Les blogs ne sont pas forcément, contrairement aux dires de leurs détracteurs ignorants, des lieux où l'on étale sa vie privée, mais il arrive que celle-ci soit affectée par la marche -pas toujours vers l'avant- de l'Histoire universelle.
Ce midi, votre serviteur est allé à la Cafet'U de son campus -évidemment fermée pour cause de grève des fonctionnaires- et y a assisté à un affrontement verbal entre "bloqueurs", peu nombreux -c'est le lot des minorités agissantes que d'être illégitimes- et ECB (Étudiants Contre les Blocages), qui avaient enfin réussi à se mobiliser.
Les slogans des "bloqueurs", qui appelaient à une "convergence des luttes" au nom de la "solidarité des étudiants et des travailleurs" contre le "libéralisme" -toujours un gros mot en France- et le "fascisme" -quel "fascisme", celui du Front national qui réglait le week-end dernier les détails de ses obsèques, à Bordeaux ?-, avaient le mérite, sinon d'être intelligents, du moins d'être audibles et plutôt énergiques.
À l'inverse, les slogans des "antibloqueurs" étaient assez ternes. Quand la droite parviendra-t-elle à politiser ses jeunes troupes pour faire pièce au monopole de la jeunesse par la gauche ? Combien d'enfants de la gauche convertis à la droite, comme votre ami rédacteur, faudra-t-il pour insuffler à la jeunesse de droite des idéaux politiques, une volonté militante et une conscience collective ? La droite ne pourra conquérir les coeurs si elle ne se préoccupe pas d'abord de conquérir les cerveaux. En abandonnant l'éducation et le journalisme à la gauche, les jeunes de droite s'empêchent de réellement peser sur l'évolution des mentalités. Devenir ingénieur, avocat, médecin, c'est bien -cela paie d'ailleurs sensiblement mieux qu'enseignant ou journaliste- mais aucun de ces métiers ne permet de formuler une vision du monde.
Pour que la droite puisse transformer ses succès purement électoraux en succès sociaux, culturels -et donc politiques au sens général du terme-, il faut que davantage d'enfants de la droite deviennent professeurs et journalistes, car ce sont les médias et l'école (du primaire au supérieur) qui sont les creusets des idées d'aujourd'hui, des succès de demain et des réalisations d'après-demain. La droite a beau jeu de crier au "terrorisme intellectuel", à la "dictature de la pensée unique", à la "bien-pensance dominante", au "règne du politiquement correct", elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Son conformisme du "bon sens", dont un lecteur me disait un jour qu'il est à la droite ce que l'égalitarisme et l'"antiracisme" sont à la gauche, l'a privée de l'utopie, qui seule donne du sens à l'action politique.
Tant que la droite gagnera des élections pour ses seules capacités gestionnaires, elle sera réduite à transcrire dans les faits les idées que l'irréalisme de la gauche rend impossibles à mettre en oeuvre. Il ne suffit pas, pour que la droite sorte de son complexe d'infériorité intellectuelle -que le débat Mitterrand-Chirac de 1988 avait parfaitement illustré-, que la droite se définisse comme telle, ce qu'a fait Nicolas Sarkozy. Il faut également que la droite accepte, au sein de sa jeunesse, d'investir les champs éducatif et médiatique. Cela ne signifie pas, bien sûr, qu'il n'y ait pas déjà d'éminents professeurs et journalistes de droite, dont
certains sont d'ailleurs jeunes. Mais, minoritaires dans leurs professions, ils peinent à y défendre leur vision du monde. À part dans les médias explicitement de droite -peu nombreux-, quel journaliste, dans une rédaction, osera s'
avouer de droite ?
Et dans les collèges et lycées, où la très grande majorité des enseignants -privé compris- est de gauche, quel professeur d'histoire-géographie ou de sciences économiques et sociales de droite aura assez d'empire pour infirmer les contre-vérités assénées, notamment en histoire, par ses collègues de gauche ?
À l'Université, soit après l'éveil politique des élèves -qui commence au lycée, voire au collège, lorsque les mineurs trépignent de ne pouvoir voter comme leurs aînés-, le problème est plus subtil : il s'est opéré, comme par exemple à Lyon où l'Université Lumière-Lyon II est de gauche et l'Université Jean-Moulin-Lyon III de droite, un véritable "Yalta" des disciplines, la gauche dominant les lettres et les humanités, tandis que la droite a la mainmise sur les disciplines juridiques et économiques.
Ce qui donnera, pour ceux qui réussiront à trouver du travail après leur cursus universitaire -à quand
l'indispensable sélection à l'entrée, qui donnera par la rareté leur valeur aux diplômes ?-, de bons cadres dans les entreprises de droite, mais très peu d'enseignants à l'inverse.
Il n'y a sans doute pas grand-chose de plus à dire pour exhorter les jeunes de droite à s'engager massivement dans les carrières de l'enseignement et du journalisme, non seulement pour y porter leurs idées, leurs idéaux, mais également pour qu'y soit possible un réel pluralisme, nécessaire contre le conformisme scolaire et médiatique, qui est assez bien illustré par cette affiche de l'UNEF, méprisable par sa grossièreté, son irrespect et surtout par l'inculture manifeste de ses auteurs.
"Priorité à l'éducation"... mais pas à l'érudition apparemment.Roman B.
Les blogs ne sont pas forcément, contrairement aux dires de leurs détracteurs ignorants, un lieu où l'on étale sa vie privée, mais il arrive que celle-ci soit affectée par la marche -pas toujours vers l'avant- de l'Histoire universelle.
Ce midi, votre serviteur est allé à la Cafet'U de son campus -évidemment fermée pour cause de grève des fonctionnaires- et y a assisté à un affrontement verbal entre "bloqueurs", peu nombreux -c'est le lot des minorités agissantes que d'être illégitimes- et ECB (Étudiants Contre les Blocages), qui avaient enfin réussi à se mobiliser.
Les slogans des "bloqueurs", qui appelaient à une "convergence des luttes" au nom de la "solidarité des étudiants et des travailleurs" contre le "libéralisme" -toujours un gros mot en France- et le "fascisme" -quel "fascisme", celui du Front national qui réglait le week-end dernier les détails de ses obsèques, à Bordeaux ?-, avaient le mérite, sinon d'être intelligents, du moins d'être audibles et plutôt énergiques.
À l'inverse, les slogans des "antibloqueurs" étaient assez ternes. Quand la droite parviendra-t-elle à politiser ses jeunes troupes pour faire pièce au monopole de la jeunesse par la gauche ? Combien d'enfants de la gauche convertis à la droite, comme votre ami rédacteur, faudra-t-il pour insuffler à la jeunesse de droite des idéaux politiques, une volonté militante et une conscience collective ? La droite ne pourra conquérir les coeurs si elle ne se préoccupe pas d'abord de conquérir les cerveaux. En abandonnant l'éducation et le journalisme à la gauche, les jeunes de droite s'empêchent de réellement peser sur l'évolution des mentalités. Devenir ingénieur, avocat, médecin, c'est bien -cela paie d'ailleurs sensiblement mieux qu'enseignant ou journaliste- mais aucun de ces métiers ne permet de formuler une vision du monde.
Pour que la droite puisse transformer ses succès purement électoraux en succès sociaux, culturels -et donc politiques au sens général du terme-, il faut que davantage d'enfants de la droite deviennent professeurs et journalistes, car ce sont les médias et l'école (du primaire au supérieur) qui sont les creusets des idées d'aujourd'hui, des succès de demain et des réalisations d'après-demain. La droite a beau jeu de crier au "terrorisme intellectuel", à la "dictature de la pensée unique", à la "bien-pensance dominante", au "règne du politiquement correct", elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Son conformisme du "bon sens", dont un lecteur me disait un jour qu'il est à la droite ce que l'égalitarisme et l'"antiracisme" sont à la gauche, l'a privée de l'utopie, qui seule donne du sens à l'action politique.
Tant que la droite gagnera des élections pour ses seules capacités gestionnaires, elle sera réduite à transcrire dans les faits les idées que l'irréalisme de la gauche rend impossibles à mettre en oeuvre. Il ne suffit pas, pour que la droite sorte de son complexe d'infériorité intellectuelle -que le débat Mitterrand-Chirac de 1988 avait parfaitement illustré-, que la droite se définisse comme telle, ce qu'a fait Nicolas Sarkozy. Il faut également que la droite accepte, au sein de sa jeunesse, d'investir les champs éducatif et médiatique. Cela ne signifie pas, bien sûr, qu'il n'y ait pas déjà d'éminents professeurs et journalistes de droite, dont
certains sont d'ailleurs jeunes. Mais, minoritaires dans leurs professions, ils peinent à y défendre leur vision du monde. À part dans les médias explicitement de droite -peu nombreux-, quel journaliste, dans une rédaction, osera s'
avouer de droite ?
Et dans les collèges et lycées, où la très grande majorité des enseignants -privé compris- est de gauche, quel professeur d'histoire-géographie ou de sciences économiques et sociales de droite aura assez d'empire pour infirmer les contre-vérités assénées, notamment en histoire, par ses collègues de gauche ?
À l'Université, soit après l'éveil politique des élèves -qui commence au lycée, voire au collège, lorsque les mineurs trépignent de ne pouvoir voter comme leurs aînés-, le problème est plus subtil : il s'est opéré, comme par exemple à Lyon où l'Université Lumière-Lyon II est de gauche et l'Université Jean-Moulin-Lyon III de droite, un véritable "Yalta" des disciplines, la gauche dominant les lettres et les humanités, tandis que la droite a la mainmise sur les disciplines juridiques et économiques.
Ce qui donnera, pour ceux qui réussiront à trouver du travail après leur cursus universitaire -à quand
l'indispensable sélection à l'entrée, qui donnera par la rareté leur valeur aux diplômes ?-, de bons cadres dans les entreprises de droite, mais très peu d'enseignants à l'inverse.
Il n'y a sans doute pas grand-chose de plus à dire pour exhorter les jeunes de droite à s'engager massivement dans les carrières de l'enseignement et du journalisme, non seulement pour y porter leurs idées, leurs idéaux, mais également pour qu'y soit possible un réel pluralisme, nécessaire contre le conformisme scolaire et médiatique, qui est assez bien illustré par cette affiche de l'UNEF, méprisable par sa grossièreté, son irrespect et surtout par l'inculture manifeste de ses auteurs.
"Priorité à l'éducation"... mais pas à l'érudition apparemment.Roman B.

Carnet de campagne de F. Hollande n°21
envoyé par PartiSocialiste
Carnet de campagne de François Hollande n°21
François Hollande tient un nouveau carnet de campagne, à 18 jours du premier tour des élections législatives. Au sommaire de ce numéro :
-la tonalité de la campagne législative
-la mixité et la diversité des candidats socialistes
-les réunions de campagne de l’UMP à Matignon
-les promesses de N. Sarkozy à EADS
-le meeting de Bordeaux, ce 23 mai
-la “lucidité politique” de P. Douste-Blazy
-le rassemblement du PS autour de la campagne législative