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MOCRIE ! Des micros résistances durables contre les pouvoirs illégitimes et les abus de pouvoir ! »

Nous ne sommes pas en guerre mais pourtant une rĂ©sistance, plus ou moins secrĂšte, s’est mise en place et se voit grandir avec le temps. Loin d’ĂȘtre mĂ©diatisĂ©e, force est de constater qu’un certain nombre de rĂ©sistant(e)s s’activent contre les pouvoirs en place en organisant des mouvements ou des interactions grĂące au web.
De fait, les MOCRIE, Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen, sont des micro résistances durables contre les pouvoirs illégitimes et les abus de pouvoir.
Quand les pouvoirs en place changent eux-mĂȘmes les institutions, il manque Ă  ces institutions la lĂ©gitimitĂ© populaire, source unique de tout pouvoir dĂ©mocratique.
Les institutions européennes (écrites et révisées par des organes non élus et imposées sans référendum) sont donc profondément illégitimes.
Pour se faire entendre et rĂ©vĂ©ler sa lĂ©gitimitĂ©, la MOCRIE de Grenoble aura donc lieu tous les mercredi Ă  18 h, place Grenette, en face de la FNAC (proche de l’église saint louis).
Contre le TraitĂ© de Lisbonne et contre tous les “traitĂ©s constitutionnels”, pour que soit dĂ©signĂ©e librement une AssemblĂ©e constituante honnĂȘte et pour que tout traitĂ© soit soumis Ă  RĂ©fĂ©rendum. Pour en savoir plus sur cet appel national ou tout simplement en dĂ©battre, il existe un forum Ă  cette adresse : Forum de CE CRI
Quelques documents de référence à consulter en ligne : 
L’appel national : Cliquez ici
Fichier de références : Cliquez ici
L’affiche proposĂ©e : Cliquez ici
Si vous vous sentez concernĂ© par ce mouvement, voici donc le moyen de vous faire entendre grĂące Ă  ces protestations hebdomadaires, organisĂ©es Ă  date et heure fixes partout en Europe, pour rĂ©sister durablement Ă  tous les “traitĂ©s constitutionnels”. L’appel aux droits du Peuple est donc lancĂ© !

Vublog.com | il y a 81 jours | citations : 0

Tous les lundis pour la liberté »

Étienne Chouard vient de diffuser par mail un document intĂ©ressant (voir aussi son blog) oĂč il nous invite Ă  manifester tous les lundis contre la dictature europĂ©enne. Étienne nous alarme Ă  juste raison. Si nous ne rĂ©agissons pas, nous verrons nos libertĂ©s peu Ă  peu se rĂ©duire.

Étienne liste des signaux d’alarme. Je ne les trouve pas assez gĂ©nĂ©riques Ă  mon goĂ»t et trop connotĂ©s Ă  gauche. De mon cĂŽtĂ©, je dĂ©nonce avant tout la centralisation, cette tentation pour les gens aux pouvoir d’accaparer toujours plus de pouvoir. Tous les maux qu’évoquent Étienne dĂ©coulent de la centralisation de plus en plus excessive de nos sociĂ©tĂ©s. Quand Monsanto aura toutes les cartes en mains, il fera ce qu’il voudra avec les OGM par exemple.

Étienne pense que nous ne pouvons dĂ©fendre nos libertĂ©s qu’en Ă©crivant nous-mĂȘme la constitution. Nous avons souvent Ă©voquĂ© ce sujet ensemble. J’ai tendance Ă  me mĂ©fier de la constitution car elle est pour moi centralisĂ©e par principe et elle rĂ©git une organisation centrale. Je vois mal comment elle peut de ce fait garantir nos libertĂ©s. Sa simple existence n’est-ce pas dĂ©jĂ  un dĂ©nie de libertĂ© ?

Nous ne pouvons ĂȘtre libres qui si nous minimisons les structures qui nous dĂ©passent. Je suis donc contre tous les traitĂ©s constitutionnels et je voudrais que nous dĂ©centralisions aux maximums les institutions pour les ramener le plus possible Ă  notre niveau. Pour exercer nos libertĂ©s et vivre dignement, nous avons besoin de plates-formes de services et non pas de points d’autoritĂ©.

Je ne vais pas parler de la droite qui partout dans le monde, surtout aux États-Unis, milite pour un pouvoir fort, donc central. La gauche, quant Ă  elle, ne s’oppose pas Ă  la droite. Au contraire, elle propose elle aussi de renforcer la centralisation, donc de rĂ©duire nos libertĂ©s (mĂȘme si tel n’est pas son objectif bien sĂ»r).

Si nous voulons rester libres, si nous voulons gagner plus de libertĂ©, nous devons penser une sociĂ©tĂ© dĂ©centralisĂ©e. Elle ne reposerait pas sur une constitution mais un grand nombre de constitutions qui rĂ©giraient diffĂ©rents secteurs. Elles pourraient dialoguer entre-elles, elles devraient ĂȘtre compatibles mais elles n’auraient pas d’autoritĂ© l’une sur l’autre.

Cette sociĂ©tĂ© dĂ©centralisĂ©e est possible. Elle s’appuie sur un Ă©tat pluriel, une Europe plurielle et non sur un document de nature presque divine et qui aurait plus de force que les anciens livres sacrĂ©s. Au fait n’est-on pas en train de vouloir réécrire le livre des livres avec cette fameuse constitution, tant bien mĂȘme elle serait rĂ©visable Ă  tout instant ?

PS : Manifester n’est-ce pas se mettre Ă  genoux devant ceux lĂ -mĂȘme qu’on dĂ©nonce ? Pour cette raison, manifester n’est pas dans mon code gĂ©nĂ©tique mĂȘme si je convient que la manifestation Ă  pour vertu de rassembler, de crĂ©er le dĂ©bat et de compter les forces en prĂ©sence.

Le peuple des connecteurs | il y a 101 jours | citations : 2

En revenant de Nantes »

Escapade loin du bled, le temps d'une Nuit 68 organisée à Nantes


ChĂąteau de Nantes
Mise en ligne par Le Monolecte

Au départ, c'est de la faute à Gunthert : invité à une étrange sauterie politico-culturelle à Nantes, il lui ait demandé de trouver des complices pour parler de l'esprit contestataire du net et vlan, me voilà embarquée dans le projet. La Nuit 68 s'est déroulée du 21 au 22 mars, au Lieu Unique et avait pour propos de faire l'inventaire de l'esprit contestataire 40 ans aprÚs le début des troubles conduiront aux événements de mai 68.

Bien sĂ»r l'explique Ă  AndrĂ© que je considĂšre que la contestation de clavier, c'est quelque chose de plutĂŽt lĂ©ger, mais d'un autre cĂŽtĂ©, il y a l'idĂ©e de sortir du bled, de rencontrer AndrĂ©, Étienne Chouard et Mona Chollet et de voir du pays.

Et c'est comme cela que je me retrouve en pleine tempĂȘte, agrippĂ©e Ă  mon volant, luttant contre un terrible vent de travers et des trombes d'eau, remontant la VendĂ©e par l'autoroute, parce que la SNCF non plus ne viendra pas chez moi par hasard.

RĂȘve de ville

À l'approche de Nantes, le ciel se dĂ©gage et j'entre dans la ville par le sud, empruntant une trĂšs large avenue rectiligne qui pĂ©nĂštre dans le tissu urbain jusqu'au centre-ville. Cette arrivĂ©e par le sud est loin d'ĂȘtre banale : on passe directement de l'autoroute Ă  une sorte de perspective soviĂ©tique assez large pour y accueillir un dĂ©filĂ© de chars de l'Ă©poque stalinienne. Mais la comparaison s'arrĂȘte lĂ . Le centre de la voie est entiĂšrement occupĂ© par une ligne de tram-bus qui relie le quartier de l'Île de Nantes avec le centre historique, comme une artĂšre coronaire irrigue le cƓur. D'arriver par l'Île de Nantes modifie complĂštement la perception de la ville : un espace super urbain, hĂ©rissĂ© de tours et de barres, comme un cauchemar de ZUP, mais aussi largement desservi en commerces, Ă©quipements, transports en commun et zones de bureau. Un habitat trĂšs dense, mais oĂč rien ne transpire de l'habituel mal-ĂȘtre des zones suburbaines. Le quartier a l'air moderne, vivant, aĂ©rĂ© malgrĂ© les immeubles... agrĂ©able Ă  vivre pour tout dire. L'impression Ă©trange d'ĂȘtre dans une vraie zone de modernitĂ©, mais sans les stigmates de la surpopulation et de la relĂ©gation gĂ©ographique.
Bref, une impression trĂšs forte, dĂšs le dĂ©part, la rencontre avec un tissu urbain Ă  peine effleurĂ©, mais dont je garde la sensation d'un espace pensĂ© pour ĂȘtre agrĂ©able Ă  vivre et fonctionnel.


Le centre du monde
Mise en ligne par Le Monolecte

Sortie de l'Ăźle, le quartier de la gare, lĂ  oĂč se trouve mon hĂŽtel. LĂ , c'est vraiment comme tous les quartiers de la gare de toutes les grandes villes que je connais : les boutiques Ă  kebab se mĂȘlent aux bars Ă  putes et aux sex shops. Pourtant, Ă  trois pas de lĂ , autre contraste : un chĂąteau fort que l'on croirait Ă©chappĂ© d'un livre d'images pour enfants. Tout y est, bien soignĂ©, bien propet : les remparts Ă©pais, les douves, le pont-levis, tout. PosĂ© lĂ , au cƓur de la ville, Ă©tat neuf!

Je commence alors une petite ballade de 3 heures dans le centre historique de la ville. Le plus frappant, c'est la maniĂšre dont est organisĂ©e la circulation : de nombreux espaces piĂ©tons et de trĂšs larges avenues qui irriguent l'ensemble en transports urbains. En me rapprochant de la Loire, je verrais mĂȘme un service de Navibus. Des trams, des bus, des bus-tram. Et une foule nombreuse, fluide et plutĂŽt jeune qui s'Ă©coule avec fluiditĂ© un peu partout. Bien sĂ»r, beaucoup de boutiques du centre ont Ă©tĂ© phagocytĂ©es par les grosses franchises standardisĂ©es, mais l'endroit reste tout de mĂȘme riche d'enseignes insolites et d'une foultitude de librairies. C'est fou ce qu'il y a comme librairies dans cette ville, ou alors, j'ai tournĂ© en rond dans le quartier des bibliophiles... jusqu'Ă  tomber sur L'Atalante.
Quiconque est mordu de Science-Fiction comme moi devine ce que j'ai pu ressentir en découvrant ce lieu mythique au détour d'une ruelle. Détour interdit. Et je ressors avec un kilo de Bordage et l'espoir que mon banquier aussi aime la science-fiction...

Rencontres

La nuit tombe lorsque j'arrive au Lieu Unique.
J'y suis passĂ©e en arrivant, sensation d'usine fourmillante, montĂ©e jusqu'Ă  l'open desk du haut oĂč une quarantaine de personnes bossent derriĂšre des bĂ©canes dans un espace aussi long qu'un terrain de foot. Il y a un joyeux bordel, une effervescence des grands jours. Je rencontre des gens de l'Ă©quipe, puis Isabelle Schmitt qui nous cornaque depuis des semaines et a tout fait pour nous faciliter le sĂ©jour, aplanissant les difficultĂ©s, anticipant les questions : un trĂ©sor d'organisation. LĂ , elle est juste Ă  la limite du point d'Ă©bullition, le regard plus cernĂ© qu'un Ăźlot d'Ă©tudiants Ă  un symposium de CRS... C'est le grand soir tout Ă  l'heure... je me sens petite et encombrante avec mon sac de tortue ninja qui me force Ă  manƓuvrer pour circuler entre les bureaux sans rien embarquer en passant. D'oĂč la promenade de santĂ© dans l'aprĂšs-midi.


Le public de François Cusset
Mise en ligne par Le Monolecte

Le lieu s'est rempli. Il y a des grappes de gens arrimĂ©es au bar, des groupuscules errants entre les diffĂ©rents espaces d'exposition : un haut lieu de la boboĂŻtude nantaise m'avait dit Chris (qui commente trĂšs rĂ©guliĂšrement ici!) quand je lui avais annoncĂ© ma venue dans sa ville. Je vois ce qu'il veut dire, le petit cĂŽtĂ© intello de gauche du centre-ville, alter culturel, ascendant underground... mais cela reste plutĂŽt sympa, entraĂźnant, trĂšs vivant. Je retrouve Isabelle au premier. On dirait le lapin d'Alice au pays des merveilles : elle court et virevolte d'un groupe Ă  l'autre et je n'ai pas envie de tourner boulet. Finalement, elle m'aiguille assez finement vers la confĂ©rence de François Cusset, une analyse assez intĂ©ressante du destin des soixantuitards et de la maniĂšre qu'ils ont eue de s'estimer l'OmĂ©ga de la contestation sociale. À mon Ă©tonnement gĂ©nĂ©ral, la salle est pleine.

Un peu avant l'heure fatidique, je retrouve AndrĂ© Gunthert en train d'affiner son diaporama pour notre atelier. Arrivent enfin Mona Chollet et Étienne Chouard et mon habituel complexe du fumiste embraye. Je guette un reflet dans l'Ɠil de mes interlocuteurs qui trahirait comme un flottement face Ă  la crĂ©ature que je me retrouve Ă  mettre en scĂšne. Je me fais l'impression d'un gnome Ă  une rĂ©union de lĂ©vriers afghans et je lutte contre une intense sensation de dĂ©doublement surmontĂ©e d'une violente envie de prendre mes jambes Ă  mon cou. Les gens arrivent. AndrĂ© commence par son exposĂ© sur les images en ligne, puis nous le rejoignons sur l'estrade pour quelques mots et un embryon de dĂ©bat. Du coin de l'Ɠil, je trouve immĂ©diatement Chris dans le public et me rĂ©jouis de le savoir lĂ . Finalement, c'est Ă  moi de tenir le crachoir et j'ai l'impression de sortir une diarrhĂ©e verbale schizoĂŻde.
Je crois que cela fait trop longtemps que je suis au cul des vaches, au milieu de nulle part. Juste Ă  la limite de l'agoraphobie. À la fin du dĂ©bat, je peux enfin saluer Chris et des lecteurs qui n'Ă©taient peut-ĂȘtre pas lĂ  par hasard, eux... Alors que la conversation embraye bien plus facilement, nous sommes dispersĂ©s, car l'atelier suivant va se lancer. Trop de choses, trop vite, trop condensĂ©.


Le Lieu Unique, le bien nommé !
Mise en ligne par Le Monolecte

Au final, et au bord de l'hypoglycĂ©mie aggravĂ©e, je me retrouve avec Mona, monsieur Chollet et Étienne Chouard Ă  bouffer de la vache enragĂ©e (le menu s'appelle mort aux vaches... vaste programme !) et Ă  deviser tranquillement. Enfin, jusqu'Ă  ce qu'Étienne se mette en tĂȘte de me faire comprendre l'anomalie qui consiste Ă  avoir abandonnĂ© la crĂ©ation de monnaie aux seules banques privĂ©es :

  • Tu comprends, c'est simple : AgnĂšs Maillard a besoin de 100 000 €, donc la banque lui prĂȘte 100 000 € qu'elle n'a pas. Elle crĂ©e donc de la monnaie Ă  hauteur de 100 000 €, monnaie qu'elle dĂ©truit au fur et Ă  mesure que tu rembourses. Sauf qu'au passage, elle rĂ©cupĂšre les intĂ©rĂȘts qui eux, proviennent de ton travail, de ta sueur. Tu comprends, lĂ ?
  • Heu... non !
  • Mais si... bon, je suis l'État et j'ai besoin de 10 milliards d'euros pour construire des logements sociaux. Avant 1973 et la loi scĂ©lĂ©rate de Pompidou, je demandais Ă  la banque centrale de me crĂ©er 10 milliards que j'injectais dans l'Ă©conomie en payant les ouvriers, les entrepreneurs et tout ça. Cette masse monĂ©taire Ă©tait ensuite dĂ©truite au fur et Ă  mesure que je remboursais et au final, ça ne me coĂ»tait rien, parce que la Banque centrale, c'est moi et que je ne me fais pas payer d'intĂ©rĂȘts. Alors que depuis 1973, je dois emprunter l'argent nĂ©cessaire Ă  ma politique aux banques privĂ©es qui non seulement ont le monopole de la crĂ©ation de monnaie - tu te rends compte ! les banques privĂ©es ! - mais qui, en plus, me rĂ©clament des intĂ©rĂȘts. Du coup, la foutue dette dont on nous rabat les oreilles se creuse et on ne paie plus que les intĂ©rĂȘts de la dette, sans mĂȘme s'attaquer au capital ! Et tu sais Ă  qui ça profite tout ça?
  • Heu... non...
  • Aux capitalistes, aux possĂ©dants, Ă  ceux qui ont l'argent : plus l'État s'endette et plus ils sont riches ! LĂ , tu comprends mieux ?
  • Heu... non... tu sais, dĂ©jĂ , j'aimerais bien comprendre la logique de la compta Ă  double entrĂ©e, alors la crĂ©ation de monnaie...
  • Mais la compta Ă  double entrĂ©e, c'est super facile...

Là, je crois qu'Étienne a enfin compris qu'il tenait mon seuil de Peters en otage...

La discussion a repris le lendemain matin au petit-dĂ©jeuner Ă  l'hĂŽtel, avec Étienne et AndrĂ© en plein dĂ©bat, quand j'ai dĂ©barquĂ©, la tĂȘte dans le pĂątĂ©... foutue clim'. La bonne nouvelle, c'est que Mona est encore moins du matin que moi. Dans l'Ă©dition du matin de Ouest-France, il y a ma trombine pour illustrer la nuit 68... une pure escroquerie. Il y a eu des tas d'idĂ©es brillantes et c'est sur moi que ça tombe. Encore le complexe du fumiste... sans compter que la journaliste n'a pas retenu de l'entretien ce que je voulais y mettre. Retranscrire, c'est trahir! Je m'en souviendrais pour mes prochains articles au bled. Je pique le journal pour scanner l'article pour mon pĂšre. Je crois que ce genre de truc lui plaira. Pour ce qui est de l'Ă©quipe du Lieu Unique, c'est moins sĂ»r. Vu le travail qu'ils ont fourni, je me sens un peu moche, lĂ , dans ce journal. Parler encore plus des petites mains qui font les Ă©vĂ©nements. Je note.

On finit par se quitter. Comme d'hab', je me sens Ă  chier. Je me dis que j'aurais mieux fait de rester Ă  ma place, derriĂšre mon putain de clavier. Mais je ne regrette rien. Ni les 1000 bornes Ă  travers la France, ni les brefs Ă©changes entre deux portes, ni l'angoisse de voir le paraĂźtre l'emporter sur l'ĂȘtre. J'espĂšre avoir d'autres occasions de bouger, d'autres rencontres Ă  faire, d'autres discussions Ă  prolonger jusqu'au bout de la nuit, encore plein d'autres de ces moments oĂč malgrĂ© la fatigue, les angoisses, les complexes, on arrive enfin Ă  s'oublier et Ă  n'ĂȘtre plus qu'une petite particule d'humanitĂ© qui vibre avec toutes les autres.


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Le Monolecte | il y a 123 jours | citations : 16

Monnaie »

monnaie.1200563518.jpgEtienne Chouard est un universitaire dont on a beaucoup parlĂ© en particulier au moment du dĂ©bat sur le TCE (rĂ©fĂ©rendum de 2005) Son blog a connu une frĂ©quentation exceptionnelle et certains ont mĂȘme affirmĂ© qu’il avait jouĂ© un rĂŽle important dans la victoire du NON.

La prochaine vraisemblable ratification du traitĂ© dit “simplifiĂ©â€ relance le dĂ©bat et E. Chouard vient de rĂ©pondre Ă  des questions sur un forum du Monde. Je vous livre ici une rĂ©ponse Ă  propos de la “crĂ©ation de monnaie” en vous engageant Ă  lire l’ensemble du Tchat et Ă  aller visiter le blog de Chouard.

La question : J’ai lu votre blog sur lequel je viens d’apprendre que la crĂ©ation de monnaie Ă©tait dĂ©sormais Ă  l’initiative des banques privĂ©es. Connaissez-vous la position d’économistes sur ce point, qui valideraient vos positions ?

***

Etienne Chouard :

“Je passe des dizaines d’heures, et mĂȘme des centaines, avec des Ă©conomistes de renom comme Michel Devoluy, Maurice Allais ou d’autres, qui me permettent d’ĂȘtre certain Ă  la fois du mĂ©canisme de crĂ©ation monĂ©taire, sur lequel je vais revenir, et de sa nocivitĂ© majeure pour les hommes.

Comment ça marche ? Quand une banque vous prĂȘte de l’argent, elle ne l’a pas. Ou en tout cas, elle ne l’a pas forcĂ©ment. Elle peut le crĂ©er en Ă©crivant d’un cĂŽtĂ© de son bilan : je dois 100 000 euros Ă  cette personne Ă  qui je prĂȘte de l’argent, et en mĂȘme temps, de l’autre cĂŽtĂ© de son bilan, elle note : et cette personne me doit 100 000 euros un peu plus tard. Donc dans son bilan, c’est neutre, c’est Ă©quilibrĂ©. Elle a créé de la monnaie.

Ensuite, Ă  chaque remboursement, elle dĂ©truit des deux cĂŽtĂ©s du bilan les sommes correspondant au remboursement. Et Ă  la fin du plan d’amortissement, la monnaie qui avait Ă©tĂ© créée au moment du prĂȘt a Ă©tĂ© progressivement complĂštement dĂ©truite.

Mais au passage, pendant les remboursements, la banque a prĂ©levĂ© un intĂ©rĂȘt, des sommes considĂ©rables qui peuvent Ă©galer ou dĂ©passer la somme empruntĂ©e, pour le seul travail de suveiller que les remboursements ont bien lieu.

Autrefois, les Etats partageaient avec les banques privĂ©es le droit de crĂ©ation monĂ©taire. Comment faisaient-ils ? L’Etat avait la possibilitĂ© d’emprunter auprĂšs de sa banque centrale et de lui rembourser au fur et Ă  mesure de ses recettes. La diffĂ©rence, c’est que l’Etat ne payait pas d’intĂ©rĂȘts.

C’est lĂ  qu’il s’est passĂ© quelque chose d’absolument majeur. En 1974 a eu lieu la derniĂšre Ă©mission de monnaie par la Banque de France et depuis, l’Etat s’est, de fait, interdit de crĂ©er de la monnaie. ConcrĂštement, il s’est interdit d’emprunter auprĂšs de la banque centrale. Cela a comme consĂ©quence de payer beaucoup plus cher tout ce dont l’Etat a besoin et qui est financĂ© par le crĂ©dit.

Je ne sais pas comment les banquiers ont fait pour obtenir du gouvernement cette espĂšce de hara-kiri monĂ©taire qui consiste Ă  se priver soi-mĂȘme d’un pouvoir considĂ©rable et essentiel dans la politique du pays. Ce sabordage monĂ©taire a Ă©tĂ© montĂ© au plus haut niveau du droit, Ă  la faveur des “traitĂ©s constitutionnels”, par l’article 104 du traitĂ© de Maastricht, devenu l’article 123 du traitĂ© de Lisbonne consolidĂ©, qui rend ce sabordage irrĂ©versible, hors d’atteinte des citoyens.

Cette affaire de crĂ©ation monĂ©taire nous coĂ»te 80 milliards par an d’intĂ©rĂȘts pour la France, dont plus de 40 milliards Ă  payer par l’Etat. Je voudrais juste qu’on m’explique oĂč est l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral dans cette affaire, qu’est-ce qu’on a Ă  gagner Ă  payer 200 ce qu’on pourrait payer 100 si l’on avait gardĂ© la crĂ©ation monĂ©taire.”

Lire la totalitĂ© de l’entretien dans Le Monde.fr

A©tu bien pris tes comprimés? | il y a 189 jours | citations : 4

Monnaie »

h_2_ill_750732_chouard.1200440345.jpgEtienne Chouard est un universitaire dont on a beaucoup parlĂ© en particulier au moment du dĂ©bat sur le TCE (rĂ©fĂ©rendum de 2005) Son blog a connu une frĂ©quentation exceptionnelle et certains ont mĂȘme affirmĂ© qu’il avait jouĂ© un rĂŽle important dans la victoire du NON.

La prochaine vraisemblable ratification du traitĂ© dit “simplifiĂ©â€ relance le dĂ©bat et E. Chouard vient de rĂ©pondre Ă  des questions sur un forum du Monde. Je vous livre ici une rĂ©ponse Ă  propos de la “crĂ©ation de monnaie” en vous engageant Ă  lire l’ensemble du Tchat et Ă  aller visiter le blog de Chouard.

La question : J’ai lu votre blog sur lequel je viens d’apprendre que la crĂ©ation de monnaie Ă©tait dĂ©sormais Ă  l’initiative des banques privĂ©es. Connaissez-vous la position d’économistes sur ce point, qui valideraient vos positions ?

***

Etienne Chouard :

“Je passe des dizaines d’heures, et mĂȘme des centaines, avec des Ă©conomistes de renom comme Michel Devoluy, Maurice Allais ou d’autres, qui me permettent d’ĂȘtre certain Ă  la fois du mĂ©canisme de crĂ©ation monĂ©taire, sur lequel je vais revenir, et de sa nocivitĂ© majeure pour les hommes.

Comment ça marche ? Quand une banque vous prĂȘte de l’argent, elle ne l’a pas. Ou en tout cas, elle ne l’a pas forcĂ©ment. Elle peut le crĂ©er en Ă©crivant d’un cĂŽtĂ© de son bilan : je dois 100 000 euros Ă  cette personne Ă  qui je prĂȘte de l’argent, et en mĂȘme temps, de l’autre cĂŽtĂ© de son bilan, elle note : et cette personne me doit 100 000 euros un peu plus tard. Donc dans son bilan, c’est neutre, c’est Ă©quilibrĂ©. Elle a créé de la monnaie.

Ensuite, Ă  chaque remboursement, elle dĂ©truit des deux cĂŽtĂ©s du bilan les sommes correspondant au remboursement. Et Ă  la fin du plan d’amortissement, la monnaie qui avait Ă©tĂ© créée au moment du prĂȘt a Ă©tĂ© progressivement complĂštement dĂ©truite.

Mais au passage, pendant les remboursements, la banque a prĂ©levĂ© un intĂ©rĂȘt, des sommes considĂ©rables qui peuvent Ă©galer ou dĂ©passer la somme empruntĂ©e, pour le seul travail de suveiller que les remboursements ont bien lieu.

Autrefois, les Etats partageaient avec les banques privĂ©es le droit de crĂ©ation monĂ©taire. Comment faisaient-ils ? L’Etat avait la possibilitĂ© d’emprunter auprĂšs de sa banque centrale et de lui rembourser au fur et Ă  mesure de ses recettes. La diffĂ©rence, c’est que l’Etat ne payait pas d’intĂ©rĂȘts.

C’est lĂ  qu’il s’est passĂ© quelque chose d’absolument majeur. En 1974 a eu lieu la derniĂšre Ă©mission de monnaie par la Banque de France et depuis, l’Etat s’est, de fait, interdit de crĂ©er de la monnaie. ConcrĂštement, il s’est interdit d’emprunter auprĂšs de la banque centrale. Cela a comme consĂ©quence de payer beaucoup plus cher tout ce dont l’Etat a besoin et qui est financĂ© par le crĂ©dit.

Je ne sais pas comment les banquiers ont fait pour obtenir du gouvernement cette espĂšce de hara-kiri monĂ©taire qui consiste Ă  se priver soi-mĂȘme d’un pouvoir considĂ©rable et essentiel dans la politique du pays. Ce sabordage monĂ©taire a Ă©tĂ© montĂ© au plus haut niveau du droit, Ă  la faveur des “traitĂ©s constitutionnels”, par l’article 104 du traitĂ© de Maastricht, devenu l’article 123 du traitĂ© de Lisbonne consolidĂ©, qui rend ce sabordage irrĂ©versible, hors d’atteinte des citoyens.

Cette affaire de crĂ©ation monĂ©taire nous coĂ»te 80 milliards par an d’intĂ©rĂȘts pour la France, dont plus de 40 milliards Ă  payer par l’Etat. Je voudrais juste qu’on m’explique oĂč est l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral dans cette affaire, qu’est-ce qu’on a Ă  gagner Ă  payer 200 ce qu’on pourrait payer 100 si l’on avait gardĂ© la crĂ©ation monĂ©taire.”

Lire la totalitĂ© de l’entretien dans Le Monde.fr

A©tu bien pris tes comprimés? | il y a 189 jours | citations : 4

Dérive rouge/brun d'Etienne Chouard ? »

Etienne Chouard, héros du non au (mini) Traité européen, semble s'égarer.
Je dĂ©couvre avec une certaine stupĂ©faction qu'il apprĂ©cie et relaie une vidĂ©o oĂč le conspirationniste Thierry Meyssan, mille fois discrĂ©ditĂ© pour ses thĂ©ories ubuesques sur les attentats du 11 septembre, est interviewĂ© par le pro-FN/Dieudo, anarchiste d'extrĂȘme droite, xĂ©nophobe, misogyne et homophobe, Alain Soral.
Comme quoi à trop épouser le discours anti-élite, anti-«establishment», anti «média officiels», anti «pensée unique», anti-parlementaire, on en vient à se paumer dans des marécages idéologiques nauséeux...
Erreur de parcours ou évolution naturelle ?

« Thierry Meyssan interrogé par Alain Soral »
http://www.dailymotion.com/video/x3ol2v_thierry-meyssan-par-alain-soral-par_politics
Un entretien passionnant [...] oĂč Thierry Meyssan, animateur du rĂ©seau Voltaire, est interrogĂ© par Alain Soral Ă  partir de son dernier livre.

Via http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Liens.php [Entrée n°18]

Ce qui excite sans surprise les antisémites exaltés du réseau putride lesogres...

Permalien: Dérive rouge/brun d'Etienne Chouard ? (Ecrire un commentaire).
Lire la suite: egoblog.net.

egoblog.net | il y a 218 jours | citations : 3

Assassine-t-on le Code du travail ? »

J'ai été invité par plusieurs lecteurs à me pencher sur l'accusation que porte l'opposition contre le gouvernement de vouloir profiter de la recodification du Code du travail pour faire passer subrepticement des atteintes majeures aux droits de salariés.

Ces accusations Ă©tant relayĂ©es par des inspecteurs du travail, elles sont revĂȘtues du sceau de l'autoritĂ©. Et si elles Ă©taient avĂ©rĂ©es, ce serait fort grave, car il y aurait une vĂ©ritable forfaiture du gouvernement.

Tout d'abord, qu'est ce que la recodification du code du travail ?

DĂ©solĂ© pour le barbarisme, mais il s'impose. Dans une louable volontĂ© de clarifier le droit, les gouvernements successifs (et cela remonte Ă  la IVe rĂ©publique, avec une nette reprise depuis la fin des annĂ©es 80, et une nouvelle accĂ©lĂ©ration depuis 1999) ont dĂ©cidĂ© de compiler des lois et dĂ©crets Ă©pars traitant d'un mĂȘme sujet sous forme de codes. Le droit est inchangĂ©, c'est simplement la loi n°tant de telle date qui devient le Code du Truc et du Bidule. On parle de Codification « Ă  droit constant ».

Ne prenez pas cet air lĂ . Je vous assure que le lĂ©gislateur est persuadĂ© que changer un numĂ©ro d'article, et de substituer une date par un nom sans rien changer d'autre, ça simplifie. Et vous voulez voir jusqu'oĂč il pousse sa volontĂ© de simplifier jusqu'Ă  l'incomprĂ©hensible ? DĂ©sormais, les codes ne commencent plus par un banal article premier, suivi d'un affligeant article 2[1]. Non. Un Code Ă©tant divisĂ© en livres, titres et chapitres, chaque article commence par un numĂ©ro Ă  trois chiffres, les centaines indiquant le numĂ©ro du livre, les dizaines celui du titre, et les unitĂ©s celui du chapitre; suit un tiret et le numĂ©ro d'ordre dans la section. Par exemple, le mouvement insurrectionnel est dĂ©fini Ă  l'article 412-3 du Code pĂ©nal : il s'agit du 3e article du chapitre 2 ("Des autres atteintes aux institutions de la RĂ©publique ou Ă  l'intĂ©gritĂ© du territoire national") du titre premier (" Des atteintes aux intĂ©rĂȘts fondamentaux de la nation") du livre 4 (" Des crimes et dĂ©lits contre la nation, l'Etat et la paix publique") du Code pĂ©nal. Alors qu'avant, c'Ă©tait l'article 97 du code pĂ©nal. Ce n'Ă©tait vraiment pas clair.

Ainsi, les nouveaux codes commencent tous au numĂ©ro 111-1. Car c'est plus clair comme ça. Ha, et pour simplifier encore plus, on ajoute devant le numĂ©ro une ou deux lettres qui indiquent si les dispositions relĂšvent du domaine de la loi organique (LO) loi (L), du dĂ©cret en conseil d'Etat (R., pour rĂšglement au sens de l'article 37 de la Constitution), du dĂ©cret en Conseil des ministres (D), de l'arrĂȘtĂ© ministĂ©riel (A) ou de la circulaire (C). Sauf dans le code pĂ©nal, car il n'y a pas de simplification digne de ce nom sans exceptions arbitraires.

Et c'est ainsi que la loi du 11 mars 1957 est devenue le code de la propriĂ©tĂ© intellectuelle par la loi du 1er juillet 1992 (ce qui n'empĂȘche de nombreux Ă©diteurs de promettre les dix enfers du Feng Du Ă  ceux qui copieraient cette Ɠuvre en violation de la loi de 1957), et que l'ordonnance du 2 novembre 1945 est devenue le Code de l'EntrĂ©e et du SĂ©jour des Étrangers et du Droit d'Asile (CESEDA) par l'ordonnance du 24 novembre 2004. Ordonnance, car une loi de 1999 permet au gouvernement, pour faciliter ce mouvement de codification, de procĂ©der par ordonnances pour opĂ©rer ces codifications, Ă  condition qu'elles soient Ă  droit constant, c'est Ă  dire qu'elles ne changent rien Ă  l'Ă©tat du droit. Une loi postĂ©rieure doit ratifier cette ordonnance, ce qui permet au parlement d'exercer un contrĂŽle sur cette action du gouvernement.

Ce mouvement de "simplification" ne s'arrĂȘte pas lĂ . Dans sa furie simplificatrice, des codes dĂ©jĂ  existants sont recodifiĂ©s, c'est Ă  dire qu'on réécrit les articles, on les dĂ©coupe ou les recoupe, et on y inclut des lois autonomes que le lĂ©gislateur d'alors n'avait pas pris la peine d'intĂ©grer dans un code. Ce fut le cas du Code de commerce en 2000, et c'est le cas du code du travail aujourd'hui. Attention : le code pĂ©nal entrĂ© en vigueur le 1er mars 1994 n'est pas une recodification, c'Ă©tait bien un nouveau code pĂ©nal, réécrit depuis le dĂ©but (et une vraie rĂ©ussite de simplification, hormis cette stupide numĂ©rotation Ă  rallonge). Cette "simplification" consiste Ă  réécrire le plan du code, Ă  remplacer la numĂ©rotation par une numĂ©rotation Ă  4 chiffres (avec une division en partie au dessus du livre) et Ă  couper les articles trop longs, ce qui fera passer le code de 1800 Ă  3500 articles. Ce travail de simplification, pour ĂȘtre parfaitement compris, s'accompagne d'un mode d'emploi... de 33 pages rĂ©alisĂ© par le ministĂšre du travail. Je vous jure que je n'invente rien.

Alors, ces prolĂ©gomĂšnes Ă©tant enfin achevĂ©s, y a-t-il rĂ©forme sous couvert de codification Ă  droit constant ?

Voyons les arguments présentés à l'appui de cette accusation.

Le blog "Un strapontin Ă  l'AssemblĂ©e Nationale", tenu par un journaliste permanent auprĂšs de la chambre basse, fait un trĂšs utile compte-rendu de la sĂ©ance mouvementĂ©e (et qui a agacĂ© Authueil) oĂč le fer a Ă©tĂ© portĂ©. Alain Vidalies, dĂ©putĂ© du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche, dit "ratissons large", dĂ©putĂ© de la 1e circonscription des Landes, et avocat ce qui ne gĂąche rien, donne trois exemples, repris d'un argumentaire du syndicat FSU.

Il y en a deux qui, je le dis tout de gob, sont Ă  la limite du ridicule.

La premiĂšre : les dispositions sur le temps de travail passeraient de la partie consacrĂ©e Ă  la santĂ© du salariĂ© Ă  celle consacrĂ©e Ă  la rĂ©munĂ©ration. C'est dĂ©battre de quelle Ă©tagĂšre doit recevoir un bibelot. Le bibelot lui mĂȘme reste inchangĂ©.

La deuxiĂšme : dans la dĂ©finition des compĂ©tences des inspecteurs du travail, on aurait remplacĂ© les mots "inspecteurs du travail" par "autoritĂ© administrative compĂ©tente", ce qui dĂ©signe le directeur dĂ©partemental du travail, qui ne bĂ©nĂ©ficie pas des garanties des inspecteurs du travail. Cette affirmation est erronĂ©e : il n'est que de lire les articles L.8112-1 et suivants du nouveau code du travail.

La troisiĂšme, qui est la seule vraiment juridique : le nouveau code distinguerait dĂ©sormais entre les licenciements de moins de dix salariĂ©s et de plus de dix salariĂ©s pour faire bĂ©nĂ©ficier de la prioritĂ© au rembauchage. En effet, dans le cas d'un licenciement pour motifs Ă©conomiques, le salariĂ© licenciĂ© bĂ©nĂ©ficie s'il en fait la demande d'une prioritĂ© de rembauchage pendant un an : tout nouveau poste créé dans l'entreprise et compatible avec sa qualification doit lui ĂȘtre proposĂ© en premier. Or dans le nouveau code du travail, les rĂšgles applicables aux licenciements pour motifs Ă©conomiques de moins de dix salariĂ©s en l'espace de trente jours, et Ă  ceux de dix salariĂ©s ou plus en trente jours ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s en deux sections distinctes. Et la prioritĂ© de rembauchage est prĂ©vue Ă  l'article L.1233-45 nouveau, qui figure dans la section consacrĂ©e aux licenciements "10+". Conclusion de l'honorable parlementaire : cette prioritĂ© ne s'applique plus aux licenciements de moins de 10 salariĂ©s, ce qui est un changement du droit.

Et là encore, ça ne tient pas. Car la section consacrée aux licenciements de moins de dix salariés contient un article L.1233-16 qui renvoie expressément à l'article L.1233-45 sur la priorité de rembauchage, qui s'y applique donc bel et bien.

L'opposition s'Ă©meut encore de la transhumance d'environ 500 dispositions de la partie lĂ©gislative Ă  la partie rĂ©glementaire, partie qui peut ĂȘtre modifiĂ©e par un dĂ©cret du gouvernement. LĂ  encore, il n'y a rien de scandaleux ni d'anormal. La constitution dĂ©finit prĂ©cisĂ©ment le domaine de la loi (art. 34) et prĂ©voit que tout ce qui ne rentre pas dans ce domaine relĂšve du pouvoir rĂ©glementaire, c'est Ă  dire du dĂ©cret. Si une loi contient des dispositions qui relĂšvent en fait du dĂ©cret, la disposition reste valable (alors qu'un dĂ©cret qui empiĂšte sur la loi est nul) mais sera traitĂ©e comme si elle avait Ă©tĂ© prise par un dĂ©cret et pourra ĂȘtre modifiĂ©e par un acte rĂ©glementaire. C'est ainsi que le gouvernement Villepin avait escamotĂ© Ă  la va-vite la disposition traitant du rĂŽle positif de la colonisation votĂ©e par un dĂ©putĂ© qui aime son prochain s'il aime les femmes : il avait demandĂ© au Conseil constitutionnel de constater que cette disposition Ă©tait en fait rĂ©glementaire et non lĂ©gislative, puis l'avait abrogĂ© par dĂ©cret. Cette requalification est donc conforme Ă  la Constitution ; ajoutons que l'accusation de vouloir les modifier discrĂštement par dĂ©cret relĂšve du pur procĂšs d'intention, et qu'en outre cette requalification permettra Ă  toute personne concernĂ©e, Ă  commencer par les syndicats, de contester la lĂ©galitĂ© de ces modifications devant le Conseil d'Etat, ce qui est tout de mĂȘme une meilleure protection que l'impuissance de l'opposition au parlement.

Bref, pour le moment, mais le débat reste ouvert, je n'ai pas découvert une modification du code du travail entre les deux textes.

Et, in cauda venenum, cette stratĂ©gie qui consiste Ă  profiter de la complexitĂ© d'une rĂ©forme impossible Ă  apprĂ©hender pour le grand public pour lui faire dire ce qu'elle ne dit pas et tenter d'effrayer l'opinion publique en affirmant que c'est la GĂ©henne, me rappelle de douloureux souvenirs rĂ©fĂ©rendaires. Et ça marche : les Don Quichotte habituels qui voient un gĂ©ant dĂšs lors qu'ils ne comprennent pas un texte ont dĂ©jĂ  enfourchĂ© Rosinante...

Notes

[1] Seuls rescapés à ce jour : le Code civil, le code de procédure pénale et le code général des impÎts.

Journal d'un avocat | il y a 230 jours | citations : 32

Le texticule de Lisbonne »

Dormez en paix, braves gens ! GrĂące au « traitĂ© simplifiĂ© » de Lisbonne, l’Europe va enfin sortir de l’impasse ! Que de propos lĂ©nifiants ou simplement satisfaits n’avons-nous pas entendus ces derniers temps sur l’accord de la haute caste politique europĂ©enne qui s’est rĂ©unie Ă  Lisbonne ! Avant de ne plus rien entendre du tout, d’ailleurs, l’affaire semblant pliĂ©e, classĂ©e, enterrĂ©e. OubliĂ©e des mĂ©dias. Et rĂ©signĂ©s les citoyens. Comme quoi une bonne dĂ©localisation et quelques mots qui changent suffisent Ă  accomplir un beau tour de passe-passe


Un instant, j’ai cru Ă  la « simplification » lisboĂšte. Je m’attendais Ă  un texte court et ayant tenu compte des dĂ©bats nourris d’avant le rĂ©fĂ©rendum. Mais j’ai Ă©tĂ© surpris en allant voir de quel texticule avaient accouchĂ© nos « sages » ou nos patrons politiques de l’Europe, ou les deux, Ă  moins que ce ne soient les mĂȘmes ? 250 pages ! Et encore plus dur Ă  se fader que le prĂ©cĂ©dent ! Le pire est dans la rĂ©ponse Ă  la question suivante : Qu’est-ce donc qui change entre le feu projet de TraitĂ© Constitutionnel EuropĂ©en (TCE) et le nouveau projet de TraitĂ© Modificatif EuropĂ©en (TME) ?

Sur le fond, rien ! C’est Giscard lui-mĂȘme qui le dit avec le culot d’un vieux filou de la politique (Le Monde du 26 octobre) : « les outils sont exactement les mĂȘmes, seul l’ordre a Ă©tĂ© changĂ© dans la boĂźte Ă  outils ». Citons encore Giscard dont le mĂ©rite est d’avancer sans masque dans cette vaste entreprise de confiscation d’une dĂ©cision qui devrait revenir aux citoyens  – et qui leur Ă©tait dĂ©jĂ  revenue le 29 mai 2005 : « Le traitĂ© de Lisbonne se prĂ©sente ainsi comme un catalogue d’amendements aux traitĂ©s antĂ©rieurs. Il est illisible pour les citoyens, qui doivent constamment se reporter aux textes des traitĂ©s de Rome et de Maastricht, auxquels s’appliquent ces amendements. »

Vaut-il mieux en rire ? Le TCE Ă©tait ainsi lisible, mĂȘme si ni facile ni marrant Ă  lire, et c’est bien parce qu’un grand nombre de Français ont fait l’effort de le lire qu’ils l’ont refusĂ© par rĂ©fĂ©rendum avec le net rĂ©sultat que l’on sait ! La manƓuvre est presque comique : rendons le texte illisible (sinon des seuls spĂ©cialistes) pour Ă©viter de la faire voter par ces lecteurs imprĂ©visibles que sont les Ă©lecteurs ! Restons entre “gens qui savent”, experts ou politiques, pour l’adopter avec enthousiasme et dormez tranquilles, braves gens, on s’occupe de tout


Ce transfert de la dĂ©cision dans la caste des politiques, certes Ă©lus, et de leurs experts affidĂ©s est une confiscation qui signe la mort de la dĂ©mocratie fondĂ©e sur le suffrage universel direct. Une caste inamovible, droite et gauche assurant un dĂ©bat de surface, assoit ainsi son rĂšgne sur les citoyens. Je suis allĂ© voir un peu ce fameux texticule de Lisbonne et les analyses de cet irrĂ©ductible gaulois qu’est Etienne Chouard. Lui, il parle d’arnaque. Sur le fond en effet, rien de changĂ© dans le TME sinon le bizarre abandon des symboles forts et fĂ©dĂ©rateurs que sont (et resteront, je l’espĂšre) le drapeau europĂ©en et l’Hymne Ă  la joie. Il faut aussi relever la suppression des vocables « constitution » et « constitutionnels », sans doute pour attĂ©nuer l’aspect « gravĂ© dans le marbre » que confĂ©reraient ces mots Ă  n’importe quel texte


Sinon, rien n’a changĂ© exceptĂ© la maniĂšre de dire la mĂȘme chose. Giscard le confirme en donnant quelques exemples. Ainsi, l’expression qui fĂąche “concurrence libre et non faussĂ©e” disparaĂźt bien de l’article 2 du TCE pour ressusciter dans une annexe sous la forme : “le marchĂ© intĂ©rieur, tel qu’il est dĂ©fini Ă  l’article 3 du traitĂ©, comprend un systĂšme garantissant que la concurrence n’est pas faussĂ©e”
 Et hop, Europe libĂ©rale nous y revoilà


Sur la question de l’adoption du texte, Sarkozy, mais pas seulement lui, a donc dĂ©cidĂ© de squeezer la validation du TME par les citoyens. Il Ă©tait pourtant lĂ©gitime et logique que la « modification » soit validĂ©e ou non par les urnes, de la mĂȘme maniĂšre que pour le texte initial. Or, en tel contexte, renoncer Ă  l’onction du suffrage universel revient Ă  changer les rĂšgles du jeu en cours de partie. Autrement dit, c’est de la triche en plus du dĂ©ni de dĂ©mocratie que cela signifie. Cette manƓuvre aurait pourtant pu redonner la main Ă  l’opposition et particuliĂšrement au Parti socialiste. Or, Ă  quelle pantalonnade avons-nous assistĂ© ?

Le Bureau national du PS a donnĂ© quitus Ă  Sarkozy en approuvant et le TME de Lisbonne et sa ratification par voie parlementaire par 36 voix contre 20 et quelques abstentions. Or, quand on relit les propositions du PS et de sa candidate s’engageant devant les Ă©lecteurs, il y a de quoi tomber de sa chaise : « NĂ©gocier un traitĂ© institutionnel soumis Ă  rĂ©fĂ©rendum pour que l’Europe fonctionne de maniĂšre plus dĂ©mocratique et plus efficace » (Proposition 91 du Pacte prĂ©sidentiel de SĂ©golĂšne Royal) et « Nous proposons l’élaboration d’un traitĂ© strictement institutionnel [
] Une fois renĂ©gociĂ© un tel traitĂ© sera soumis au peuple par rĂ©fĂ©rendum » (Relancer l’Europe, in Projet socialiste).

Je sais bien qu’une certaine plasticitĂ© est nĂ©cessaire en politique et que tout dogmatisme est mortifĂšre (mais en l’espĂšce, il ne s’agit nullement de positions dogmatiques). Mais lĂ , il y a de quoi rire, histoire de conjurer un fort sentiment de trahison en considĂ©rant le comique de situation ! Il y a aussi de quoi rager devant une faute stratĂ©gique Ă©tonnante : la revendication d’un rĂ©fĂ©rendum (nullement gagnĂ© Ă  l’avance, pas plus pour les anciens « nonistes » que pour les anciens « oui-ouistes ») eut permis de reprendre la main face Ă  un Sarkozy omniprĂ©sent. Mais la dĂ©fense du principe d’un rĂ©fĂ©rendum, Ă  peine amorcĂ©e par Fabius, MĂ©lenchon et quelques autres, a Ă©tĂ© Ă©touffĂ©e par cette dĂ©cision de conclave socialiste.

Le bon sens, pour un parti qui s’était clamĂ© exemplaire en organisant un rĂ©fĂ©rendum interne sur le TCE, eut pourtant commandĂ© de revendiquer un nouveau rĂ©fĂ©rendum, ne serait-ce que dans l’exigence habituelle Ă  gauche du respect de la dĂ©mocratie

Le PS a ratĂ© une occasion, peut-ĂȘtre en prĂ©fĂ©rant parier sur la rĂ©cupĂ©ration des mouvements sociaux plutĂŽt que sur le dĂ©bat institutionnel et europĂ©en. Dans le genre justification grand-guignolesque, on a entendu -entre autres- Vincent Peillon, ancien partisan du non, Ă©noncer cette argutie dont la subtilité  dialectique m’échappe : « Je crois que la bonne solution, et je le dis en tant que partisan du non, c’est de dire oui, aux conditions du oui socialiste, qui n’est pas le mĂȘme que le oui de Sarkozy. Cela avait du sens de dire non en 2005, il y avait un plan B, vous l’avez vu, Nicolas Sarkozy a renĂ©gociĂ© le traitĂ©. Mal, mais il l’a renĂ©gociĂ©, c’Ă©tait donc possible. » (sur France-Inter, lundi 12) Pour la peine, ce brave garçon qu’on a connu mieux inspirĂ© se voit dĂ©cerner une fraise d’honneur bien acide pour cette acrobatie clownesque !

Globalement, on prĂ©fĂšre donc au PS enterrer le dĂ©bat et jouer petit bras, en remettant Ă  plus tard une possible amĂ©lioration des institutions communautaires quand la droite n’y sera plus… Et Ă©viter dans l’immĂ©diat de « se diviser », du moins au grand jour. Et se concentrer sur ces objectifs prioritaires que sont les prochaines municipales et cantonales. Il s’agit de faire vivre ou plutĂŽt survivre la boutique.

Dans cette optique, Clochemerle envahit tout l’horizon et l’Europe devient soudain un continent bien lointain. Mais qu’on ne s’étonne pas ensuite si la boutique socialiste est de moins en moins frĂ©quentĂ©e


Fraise des bois, me voilà! | il y a 243 jours | citations : 8

Rassemblement national pour un référendum sur le projet de «constitution européenne bis» dimanche 2 décembre à 15h »

Une date à réserver sur vos agendas. Venez nombreux !
Rassemblement national pour un référendum sur le projet de «constitution européenne bis» dimanche 2 décembre à 15h
La ratification parlementaire du « traité simplifié » qui n'est autre qu'une Constitution européenne bis, serait un double déni de démocratie :
  • parce qu'on ferait passer nuitamment par la fenĂȘtre ce qui a Ă©tĂ© rejetĂ© au grand jour par la porte,
  • parce que la Constitution-bis signĂ©e Ă  Lisbonne enterrerait dĂ©finitivement, au nom du peuple français mais contre sa volontĂ© explicite, la RĂ©publique française confirmĂ©e par les rĂ©fĂ©rendums de 1958 et 1962.

    Face à ce vrai faux « mini traité » qui est une authentique maxi-traßtrise, Jean-Pierre ChevÚnement, ancien ministre, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, et Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la République organisent un rassemblement national et européen Pour un référendum sur la «Constitution européenne bis» :

    Avec :
  • Pierre Lefranc, ancien chef du cabinet du GĂ©nĂ©ral de Gaulle
  • Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public
  • Jens-Peter Bonde, porte-parole du parti danois "Mouvement de juin", prĂ©sident du groupe IndĂ©pendance et dĂ©mocratie au Parlement europĂ©en

    En un jour emblématique pour la défense de la démocratie, Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Pierre ChevÚnement appelleront tous les Français à se mobiliser pour exiger une consultation populaire sur le traité de Lisbonne.

    A partir de 15h, le dimanche 2 décembre 2007, à la Maison de la Chimie, 28 bis rue Saint Dominique, Paris VIIe
    Métro Invalides (lignes 8 et 13) ou RER C.

    Voir le plan d'accĂšs sur Google Maps ou le plan ci-dessous.


Agrandir le plan

Faites suivre cette invitation à vos amis et n'hésitez pas à la reproduire sur votre blog !

Chevenement2007 | il y a 244 jours | citations : 0

Le code du travail: casse en cours... »

En silence, loin des médias, grùce à un coup de force, l'UMP a autorisé la modification du code du travail par voie réglementaire ( commissions discretes) plutÎt que législatif, et donc public. Cela veut dire que le gouvernement peut par décret modifier en toute discrétion le code du travail. Nous allons voir avec quelques exemples, que tout cela est un prélude à de belles saloperies.

C'est Nicolas J qui a ressorti un truc chez Etienne Chouard, qui a repris un .pdf qui est la version longue d'un article publié sur Betapolitique en Juin et dont je vous avait briÚvement parlé à cette époque. Tout cela vous allez le voir, va faire plaisir au Medef, et aux débiles qui pensent que le code du travail est un obstacle à la croissance, alors que j'ai déjà expliqué que c'était un problÚme d'intelligence collective et de management à la sauce 19iÚme siecle. Chose confirmé par des économistes en tout genre ( cf Thomas Philippon). On en conclue qu'il faut inventer de nouvelles formes de gestion des entreprises. Bizarrement ce débat là n'intéresse pas trop mes lecteurs, c'est dommage par ce que c'est le noeud du problÚme. Sur un sujet connexe je ne peux que vous conseiller que de lire Marianne qui nous parle des "fils de".

Voici donc ce que je notais en Juin:
Ajoutons que grĂące Ă  la loi du 31/03/05, le salariĂ© pourra mĂȘme dĂ©passer ces 57h moyennant une « majoration de salaire » que le patron pourra d’ailleurs ne pas verser de suite grĂące au compte Ă©pargne-temps (L.227-1 du CT) prĂ©vu par la loi du 19/1/00. Allons, encore un effort et nous pourrons concurrencer les ouvriers chinois.

16 Millions de victimes en silence

En effet un ancien inspecteur du travail, Richard Abauzit, a fait une analyse complÚte des modifications du code du travail. Cela a aussi été fait par Gérard Filloche qui publie un article dans le sarkophage, nouveau magazine. Tout cela s'est fait en silence, sans débat public alors que cela concerne 16 millions de salariés! Il y'a la un déni de démocratie grave, nul besoin de réformer la constitution pour permettre le travail en commission, il suffit de demander à l'assemblée de voter ce qu'il faut, pour transférer les débats dans des commissions hors assemblées, ce qui est encore pire. Tout cela a été rendu possible par une ordonnance.
Honte aux syndicats qui n'ont rien fait, rien dit, pas fait de bruit ni de bordel, honte aux partis de gauche, Ă  la LCR et aux autres: tout le monde dans le mĂȘme sac. l’article 57 de la loi° 2006-1770 du 30 dĂ©cembre 2006 : « Dans les conditions prĂ©vues par l'article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisĂ© Ă  procĂ©der par ordonnance Ă  l'adaptation des dispositions lĂ©gislatives du code du travail Ă  droit constant, afin d'y inclure les dispositions de nature lĂ©gislative qui n'ont pas Ă©tĂ© codifiĂ©es, d'amĂ©liorer le plan du code et de remĂ©dier, le cas Ă©chĂ©ant, aux erreurs ou insuffisances de codification »).

Je résume le PDF qui fait 30 pages, et est trÚs détaillé, la plupart de ce qui suit est tout simplement du copier/coller, l'original est là.

Suppression du statut du salarié

Apparition du faux statut de travailleur indĂ©pendant! Pour certains salariĂ©s, « reconnus comme prestataires de services établis dans un Etat membre de la Communauté européenne ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen où ils fournissent habituellement des services analogues et qui viennent exercer leur activité en France, par la voie de la prestation de services, à titre temporaire et indépendant » et pour qui « la présomption de salariat ne s’applique pas »; pour ceux-là donc, il suffira qu’ils se présentent comme indépendants, « prestataires de services » et ils ne seront plus considérés comme salariés

Divisions des droits:

On va retourner Ă  la situation d'avant la guerre, avec des salariĂ©s agricoles qui dĂ©pendent d'un droit social particulier. Remarque liĂ©e, c'est lĂ  qu'on trouve des masses de prĂ©caires saisonniers et oĂč on tire les inspecteurs du travail comme du gibier.

Précarité en plus et moins chÚre pour les patrons:

les contrats prĂ©caires pourront ĂȘtre renouvelĂ©s. Et on retire des primes : des fins de contrats à durée déterminée et de contrats d’intérim presque gratuites : un simple accord d’entreprise permet désormais de ne plus payer que 6% (CDD) ou rien du tout (intérim) au lieu des 10% pour l’indemnité de précarité d’emploi! La prochaine demande du MEDEF sera sans doute de supprimer la prime de prĂ©caritĂ©, Parisot osera, les cons ça ose tout avait dit Audiart.

Des intérimaires.. permanents

La loi 2005-882 du 2/08/05 a dans la plus grande discrétion inventé une nouvelle race de marchands de main- d’Ɠuvre, les entreprises à temps de travail partagé qui ont toutes les caractéristiques des agences d’intérim, apparemment spécialisées dans l’embauche de salariés sous contrat à durée indéterminée mis ensuite à disposition sous forme de missions plutôt à temps partiel dans des entreprises utilisatrices. Un coup subtil car, comme les entreprises de travail temporaire sont autorisées à faire cette activité, il sera désormais possible d’utiliser des travailleurs temporaires sans avoir à en justifier le motif ! Des intérimaires du XXIème siècle, précaires à durée indéterminée, obligés d’accepter toute mission et pour lesquels il sera sans doute facile de passer outre l’application des conventions collectives. Trouver de nouvelles formes d’emploi en temps partagé était une recommandation de la Commission européenne et du Conseil européen en 1999.

Niquage de la loi et des juges:

on va retirer des compĂ©tences aux prud'hommes et devinez Ă  qui cela va profiter? diminution des dĂ©lais de dĂ©nonciations, on va mĂȘme rĂ©guler la cour de cassation pour Ă©viter qu'elle ne soit trop gauchiste! Rajoutez Ă  cela la fermeture d'un tiers des tribunaux de Prud'hommes par Dati et vous comprendrez qu'on puisse ĂȘtre en colĂšre!

Blanchiment les patrons délinquants:

fin de la rĂ©cidive dans certains cas, Suppression de la plupart des infractions pénales en droit du travail (salaires, durée du travail, discrimination syndicale...).

Attaque contre les CE et les représentants du personnel dans les PME et Petites Entreprises:

Suppression des délégués du personnel, des membres du comité d’entreprise et des délégués syndicaux dans les entreprises de moins de 250 salariés (et même au-delà car désormais, par accord, on pourra déroger à tout) remplacés par un...conseil d’entreprise. Cette instance de collaboration de classe, par ailleurs sans pouvoirs, signerait les accords à la place des délégués syndicaux !

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Intox2007.info | il y a 245 jours | citations : 22

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