Tout a été dit, vu, lu, filmé, blogué, écrit, buzzé, twitté, facebooké, médiatisé, radiodiffusé, télévisé, seesmicé (seesmiqué ?) au sujet du Web3.
Je vais donc vous épargner un énième compte-rendu factuel et vous livrer plutôt mes impressions en vrac.
Photo pourrie prise avec mon iPhone parce-que je suis pas un pro du reportage Mardi matin, TGV, café et bavardagesQuand on prend le premier TGV, celui de 6 heures, (ce qui signifie réveil à 4h30 pour moi) et qu'on s'est couché à 1H30, on n'a qu'une hâte : se calfeutrer à sa place et dormir pendant 1H55. Sauf quand on voyage avec des camarades comme
Daniel, et que les discussions passionnées sur l'avenir du web l'emportent sur l'envie de dormir. Nous voilà au bar, seuls éveillés dans la fin de nuit d'un TGV en léthargie, à refaire le monde du ecommerce, des blogs et des réseaux sociaux réunis. Une sorte d'échauffement pour les deux jours de folie qui nous attendent.
Mardi matin, Web3, Kevin Rose et Starckeries diversesDaniel,
Patrice,
Eddy, les autres et moi.Vautrés confortablement au tout dernier rang de la salle principale des conférences, nous écoutons mi-amusés mi interloqués l'intervention de Philippe Starck. A la croisée des chemins entre génie et gros foutage de gueule. Difficile à dire. J'ai bien aimé la forme, même si le contenu de son discours m'a laissé dubitatif. Eddy me souffle à l'oreille
"c'est Jean-Claude Vandamme en fait". Bien vu, j'ai raté Jean-Claude à Bruxelles, je l'ai trouvé à Saint-Denis.
Pendant ce temps,
Thierry Bézier, travailleur infatigable du vidéoblog, commence ses premières interviews vidéos, prélude d'une longue série.
Mardi matin, suite : "Faut que je bouge d'ici sinon je vais gerber". En haut de notre tribune, ça tangue dangeureusement, à tel point que Patrice, qui apparemment n'a pas consommé que du lait-fraise la veille au soir se lève subitement pour rejoindre la terre ferme. Je m'accroche à mon siège en pensant très fort à Furiani. Ca ferait un bon buzz pour le web3 une tribune qui s'effondre avec la moitié de la crème mondiale du web (je ne me compte pas dedans bien sûr).
A noter : Patrice n'est pas le seul blogueur des îles à avoir fait le voyage. Gilles de
Vinivi est là aussi, entre jet lag et choc thermique.
Thierry Bézier ne filme pas la scène.
Mardi fin de matinée : le créateur de Twitter est un homme comme les autresLe bon
Ouriel est un vrai pote, et je ne dis pas ça pour faire genre. Je le dis parce-que c'est vrai. Il me présente
Evan Williams, créateur et boss de Twitter, rien que ça. Nous taillons le bout de gras une bonne vingtaine de minutes avec lui, son épouse (waow), à parler tranquilles de Twitter, les blogs, la vie, Paris, San Francisco, la France, les vacances, tout ça. Un vrai mec comme dans la vraie vie, le Evan, tranquille, humble, pas arrogant. Putain c'est quand même le mec qui a créé Blogger et l'a refourgué à Google, puis Twitter, quoi ! Et il était là tranquille, à se prendre une petite semaine off à Parissss avec sa chérie, profiter du bon temps, visiter Seunnn-Geurrrmain dey Prrrey, faire du shopping, tout ça. Il doit aimer sa vie lui, je vous le dis.
Détail : il parle en faisant des phrases de plus de 140 caractères, j'ai compté.
Je salue
Gonzague et je fais meilleure connaissance avec Cyprien alias
Monsieur Dream. J'aime bien ce garçon, qui est fidèle à l'image que j'en avais à travers son blog, mais pas que, justement. Et c'est ce qui fait toute la différence : il n'est pas que le jeune déconneur speed que l'on connait dans son blog, il y a aussi chez lui une profondeur et de vrais moments de sérieux d'une maturité étonnante.
Je vois un petit homme avec une caméra et un micro au loin. C'est Thierry Bézier.
Mardi, à table. Saumon et fondue fruits-chocolatComme toujours, la bouffe au Web3 est fantastique. Je me gave de tout ce que je peux comme un porc (je rappelle que je suis debout depuis 4H30 du matin et que je n'ai rien mangé). J'adore ces buffets, c'est un vrai truc pour les gourmands mal élevés comme moi. Le seul problème c'est qu'il est difficile de tenir une conversation dans ces conditions, et des conversations il y en a croyez-moi, vu le monde. Du coup nous sommes tous tellement accaparés que nous en oublions de manger ce que nous avons pourtant si méthodiquement obtenu de haut vol sur les différents buffets et mis dans nos assiettes.
Thierry Bézier ne mange pas. Il filme.
Mardi après-midi. Le festival off.Je ne retourne pas aux conférences, je passe l'après-midi à discuter avec des milliers de gens, à retrouver des potes, des relations, des gens qui me connaissent mais que je ne connais pas. Caractéristique commune à tout ce foisonnement : de l'énergie, des idées, des projets (bidon ou solides)... et pas mal de jolies filles cette année.
Je ne vois plus Thierry Bézier. Il doit filmer. Ailleurs.
Mardi après-midi : GoojetJe retrouve
Cédric Giorgi, électrisé autant qu'épuisé par sa énième démonstration live de Goojet. Je ménage sa peine en lui épargnant une demande de démo mais c'est plus fort que lui et j'y ai droit quand même. Goojet est une application web qui permet de synchroniser à la volée des widgets entre son PC et son mobile, un peu comme avec
Webwag, et c'est vachement bien foutu. Si bien d'ailleurs que
Goojet a remporté le concours de start-ups du Web3. J'en reparlerai plus en détail. En attendant, allez donc jeter un oeil sur
l'article de Philippe.
Un gars me tend une main longue comme le bras, ponctuée d'un chaleureux
Salut Eric. Je reconnais
Mry, blogueur connu et certainement influent, comme on dit. On ne se connaissait pas "physiquement" et c'est le genre de petite attention qui me touche. Je lui en serre 5 avec plaisir (il n'y a rien de sexuel là-dedans).
Pendant ce temps, Thierry Bézier...
Mardi, fin d'après-midi. Netvibes au gingembre.La journée tire à sa fin, la fatigue commence à se faire sentir, j'enchaîne les cafés et les poignées de mains. Un dernier tour vers les stands et je tombe sur un Tarik affable et charmant en pleine démo de
Netvibes Ginger, la nouvelle mouture de notre page perso préférée.
Pour ce que j'en ai vu, la nouvelle version de Netvibes est superbe et fait la place belle aux fonctions de partage. Vivement sa publication, normalement je devrais recevoir une invite à tester, je vous en reparlerai dès que ce sera fait.
La caméra de Thierry Bézier ne tient plus sur ses jambes non plus. Lui, si.
Mardi soir, pickles, naans et tandoori.Passage éclair à l'hôtel, posage des sacs, et retrouvage dans un restaurant indien près de l'Hôtel de Ville, en compagnie d'une déjà vingtaine de participants au Web3, parmi lesquels l'ami Franck de
Giiks.com, qui prépare son déplacement à Las Vegas pour le CES, petit veinard.
J'initie Monsieur Dream aux joies des pickles, purée de piment indienne fabuleusement parfumée mais terriblement relevée pour qui ne connaît pas. Monsieur Dream passe l'épreuve des pickles prudemment mais sûrement. Quand je vous dis qu'il y a de la profondeur chez ce garçon.
On a perdu Thierry Bézier et sa caméra. Les recherches s'organisent du côté des docks.
Mardi soir, closed bar.Notre petite équipe arrive à la
Netvibes party, dans une boîte de la rue de Rivoli. Mauvaise pioche, l'open bar est closed depuis minuit, il est minuit trente. A 7 euros la bière, les ardeurs des plus alcooliques d'entre nous sont vite calmées.
Peut-être une conséquence des excès de la précédente édition...
Accueil amical de
Vinvin à l'entrée.
Je passe enfin un vrai moment avec
Monsieur Lâm. Que voulez-vous que je vous dise ? Un seigneur, Lâm. L'illustration vivante qu'on peut être
cool ET adorable. La crème. Merci
Romain pour cette connexion. Je ne voudrais pas la jouer
club des blogueurs qui sont tous potes mais c'est aussi à ça que sert un truc comme le Web3. Et rien que pour ça, ça vaut le coup.
Merde, on parle de relations humaines, là, vous voyez ?
On a retrouvé Thierry Bézier. Il ne filme pas. Il boit.
Mercredi matin, 4h, 4 hommes et un taxi perdu dans la nuit du Neuf TroisRentrage à l'hôtel. Monsieur Dream est fracassé de chez fracassé, grosse journée pour lui, en sa qualité de vidéoblogueur officiel du Web3. Et il remet ça dès l'aube le pauvre, alors que Daniel, Eddy et moi décidons de nous offrir une petite grasse matinée et d'arriver au Web3 quand nous. Ces jeunes, ça tient pas la distance.
Mercredi matin, Web3, deuxième journée, Zlio et Last.fmMatinée en roue libre, entre interviews et bavardages.
Jérémie me raconte les déboires de Zlio avec le bac à sable de Google. Terrible comme une grande partie de l'économie du web peut être dépendante des règles (à géométrie variable) de Google.
Longue discussion avec Grégory de
Last.fm. Grégory a fait ses études à Lyon (EM). C'est donc un bon, forcément.
Mercredi matin, j'ai joué avec LA Blog Machine !Je discute donc avec Grégory de Last.fm quand mon regard est irrésistiblement attiré depuis de longues minutes par mon voisin de pouf, qui bosse tranquille sur un minuscule PC portable blanc posé sur ses genoux. Vu l'impression de qualité extérieure qui se dégage de l'engin de couleur blanche, je pense d'abord à un MacBook. Puis il me semble reconnaître un truc déjà vu récemment. Oui, le gars a un
EEE PC d'Asus ! Je m'incruste comme un sale goujat sur son pouf pour avoir confirmation :
"Excuse-moi (je tutoie tout le monde au Web3), c'est le EEE PC n'est-ce pas ?". Lui, peinard :
"...et toi tu es Presse-citron, n'est-ce pas ?". Les présentations etaient faites. Grâce à
Yann, que je remercie encore, j'ai pu jouer quelques minutes avec le EEE PC, qu'il a commandé en Asie, et je confirme :
c'est une pure tuerie.
Moi qui hésitais entre ça et la Nokia N810 en Blog Machine, mon choix est fait et vite fait : ce sera le EEE PC. Pas photo.
D'autant plus que j'ai pu comparer : Nokia mettait à disposition une partie de sa gamme aux participants du Web3 pendant les deux jours. J'ai donc eu tout le temps d'utiliser et
tester une N810 et je n'ai pas été convaincu : le clavier physique n'apporte rien tant son ergonomie laisse à désirer, et le navigateur web souffre trop de la comparaison avec celui de l'iPhone maintenant.
Longues discussions avec Otto alias
Chauffeur de Buzz et Nicolas de
eMob.
Otto prodigue généreusement ses conseils sur le référencement. Il est le deuxième après Ouriel à me dire des choses qui me font sérieusement réfléchir sur mes prochaines orientations professionnelles...
Otto est un gars étonnant : il défonce tout le monde en matière de trafic sur internet, et tient parrallèlement à cela un discours assez généreux sur les affaires, discours qu'il met en application en tirant profit de sa réussite pour aider les autres. En fait, il s'amuse. Et ça marche.
Thierry Bézier rattrape son retard. C'est vrai, hier il n'a vidéoblogué que 987 participants. Il lui en reste 800 à shooter et le Web3 est presque plié. Alors qu'hier il était peu plié (hahaha).
Mercredi, déjeuner.Voir Mardi, même heure même endroit.
Burp.
Mercredi après-midi, l'entreprise c'est simple...Discussion avec Stéphane de
Simple Entrepreneur et futurement Loomiz. Stéphane est un titan du développement et un perfectionniste maniaque. Il le sait, et sait aussi que cela peut être contre-productif quand il s'agit de se jeter à l'eau. L'entrepreneur individuel en quête de la perfection n'est-il pas son pire ennemi ? J'en sais quelque-chose, et pourtant je suis bien moins rigoureux qu'un gars comme Stéphane.
Time to action !
Mercredi après-midi, le Presse-citron cause des nuits blanches au Standblog."Ah salut, ravi de te rencontrer. Tu sais qu'à cause de toi je dors plus la nuit ?" Ah bon, et pourquoi donc ?
"Depuis que j'ai vu que tu faisais plus de 3000 euros de revenus publicitaire par mois avec Presse-citron, je me dis arrrghhhh, je suis con de pas faire de pub sur le Standblog !!!"Mais non
Tristan, faut pas regretter : tu te ferais massacrer par tes lecteurs, et de toute façon aucun ne cliquerait sur tes bannières. Déjà que moi j'ai du mal. Alors t'imagines avec les fidèles du Standblog. Oublie la pub Tristan, c'est pas une bonne idée pour payer ton nouvel appart.
La discussion file ensuite sur la prestation de Philippe Starck.
Laurent Gloaguen, qui vient de rejoindre le petit groupe, n'a pas apprécié sa prestation.
Vous ne trouvez pas qu'il y a un truc bizarre dans la phrase ci-dessus ? Oui, non seulement je cite Laurent et je fais un lien vers son oeuvre, mais en plus
nous avons réussi à nous cotoyer à moins de deux mètres sans nous foutre sur la gueule. Et même à échanger un presque-regard. On progresse. L'effet Nitot probablement, et son enthousiame rigolard et chaleureux, très communicatifs.
Un bon petit moment, en tout cas pour moi. Peut-être que Mister Gloaguen dira l'inverse (un moment insoutenable ? :-))
Marc Thouvenin de
Wikio me fait une démo des pages perso Wikio. Intéressant, j'en reparlerai.
J'en profite pour prendre des nouvelles de Pierre Chappaz car je réalise soudainement que je ne l'ai pas vu. Il est grippé et ne viendra pas.
Thierry Bézier interviewe une autre victime. Je passe dans le champ, tel Hitchcock dans ses fameux
cameos. Sauf que c'est pas moi le metteur en scène. Thierry me dit que je fais ça à chaque fois. Je sais, je suis lourd mais je ne le fais pas exprès.
Mercredi soir. Lyon 3 - Glasgow 0Nous quittons le Web3 en fin d'après-midi sur les chapeaux de roues avec Daniel pour ne pas rater notre TGV.
Groggys mais satisfaits de ces deux jours, quoiqu'on en dise.
Arrivée à Lyon, le temps de récupérer mon kid à son entraînement de foot et directon Canal + pour un Glasgow-Lyon de folie qui clôture de la meilleure manière ces deux jours électriques.
Thierry Bézier n'a pas filmé les buts.
Ce que j'ai pensé du Web3 ?En premier lieu, c'était plus calme et moins show-off que l'année dernière, avec toutes ces polémiques autour des hommes politiques.
Sauf sur quelques sujets, les conférences, panels et autres keynotes ne me passionnent pas, c'est pourquoi j'ai passé la majeure partie de mon temps off. C'est là que ça se passe à mon avis, et les rencontres sont pour la plupart intéressantes, y compris pour les collectionneurs de cartes de visite.
Ce type de conférence permet de rompre l'isolement du blogueur solitaire, de confronter des idées et des points de vue, autrement que par Skype ou Twitter, de sympathiser avec des gens qui n'ont pas forcément beaucoup de points communs entre eux.
En fait le Web3 me rappelle un peu ces festivals rock (d'où le titre de cet article que j'arrive enfin à justifier) où l'ambiance et ce qui se passe hors scène, dans le public, sont aussi intéressants que les stars qui défilent sur le podium, cette espèce de fourmilière qui rassemble des petits bouts de vie venues d'horizons complètement différents.
C'est ça le truc : je n'ai pas de start-up, je n'ai rien à vendre, rien à acheter, rien à défendre, je ne suis pas bon public pour les panels, mais je viens au Web3 pour observer, discuter de la pluie et du beau temps avec des gens que je ne connais en général que par réseaux sociaux et internet.
Et ça me va.
En un mot, réseauter sur une passion commune : le web.
Sur l'organisation, c'était nickel, à part quelques problèmes ponctuels de connexion Wifi, et rien que pour ça, on ne peut que saluer le travail énorme accompli par les organisateurs, et bien sûr remercier
Loïc et Géraldine Le Meur.
Maintenant j'ai rencontré tellement de monde qu'il serait difficile de citer tout le monde, que ceux que j'ai oubliés me pardonnent ou me maudissent jusqu'à la 7ème génération.
En fait le Web3 est une île de vraie vie dans un océan virtuel.
C'est pas de la formule ça ?
