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Reparlons de l'euthanasie. Comme le dit le bloggueur la voix dans le désert chez le Grand Charles en commentaire d'une intervention de Zemmour, tout cela donne "la désagréable impression d’un combat perdu d’avance". Revenons toutefois sur ce sujet fondamental.
J'ai trop de respect pour la souffrance des personnes et des familles pour entrer dans des considérations "personnalisées" comme peut le faire une Christine Boutin, je me contenterais du seul sujet légitime : la question de droit, en lien avec la place de l'Etat dans nos vies, et les libertés de la personne, qui sont les fondements de l'Etat de droit libéral moderne.
Qu'est-ce donc que ce "droit à mourir" ? Aurions-nous besoin de l'aval de l'Etat pour choisir notre mort ? La génération des soixante-huitards qui a prétendu rejeter toutes les formes d'autorité aurait besoin d'un petit papier pour quitter ce monde ? Alors quoi, les libertés ne seraient reconnues que par la Loi ? Curieux retournement. Il me semblait au contraire que la Loi dans un système libéral fixait seulement les "limites de la liberté", et non la liberté elle-même.
Il ne s'agit pas, contrairement à la propagande des hystériques comme Mr. de Closets dans l'émission citée ci-dessus, du "droit à choisir sa mort". L'euthanasie, telle que la réclament ses promoteurs, est en réalité le "droit de tuer légalement" accordé à certaines professions, sur la base d'une preuve et de témoins crédibles. Pour la première fois depuis l'abolition de la peine capitale, le droit de donner la mort sans conséquences légales sera établi, sur la simple présentation d'un papier signé par une personne en situation de détresse, et contresigné par le premier témoin venu.
Or, si l'on veut bien s'extraire un instant du barrage émotionnel déployé dans les médias quasi-unanimes par les lobbies pro-euthanasie, on ne peut que reculer d'effroi devant les conséquences d'une telle loi. Comment ne pas craindre que la "preuve du consentement" ne devienne l'objet de pression, de trafic. Cas exceptionnel, certes, mais qui sera possible et ouvrira ainsi une brèche dans notre système judiciaire. Car l'euthanasie ne concernera pas que des malades en fin de vie. Pour preuve, ce dramatique cas réel qui s'est déroulé en Suisse, où la "mort citoyenne" est légale :
En février 2002 déjà , elle n’hésitait pas à “suicider†un frère et une sœur français, âgés d’à peine 29 et 32 ans, schizophrènes tous les deux. Pour Dignitas, le fait qu’ils soient seuls dans la vie, sans parents pour les aider, justifiait un suicide.
Posons donc sans hypocrisie la question : en quoi est-il nécessaire, au regard de ces graves interrogations, de légaliser ce "droit de donner la mort", étendus aux professions médicales comme aux tribunaux ou aux familles. En quoi le système médical actuel, suffisamment souple, ou le bon vieux suicide, ne répondent-ils pas aux craintes qu'expriment légitimement les français lorsqu'on les interroge, mais qu'utilisent les lobbies pour avancer un agenda de destruction de l'état de droit ?
Comme le pose avec intelligence Le bal des dégueulasses "On vit dans un monde formidable où toutes les lois protégéant les faibles des forts sont progressivement abolies". Au nom de l' humanisme, par dessus le marché ...
Voila un blog qui me fait bien rire, mais qui ne plaira peut être pas à tout le monde. Dans la veine de "Pour un autre monde", voici le blog Alter-sexualité. (via le grand Charles)
Plus sérieusement, il me souvient d'un documentaire très sérieux sur Canal+ qui voulait nous démontrer la "normalité" (le mot ne veut plus rien dire, je sais) de l'homosexualité par le truchement de sympathiques bestioles elles-même homosexuelles. "Ca n'est pas contre-nature, puisque même les animaux le font". Or, qui n'a pas vu un jour dans Vidéo gag que la sexualité déviante existait même entre des espèces dépourvues de tout rapport ? Chose, évidemment, que le documentaire de Canal+ se gardait bien d'évoquer.
Voila pourquoi je reste fondamentalement américanophile, et optimiste sur les Etats-Unis. Malgré tous leurs torts, les américains ont la capacité et la liberté de générer les anticorps pour lutter contre leur propre bêtise. Contrairement à l'Europe, et la France en premier lieu, où il semble que toutes les dérives et les stupidités du progressisme doivent absolument être poussées à l'extrême avant de tolérer un discours critique.
(vue sur le Grand Charles via Rives Droites)