 1 593 voix, avec des scores allant de 0,21 % Ă 1,04 % selon les circonscriptions, soit approximativement les mĂȘmes quâen 2002. Mehdi Guiraud, prĂ©sident du Parti blanc et candidat dans la 16e circonscription de Paris, ne se dit pas déçu. « On ne fait pas campagne pour voter blanc, notre objectif est juste de donner la possibilitĂ© aux Ă©lecteurs de le faire », affirme-t-il.
« Le score nâest pas important pour nous », affirme mĂȘme GĂ©raldine GrĂŒn, la candidate dans la 2e circonscription du Bas-Rhin (lire aussi La Croix du 13 fĂ©vrier dernier). « Ma dĂ©ception, ce nâest pas mes 0,74 % mais les 40 % dâabstention », martĂšle-t-elle, allant jusquâĂ dire que « dans une dĂ©mocratie idĂ©ale, il nây a pas de vote blanc, car tous les Ă©lecteurs trouvent un candidat qui emporte leur adhĂ©sion ». Dâailleurs, en cas de victoire, les candidats du Parti blanc sâĂ©taient engagĂ©s Ă dĂ©missionner. « Je sais que notre dĂ©marche est subtile, et souvent les gens ne comprennent pas que nous ne sommes pas un vrai parti », reconnaĂźt GĂ©raldine GrĂŒn.


Lâassociation fait pourtant tout pour marquer sa diffĂ©rence. Sur leurs affiches, les visages des candidats du Parti blanc nâapparaissaient pas. Ă la place, cette inscription : « Votez », et cette mention « bulletin blanc mais reconnu ». La dĂ©marche est simple, mais les faibles moyens pour mener une vraie campagne dâinformation nâont pas permis de lâexpliquer. Dâailleurs, dans les circonscriptions oĂč se prĂ©sentait un candidat blanc, les traditionnels votes blancs et nuls subsistent, et les dĂ©passent souvent.
« Les Ă©lecteurs nâont peut-ĂȘtre pas confiance, se disent que câest une arnaque », estime Mehdi Guiraud, et surtout ils sont peu informĂ©s : « On nâa pas eu droit aux grands mĂ©dias », regrette-t-il. Pour lâheure, lâassociation a dĂ©cidĂ© de contacter tous les dĂ©putĂ©s dĂšs leur Ă©lection, afin de les inciter Ă proposer une loi pour la reconnaissance du vote blanc.
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| Ălise DESCAMPS |
Ils ont Ă©tĂ© six dimanche dernier 10 juin Ă se prĂ©senter dans toute la France, pour dĂ©fendre une couleur : le blanc. Inutile de chercher Ă les positionner sur un curseur gauche-droite, le « Parti blanc » a pour seul programme une meilleure reconnaissance du vote blanc. Dans la configuration actuelle, celui-ci nâapparaĂźt, sans distinction avec les bulletins nuls, que dans la diffĂ©rence entre votants et suffrages exprimĂ©s. DĂšs lors, cette possibilitĂ© de marquer sa protestation ou son indĂ©cision, sans cĂ©der Ă lâabstention, nâa pas dâimpact. Pour y remĂ©dier, et attendant que la loi change, le Parti blanc, créé en 2 000, a choisi de prĂ©senter, dimanche dernier, des candidats qui serviraient uniquement Ă comptabiliser les « Ă©lecteurs blancs », pour pouvoir les faire apparaĂźtre dans les tableaux de rĂ©sultats.
AprĂšs une liste aux Ă©lections municipales de Caen en 2001, 38 candidats aux lĂ©gislatives de 2002, lâassociation a Ă©tĂ© contrainte, financiĂšrement, de nâen prĂ©senter que six cette annĂ©e, Ă Marseille, Caen, Paris, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg. Ils ont totalisĂ© 1 593 voix, avec des scores allant de 0,21 % Ă 1,04 % selon les circonscriptions, soit approximativement les mĂȘmes quâen 2002. Mehdi Guiraud, prĂ©sident du Parti blanc et candidat dans la 16e circonscription de Paris, ne se dit pas déçu. « On ne fait pas campagne pour voter blanc, notre objectif est juste de donner la possibilitĂ© aux Ă©lecteurs de le faire », affirme-t-il.
« Le score nâest pas important pour nous », affirme mĂȘme GĂ©raldine GrĂŒn, la candidate dans la 2e circonscription du Bas-Rhin (lire aussi La Croix du 13 fĂ©vrier dernier). « Ma dĂ©ception, ce nâest pas mes 0,74 % mais les 40 % dâabstention », martĂšle-t-elle, allant jusquâĂ dire que « dans une dĂ©mocratie idĂ©ale, il nây a pas de vote blanc, car tous les Ă©lecteurs trouvent un candidat qui emporte leur adhĂ©sion ». Dâailleurs, en cas de victoire, les candidats du Parti blanc sâĂ©taient engagĂ©s Ă dĂ©missionner. « Je sais que notre dĂ©marche est subtile, et souvent les gens ne comprennent pas que nous ne sommes pas un vrai parti », reconnaĂźt GĂ©raldine GrĂŒn.


Lâassociation fait pourtant tout pour marquer sa diffĂ©rence. Sur leurs affiches, les visages des candidats du Parti blanc nâapparaissaient pas. Ă la place, cette inscription : « Votez », et cette mention « bulletin blanc mais reconnu ». La dĂ©marche est simple, mais les faibles moyens pour mener une vraie campagne dâinformation nâont pas permis de lâexpliquer. Dâailleurs, dans les circonscriptions oĂč se prĂ©sentait un candidat blanc, les traditionnels votes blancs et nuls subsistent, et les dĂ©passent souvent.
« Les Ă©lecteurs nâont peut-ĂȘtre pas confiance, se disent que câest une arnaque », estime Mehdi Guiraud, et surtout ils sont peu informĂ©s : « On nâa pas eu droit aux grands mĂ©dias », regrette-t-il. Pour lâheure, lâassociation a dĂ©cidĂ© de contacter tous les dĂ©putĂ©s dĂšs leur Ă©lection, afin de les inciter Ă proposer une loi pour la reconnaissance du vote blanc.
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| Ălise DESCAMPS |
Ils ont Ă©tĂ© six dimanche dernier 10 juin Ă se prĂ©senter dans toute la France, pour dĂ©fendre une couleur : le blanc. Inutile de chercher Ă les positionner sur un curseur gauche-droite, le « Parti blanc » a pour seul programme une meilleure reconnaissance du vote blanc. Dans la configuration actuelle, celui-ci nâapparaĂźt, sans distinction avec les bulletins nuls, que dans la diffĂ©rence entre votants et suffrages exprimĂ©s. DĂšs lors, cette possibilitĂ© de marquer sa protestation ou son indĂ©cision, sans cĂ©der Ă lâabstention, nâa pas dâimpact. Pour y remĂ©dier, et attendant que la loi change, le Parti blanc, créé en 2 000, a choisi de prĂ©senter, dimanche dernier, des candidats qui serviraient uniquement Ă comptabiliser les « Ă©lecteurs blancs », pour pouvoir les faire apparaĂźtre dans les tableaux de rĂ©sultats.
AprĂšs une liste aux Ă©lections municipales de Caen en 2001, 38 candidats aux lĂ©gislatives de 2002, lâassociation a Ă©tĂ© contrainte, financiĂšrement, de nâen prĂ©senter que six cette annĂ©e, Ă Marseille, Caen, Paris, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg. Ils ont totalisĂ© 1 593 voix, avec des scores allant de 0,21 % Ă 1,04 % selon les circonscriptions, soit approximativement les mĂȘmes quâen 2002. Mehdi Guiraud, prĂ©sident du Parti blanc et candidat dans la 16e circonscription de Paris, ne se dit pas déçu. « On ne fait pas campagne pour voter blanc, notre objectif est juste de donner la possibilitĂ© aux Ă©lecteurs de le faire », affirme-t-il.
« Le score nâest pas important pour nous », affirme mĂȘme GĂ©raldine GrĂŒn, la candidate dans la 2e circonscription du Bas-Rhin (lire aussi La Croix du 13 fĂ©vrier dernier). « Ma dĂ©ception, ce nâest pas mes 0,74 % mais les 40 % dâabstention », martĂšle-t-elle, allant jusquâĂ dire que « dans une dĂ©mocratie idĂ©ale, il nây a pas de vote blanc, car tous les Ă©lecteurs trouvent un candidat qui emporte leur adhĂ©sion ». Dâailleurs, en cas de victoire, les candidats du Parti blanc sâĂ©taient engagĂ©s Ă dĂ©missionner. « Je sais que notre dĂ©marche est subtile, et souvent les gens ne comprennent pas que nous ne sommes pas un vrai parti », reconnaĂźt GĂ©raldine GrĂŒn.


Lâassociation fait pourtant tout pour marquer sa diffĂ©rence. Sur leurs affiches, les visages des candidats du Parti blanc nâapparaissaient pas. Ă la place, cette inscription : « Votez », et cette mention « bulletin blanc mais reconnu ». La dĂ©marche est simple, mais les faibles moyens pour mener une vraie campagne dâinformation nâont pas permis de lâexpliquer. Dâailleurs, dans les circonscriptions oĂč se prĂ©sentait un candidat blanc, les traditionnels votes blancs et nuls subsistent, et les dĂ©passent souvent.
« Les Ă©lecteurs nâont peut-ĂȘtre pas confiance, se disent que câest une arnaque », estime Mehdi Guiraud, et surtout ils sont peu informĂ©s : « On nâa pas eu droit aux grands mĂ©dias », regrette-t-il. Pour lâheure, lâassociation a dĂ©cidĂ© de contacter tous les dĂ©putĂ©s dĂšs leur Ă©lection, afin de les inciter Ă proposer une loi pour la reconnaissance du vote blanc.
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| Ălise DESCAMPS |
A lâaube du 5Ăšme jour, tu regarderas Ă lâOuest, Ă lâOuest Ă lâaube du 5Ăšme jour tu regarderas. Câest en substance ce que Gandalf dit Ă un autre chevelu au dĂ©but du deuxiĂšme volet du Seigneur des Anneaux. Et ledit jour Ă lâaube, alors que lâon commence Ă croire quâil a oubliĂ© de faire un noeud Ă sa tunique, câest le grand retour de Gandalf, primesautier, Ă la tĂȘte de quelques cavaliers.
Enfin, tout ce temps, ce suspense, pour se pointer avec une pauvre troupe de cavaliers. Vous me direz, et je vous le concĂšde volontiers : câest bien la peine de se la pĂ©ter tout en blanc dans la lumiĂšre ! Dâautant que son arrivĂ©e Ă la tĂȘte de sa bande de potes est loin dâĂȘtre dĂ©cisive et que les gentils continuent de se prendre la branlĂ©e du siĂšcle par les monstres hideux qui assaillent la forteresse de Pousstoadlak-Ejmimet.
Figurez-vous que câest Ă ceci que je pensais en lisant ce week-end Ă la campagne le dossier de LâExpress, âLe grand retour des cathosâ.
Ainsi donc, theyâre back ? Ca y est ? Nous y sommes ? Le fond est atteint, nous remontons la pente ?
On ne peut dâailleurs exclure que - de la mĂȘme maniĂšre que pour les franc-maçons - la Une qui fait plaisir aux uns serve dâĂ©pouvantail aux autres. La couverture sur les franc-macs saisit dâeffroi les cathos, celle sur les cathos Ă©pouvante le franc-mac et son fidĂšle compagnon laĂŻciste.Aussi, sans vouloir bouder notre plaisir de constater que lâon peut aujourdâhui estimer lĂ©gitime de publier un dossier sur ce thĂšme, nous relativiserons : disons que les cathos bougent encore. Disons mĂȘme que, peut-ĂȘtre, cette longue traversĂ©e du dĂ©sert permet-elle aux cathos de se ressourcer⊠pour revenir plus forts que jamais.
Enfin, trĂȘve dâironie. Jâai trouvĂ© dans ce dossier de vrais points dâaccord. Ainsi lorsque je lis ceci :
âUn vent nouveau souffle sur le catholicisme hexagonal. Une tendance que les Ă©glises clairsemĂ©es et les statistiques tĂȘtues sur le manque de prĂȘtres ne laissent pas deviner. Finies, lâautocensure et la dissimulation: la «minorité» catho revendique son droit Ă lâaffirmation. Sans honte. Et surtout sans complexe.â
âFoi et modernitĂ© ont fini par sâentendre : on nâest plus catho par tradition, on lâest par choixâ
Je dois avouer que je ne ferais peut-ĂȘtre pas le mĂȘme lien entre foi, choix et modernitĂ©. Je prĂ©fĂšre celui qui suit. Il faut croire en effet que je me devais de traiter ce thĂšme car, alors que je recevais le premier numĂ©ro de mon abonnement Ă la revue snob Commentaires, jây trouvais un article âCatholicismeâ Ă©crit par Fabrice Bouthillon, qui dresse un portrait moins univoque. Certains de ces constats ne manquent pas dâĂ©voquer des expĂ©riences personnelles. Ainsi celui-ci, relatant sa frĂ©quentation de lâĂ©glise Saint-Louis, Ă Brest :
âCa a Ă©tĂ© pour y dĂ©couvrir tout dâabord une liturgie superbe, que je ne saurais mieux dĂ©crire quâen reprenant Ă son sujet les deux adjectifs que lâarchitecture de Brest inspirait au gĂ©nĂ©ral de Gauille, moderne et noble. Moderne, parce que le rite y est celui de Paul VI, et donc la langue liturgique le français. Mais noble aussi, Ă cause du dĂ©corum et de la dignitĂ© qui en relĂšvent tous les moments. La messe sâouvre ici par une procession solennelle du clergĂ©, prĂ©cĂ©dĂ© de la croix et de nombreux enfants de chĆur; les cierges brĂ»lent, lâencens sâĂ©lĂšve, une chorale, excellente, intervient aux fĂȘtes principales, et les cĂ©lĂ©brants psalmodient assez souvent une partie au moins de la priĂšre eucharistique. Je ne suis pas grand spĂ©cialiste, mais, aprĂšs le saccage liturgique que jâai vu pratiquer Ă Nantes dans les annĂ©es 70, oĂč lâon pouvait voir des curĂ©s cĂ©lĂ©brer la messe en habits de ville, la quitter aprĂšs leur sermon, voire y revenir pour lâinterrompre, afin de demander que le propriĂ©taire de voiture immatriculĂ©e tant et tant veuille bien la dĂ©placer, en sorte quâils puissent aller au match; aprĂšs le bavardage parisien du dĂ©but des annĂ©es 80, et la banalitĂ© lilloise de leur fin, aprĂšs la mondanitĂ© de certaines cĂ©rĂ©monies romaines auxquelles jâai assistĂ© au dĂ©but des annĂ©es 90, il mâa trĂšs vite paru que la liturgie de Saint-Louis Ă©tait la plus belle Ă laquelle il mâait Ă©tĂ© donnĂ© de participer dans une paroisse catholique, tout imprĂ©gnĂ©e dâun Ă©quilibre et dâune sĂ©rĂ©nitĂ© que je nâai vus atteints ailleurs quâen milieu conventuel, chez les dominicains de Toulouse ou les bĂ©nĂ©dictins de LandĂ©vennec, par exemple.â
Fabrice Bouthillon conclut en laissant âau lecteur de Commentaire, qui est un grand garçon, le soin dâextrapoler de la situation de Saint-Louis Ă celle du catholicisme en gĂ©nĂ©ralâ.
Je suis trop jeune pour avoir connu les excĂšs que rapporte Fabrice Bouthillon. Jâen ai eu vent. Jâen ai connu quelques survivances. Et jâai connu de nombreuses paroisses. Jâai connu la paroisse trĂšs bien frĂ©quentĂ©e mais qui se vide, et sâattriste, dans laquelle personne ne chante fort, ne sortant guĂšre de lui-mĂȘme. Jâai connu les cĂ©lĂ©brations debouts sur la chaise, avec batterie. Jâai connu lâeucharistie Ă une dizaine sur un autel improvisĂ©. Je connais la paroisse de banlieue parisienne, jeune, bondĂ©e, fervente. Jâai connu la messe Ă©ternelle dans une froide abbaye. Jâai connu la messe en basque. Je lâai connue en espagnol. Jâai connu la messe Ă un million. Jâai mĂȘme connu la messe tridentine, le temps dâune ordination. Jâai connu la messe Ă©tudiante. Et la messe dâune paroisse de campagne. Jâai connu la messe des FraternitĂ©s Monastiques de JĂ©rusalem, noble et moderne. Je crois Ă un renouveau latent de la liturgie. Je crois Ă un retour Ă une liturgie noble, respectueuse, et moderne. Sous lâinfluence notamment des jeunes gĂ©nĂ©rations qui ont perçu la stĂ©rilitĂ© des expĂ©rimentations passĂ©es. Sous lâinfluence aussi de jeunes prĂȘtres, moins nombreux oui, dramatiquement moins nombreux. Mais dont aucun nâa rejoint le sĂ©minaire sur dĂ©cision parentale. Et encore moins pour bĂ©nĂ©ficier dâun quelconque statut social, dans une sociĂ©tĂ© qui a remplacĂ© la dĂ©fĂ©rence par la dĂ©rision. La vocation aujourdâhui est moins fournie mais elle est dĂ©barrassĂ©e de ces tentations.
VoilĂ pourquoi jâai graissĂ© âminoritĂ©â. Dimanche dernier, dans cette paroisse de campagne, le prĂȘtre incitait son assemblĂ©e peu nombreuse Ă ne pas cacher ce quâelle est. Je regardais cette assemblĂ©e et me disais prĂ©cisĂ©ment que les catholiques en France deviennent une minoritĂ©. Et je me disais quâil serait salutaire pour lâEglise et pour eux-mĂȘmes quâils en prennent pleinement conscience. Ne serait-ce pour que lâon ne compte plus sur dâhypothĂ©tiques autres pour faire valoir nos convictions, en sociĂ©tĂ©, ou dans nos activitĂ©s professionnelles. Petit Ă petit, certaines Ă©volutions permettent dâen apprĂ©hender par contraste la singularitĂ©1.
Tiens, relisant ce billet avant publication, et cherchant une autre référence, je retrouve ce passage du livre de Jean-Claude Guillebaud, Comment je suis redevenu chrétien :
âCe nâest pas tout. Lâaffaiblissement de lâinstitution catholique devrait encourager les chrĂ©tiens Ă opposer aux dĂ©rives de lâĂ©poque la mĂȘme vitalitĂ© dĂ©nonciatrice que celle dont firent preuve les premiĂšres communautĂ©s dâAntioche, dâEphĂšse ou dâailleurs. quâil nous suffise de penser aux inĂ©galitĂ©s sociales, aux injustices et aux exclusions nouvelles, au cynisme ambiant, aux dĂ©shumanisations inĂ©dites que rendent imaginables les technosciences livrĂ©es Ă elles-mĂȘmesâ
Bien sĂ»r, se dire catholique, câest souvent susciter un accueil sceptique, câest reprendre encore et encore les dĂ©bats sur tout ce qui touche au sexe2, câest parfois aussi recueillir une rĂ©action violente. Je me souviendrai de la rĂ©action dâune ancienne boss, pourtant intelligente. A lâĂ©vocation de La Croix, elle mâa rĂ©pondu dâun air affligĂ© : âtu lis ça, toi ?â3 avant de me dĂ©clarer pĂ©remptoirement : âle catholicisme, câest une religion de consâ. Le lendemain, elle me dĂ©clarait encore, sans rire âaccepter toutes les opinions, pourvu quâelles soient tolĂ©rantesâ. Je nâai pas osĂ© lui rappeler son propos de la veille. Il y a certainement de meilleures occasions pour trouver le martyre.
Cette autre référence à Guillebaud, que je recherchais, la voici :
âQuant aux moqueries, aux tracasseries, aux relĂ©gations mĂ©diatiques, voire aux haines rĂ©currentes auxquelles sâexposent les croyants en agissant ainsi, convenons quâelles font sourire comparĂ©es aux persĂ©cutions du passĂ© ou mĂȘme Ă celles qui perdurent, en 2007, dans dâautres parties du monde. Etre traitĂ© de ârĂ©acâ dans Charlie Hebdo4, ce nâest pas tout Ă fait la mĂȘme chose que dâĂȘtre livrĂ© aux lions par NĂ©ron en lâan 64 ou par DioclĂ©tien en 304âł
Au demeurant, quelquâun de bien disait:
âHeureux ĂȘtes-vous quand les hommes vous haĂŻssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme mĂ©prisable, Ă cause du Fils de lâhomme.â
Se dire catholique, câest aussi se mettre la pression. AprĂšs cela, le moindre Ă©cart avec ce que lâautre perçoit comme La morale vous sera au moins tacitement reprochĂ©. Tant pis dâailleurs sâil se permet le mĂȘme Ă©cart. Vous aurez confortĂ© sa conviction quâavec les catholiques, câest une bande de Tartuffe. Tiens, dâailleurs, me dire catholique ici-mĂȘme, sur ce blog, câest courir le risque quâun lecteur excipe de mon catholicisme pour mâopposer une incohĂ©rence prĂ©sumĂ©e, ou rĂ©elle.
. âPrivilĂšgeâ et responsabilitĂ©. Savoir accueillir, savoir rĂ©pondre, savoir conserver.
Alors, oui, comme dâautres, je pense que âla minoritĂ© catho [peut revendiquer] son droit Ă lâaffirmation. Sans honte. Et surtout sans complexeâ.
Permettez que je vous cite encore - notamment Ă vous, des catholiques aux anticathos, qui ne comprenez pas que les catholiques sâexpriment - des paroles qui ont quelque rĂ©sonance chez les catholiques.
Les premiĂšres, que JĂ©sus disait Ă ses disciples, irriguent le dĂ©bat sur lâattitude que doit dĂ©sormais tenir un catholique dans la sociĂ©tĂ©.
âVous ĂȘtes le sel de la terre. Si le sel se dĂ©nature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il nâest plus bon Ă rien : on le jette dehors et les gens le piĂ©tinent. Vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde. Une ville situĂ©e sur une montagne ne peut ĂȘtre cachĂ©e. Et lâon nâallume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.â (Matt. 5:13).
Lorsque les catholiques ont eu le sentiment de recevoir la modernitĂ© en pleine face, dans cette seconde moitiĂ© du 20Ăšme, nombreux sont ceux qui ont entendu se faire âSel de la Terreâ. Discrets, presque translucides, mais prĂ©sents, et qui donnent au monde sa saveur. Il fallait ainsi ĂȘtre prĂ©sent dans la sociĂ©tĂ©, agir, discrĂštement, pour un meilleur monde. . Les catholiques ont peut-ĂȘtre un peu trop oubliĂ© quâils devaient ĂȘtre, aussi, la lumiĂšre du monde. Et quâon nâallume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau. Aujourdâhui, nombreux sont ceux qui pensent quâil est temps, au risque de perdre un certain confort, de se faire davantage lumiĂšre du monde. En termes moins Ă©vangĂ©liques et certes plus pauvres : quâil est bon, aussi, dâouvrir sa gueule.
On a pu opposer lâun Ă lâautre, le Sel Ă la LumiĂšre. Et quand je dis âon aâ, je peux dire âjâaiâ. A la relecture, câest Ă tort. Mais les deux termes sont Ă©troitement dĂ©pendants. Ne peut vraiment prĂ©tendre Ă ĂȘtre lumiĂšre du monde que celui qui cherche aussi Ă ĂȘtre sel de la terre. Et la saveur du sel, comme la lumiĂšre de la lampe, partent de lâintĂ©rieur. Attention, câest maintenant quâil faut suivre : si le sel veut briller pour le monde, il doit prendre garde Ă ne pas se dĂ©naturer. La dĂ©marche est complĂšte et je vous dirais que je nâen suis pas des masses surpris.
Enfin, il est temps que jâarrĂȘte lĂ mon sermon : je vois un paroissien lecteur qui baille, un autre qui regarde sa montre, un troisiĂšme qui court dĂ©jĂ faire la queue Ă la boulangerie. Mais lâarticle de Fabrice Bouthillon terminait sur ce titre : reste Ă extrapoler. Et lâobĂ©issance est une vertu.
Voyez, donc : je garde confiance dans la possibilitĂ© que lâEglise catholique française, peut-ĂȘtre mĂȘme occidentale, ne fasse que traverser un dĂ©sert. Je concluerais presque comme lâExpress : âCe retour aux origines prendra le temps quâil faudra, disent les catholiques. JĂ©sus a bien rĂ©sistĂ© Ă deux mille ans dâhistoire. Il nâen est plus Ă un siĂšcle prĂšsâ.
- Ă dĂ©faut, nĂ©anmoins, dâexclusivitĂ©
- avortement, plaisir, contraception, pĂ©dophilie, homosexualitĂ©, mariage des prĂȘtres⊠la curiositĂ© de certains se limite Ă la fesse, et ce nâest certainement pas anodin
- ce qui ne mâa pas dĂ©plu : câĂ©tait la preuve que je dĂ©rangeais son schĂ©ma
- ou ailleurs, Note Du Blogueur
