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Magdi Allam »

Magdi Allam, l’ami d’Israël venu d’Egypte



Le journaliste Magdi Allam,




rédacteur en chef adjoint du
"Corriere della Sera"






Le quotidien israélien « Haaretz » avait trouvé un titre plus percutant pour sa longue interview, publiée le 2 juillet et consacrée à cette personnalité auquel j’essayerai ici, modestement, de rendre hommage à mon tour : « Musulman, Italien et Sioniste » ... On pourra lire l’article intégral (en anglais, bien sûr) en allant sur ce lien. Et j’en publie ici quelques extraits, en traduction libre.
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Agé de 55 ans, cet Egyptien d’origine est devenu un citoyen italien, ayant brillamment réussi dans le journalisme puisqu’il est le rédacteur en chef adjoint du « Corriere della Sera ». On parle beaucoup de lui depuis la parution de son livre « Viva Israele » qui est très vite devenu un best seller en Italie (à noter entre parenthèses que ce succès traduit aussi - mais il faudra y revenir -, ce que des sondages d’opinion transnationaux traduisent bien, à savoir le maintien relatif de l’image de l’état juif chez nos amis italiens, contrairement par exemple à l’Espagne ou au Royaume Uni, où cette image est désastreuse).

Magdi Allam n’écrit pas, dans le fond, de choses extraordinaires dans son ouvrage, mais certaines évidences deviennent dures à exprimer : premièrement, Israël a le droit d’exister ; deuxièmement, le déni de ce droit est lié à la « culture de la mort », véhiculée par l’islam fondamentaliste, et cette « culture de la mort » a conduit à nier la sanctification de la vie ; troisièmement et en conséquence, Israël est devenu un « paramètre éthique » qui sépare les amoureux de la civilisation et ceux qui prêchent une idéologie de mort ; quatrièmement - et le journaliste tient à en convaincre ses lecteurs - cette culture haineuse et morbide n’est pas inscrite dans « l’ADN de l’islam » !

La trajectoire personnelle de Magdi Allam rend encore plus remarquable de telles prises de positions, qui lui valent aujourd’hui une condamnation à mort de la part du Hamas ... « Le Sionisme était pour moi un mot grossier pendant de longues années », dit-il dans son livre. Longtemps, il a considéré Israël comme une entité raciste, colonialiste, immorale, et il a accepté les méthodes terroristes de l’OLP d’Arafat. Venu en Italie très jeune (en 1972), il a participé à d’innombrables manifestations pour la cause palestinienne. Ce fut au bout d’une longue et douloureuse réflexion qu’il est arrivé à la conclusion que c’est le long refus arabe de tout compromis qui avait, au final, fait le plus de mal aux Palestiniens ; et aussi que Arafat était un tyran mégalomane, corrompu et corrupteur. Magdi Allam voit dans le paysage ravagé de la Palestine d’aujourd’hui la preuve du manque total de clairvoyance des Américains qui ont laissé le Hamas, organisation terroriste, participer aux élections puis les gagner, avec l’illusion qu’il deviendrait un parti politique comme les autres ... Allant plus loin, il pense qu’Israël a eu tort de se retirer du Sud Liban puis de Gaza, car le problème n’est pas une question de territoires mais un défi existentiel - les Arabes refusant, encore et en majorité, son droit de vivre !

Dans son livre, le journaliste raconte aussi le traumatisme de la défaite arabe de 1967, qui a marqué la fin du panarabisme et la montée de l’islamisme. Il consacre trois chapitres à cette guerre, et à ses souvenirs d’adolescent dans les rues du Caire, qui était encore une ville pluraliste et relativement tolérante. Il fut arrêté par les « Muhabarat » (services secrets), en raison d’une romance avec une jeune fille juive - le premier vrai amour de sa vie ! Magdi Allam raconte aussi combien l’Egypte, qu’il a du fuir en 1972, lui manque et comment, hélas, le pays qu’il avait connu - celui des nouvelles de Naguib Mahfouz, des films de Youssef Shahin et des chansons d’Oum Kalsoum - n’existe plus. Il dit aussi ses craintes devant les réseaux islamistes en Europe, qui prolifèrent sous le manteau du « pluriculturalisme », et qui commencent à répandre la terreur, de Londres à Madrid en passant par Amsterdam.

« Pourquoi n’entend-on pas la voix des Musulmans modérés ? » lui demande le journaliste du « Haaretz ». « Parce qu’ils ont peur. Ils sont une minorité et ils ont peur », répond-il. « Mais ne vous faite pas d’illusions : même ces modérés qui condamnent le terrorisme islamiste pensent qu’il y a une « bonne terreur » qui massacre les Israéliens ».

Des paroles terribles. Comme lorsqu’il évoque les menaces de l’Iran, et qu’il dit - et qui a le courage de parler ainsi, même parmi nos amis non musulmans ? - « j’espère qu’un jour Israël capturera Ahamadinejad et le forcera à passer le restant de ses jours entre les Murs du Yad Vashem ».
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J’ai voulu compléter cette recension d’article par deux informations glanées en « surfant » sur le Web, et qui confirment combien Magdi Allam est une personnalité musulmane exceptionnelle.
Tout d’abord il a écrit un article très courageux, dans le « Corriere della Sera » à propos du film documentaire de Pierre Rehov, « L’exode silencieux », consacré à la disparition des communautés juives du monde arabe (lire en lien), un article à nouveau en anglais. Il écrit notamment ceci :
"En fait, ce film démontre que l’antisémitisme et les pogroms contre les Juifs du Moyen-Orient ont précédé la naissance de l’état d’Israël et l’avènement des idéologies pan arabiste et pan islamiste ; que la haine et la violence contre les Juifs ont pu venir d’une interprétation idéologique du Coran et de la vie du prophète Mahomet, lus hors contexte".
Ensuite, Magdi Allam n’est pas seulement un ami des Juifs, mais aussi un enfant du Moyen Orient effaré par la montée de l’intolérance contre les minorités, en particulier contre les Chrétiens qui aujourd’hui vivent un autre « exode silencieux » dans l’indifférence du Monde ... on ne sera pas donc étonné de lire sur le site cyberpresse canada en lien, qu’il a organisé une grande manifestation en leur faveur, à Rome le 4 juillet. Manifestation à laquelle participait aussi (et c’est tout à son honneur), le Grand Rabbin Ricardo Di Segni.


http://rencontrejfm.blogspot.com/

jeuxgains - | il y a 360 jours | citations : 0

65e anniversaire de la rafle du Vel d?Hiv: Retour sur la sentimentalisation chiraquienne de la Shoah (Chirac?s sentimentalization of the Holocaust) »

Monument Rafle du vel d'Hiv

Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis. Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police. (…) La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. Jacques Chirac (le 16 juillet 1995)

En ce 65e anniversaire de la rafle du Vel d?Hiv où en deux jours, on s?en souvient, la police française arrêta, pour le compte de la Gestapo et en vue de les envoyer dans les camps de la mort polonais, 12,884 juifs (réfugiés allemands, autrichiens, polonais, tchèques, russes et indéterminés) dont 4,051 enfants (non exigés par les Allemands) et 5,082 femmes sur un total, pour toute la guerre, de 76 000 ?

Retour sur une autre exposition d?il y a 15 ans évoquée par son organisateur et aujourd?hui anilmateur de l?émission “Rencontre” sur la radio Judaïques F.M mais aussi du site rencontrejudaïquesfm Jean Corcos.

Et surtout sur “la grande illusion” qu?il eut alors l?occasion de rencontrer et qui devait marquer l?histoire de France par la reconnaissance officielle ? 53 ans après - de la responsabilité directe de la police et de l?Etat français dans ladite rafle, mais aussi par une sentimentalisation de la Shoah dont nous n’avons pas fini de payer les conséquences, un certain? Jacques Chirac.

Au delà des amitiés douteuses ou des intérêts, j’y vois surtout le Chirac sentimental, celui qui prend par instinct la défense de ceux qu’il estime les plus faibles : pauvres persécutés de la Shoah, honorés à titre posthume comme ils le méritaient, certes ; mais aussi, “pauvres Palestiniens”, jugés plus sympathiques que les Israéliens, les “Goliath” d’aujourd’hui …

Jacques Chirac, ou “la grande illusion”
Jean Corcos
Rencontre/judaïques FM

C’était il y a un peu plus de quinze ans (que le temps passe vite !).

Les deux personnages (en ne parlant pas de la responsable des activités culturelles de l’Hôtel de Ville de Paris photographiée à la gauche du Maire de l’époque, et dont j’ai malheureusement oublié le nom) sont donc, notre ex-Président - même pas sexagénaire à l’époque - et, sur la photo du dessus … votre serviteur, lui aussi beaucoup plus jeune : vous avez compris que je vais, enfin, vous parler du contact personnel que j’ai eu avec Jacques Chirac, ce contact évoqué à plusieurs reprises sur ce blog ; et dont je ne voulais pas parler, par pudeur tant qu’il était encore à la tête de l’Etat - mais que je peux faire tranquillement aujourd’hui, deux mois après son départ de l’Elysée.

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C’est alors que je découvris la distance (pour faire court) qui séparait Serge Klarsfeld du Chef de l’Etat de l’époque, François Mitterrand. Cinq ans avant que cette fin de règne ne soit éclaboussée par les révélations sur son passé “très à droite”, son début de carrière à Vichy et surtout ses fidélités coupables envers le personnel politique de cette époque - au premier rang son ami René Bousquet, organisateur de la rafle du Vel d’Hiv -, je découvris donc que l’appui d’un ministère voire même de la Présidence de la République n’était ni possible, ni moralement tenable pour un tel projet. En substance, je découvris alors - et avec plusieurs années d’avance également, car le fameux discours du “Vel d’Hiv” de Jacques Chirac devait être prononcé juste après son élection, soit en juillet 1995 - que le leader le plus sensible au drame de la Shoah, le seul qui croyait nécessaire son enseignement en France … était le Maire de Paris - “le plus courageux des hommes politiques français sur le sujet”, comme devait le dire publiquement Serge Klarsfeld !

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… les quarante mille visiteurs qui se sont pressés dans les salons de l’Hôtel de Ville pendant les quelques semaines de l’expo furent la plus belle des récompenses ! “Le Temps des Rafles” (idée de titre heureuse qui m’était venue) fit ensuite le tour de France pendant plusieurs années, et les visiteurs se comptèrent au final par centaines de milliers. Mais, au delà de l’oeuvre de Serge Klarsfeld et des F.F.D.J.F (”Fils et Filles des Déportés Juifs de France”) qui se voyait ainsi courronnée, au delà de l’hommage aux disparus de la Shoah cinquante ans exactement après le départ du premier convoi en mars 1942, au delà des émotions fantastiques que j’ai connues alors - et qui m’ont donné l’impression que l’on pouvait faire “bouger les choses” à force de volonté -, je peux l’avouer aujourd’hui, cette exposition me laisse un souvenir un peu amer, m’évoquant le titre d’un film fameux, “La grande illusion” …

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“Grande illusion”, car j’éprouvais alors une vraie admiration pour ce futur Chef de l’Etat, découvert (certes rapidement) à l’occasion de la réunion où il accepta de permettre cette grande exposition, lors d’une réception accordée à des responsables de la communauté dont le Président du CRIF de l’époque, Jean Kahn. Chaleureux, simple, direct. Réellement impliqué par notre projet, mettant tous les moyens de l’Hôtel de Ville à notre disposition, … comment ne pas lui en éprouver de la reconnaissance ? Comment ne pas être touché par ce Maire d’une grande capitale, ayant visité et revisité l’expo, et parfois même accompagné des lycéens en visite guidée ? Le Chirac de l’époque annonçait vraiment celui du discours du Vel d’Hiv. Hélas, il n’annonçait pas (mais cela n’a rien à voir) le bilan décevant qu’il laisserait après douze ans de règne. Mais surtout, il n’annonçait pas le Président bien hésitant au début des agressions antisémites de 2000 à 2002, lorsque la communauté juive allait se sentir désespérément seule. Les mesures prises ensuite, la réaction de la police et de la justice ont été incontestables lors de son second mandat - mais les Juifs ont plutôt éprouvé de la reconnaissance pour le Ministre de l’Intérieur, celui-là même qui vient d’entrer à l’Elysée …

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“Grande illusion”, aussi et hélas, devant la naïveté qu’il y avait, aussi, à oublier “Chirac d’Arabie”, le personnage évoqué ici dans des articles reprenant des extraits du livre féroce du même nom. N’insistons pas : au delà des amitiés douteuses ou des intérêts, j’y vois surtout le Chirac sentimental, celui qui prend par instinct la défense de ceux qu’il estime les plus faibles : pauvres persécutés de la Shoah, honorés à titre posthume comme ils le méritaient, certes ; mais aussi, “pauvres Palestiniens”, jugés plus sympathiques que les Israéliens, les “Goliath” d’aujourd’hui - avarie connue, qui explique l’absence presque totale d’empathie des Français, et au delà, hélas, de la majorité des Européens vis à vis de l’Etat juif dont on ne veut pas voir la fragilité. Jacques Chirac a fait passer, directement ou par ses réseaux de pouvoir ou d’information, la pire image qu’il soit de la partie du peuple juif indépendante dans son pays ; éclaboussant ainsi (même sans le vouloir), les Juifs d’ici, mal vus car refusant de hurler avec les loups : un splendide gâchis !

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Mais “grande illusion” surtout, et au delà de Chirac, face au “politiquement correct” français, cette gangue intellectuelle qui anesthésie toute réflexion et dont je désespère de la moindre évolution (malgré l’élection de Nicolas Sarkozy), tant elle est partagée à la fois par la Droite et par la Gauche. En gros, je pensais (cf. la photo du haut) que, en présentant des photos comme celle devant laquelle je posais, le public aurait la maturité de traduire le fameux “plus jamais cela” en : “faisons tout pour éviter de donner du pouvoir à d’autres nazis”. Pas seulement en refusant ses suffrages au Front National, par exemple, mais aussi en refusant de céder à d’autres menaces, sous d’autres couleurs … par exemple, le “nazislamisme”, négationniste et peut-être demain nucléaire de l’Iran. J’en doute beaucoup aujourd’hui, tant il parait difficile de faire reconnaitre en France des ennemis autres que l’Amérique, tellement haïe. Et puis, de façon plus directe, il y a eu une telle indifférence du public après les agressions physiques et morales dont ont a été abreuvée la minorité juive vivant ici, que je ne suis plus certain des vertus pédagogiques des expositions, livres et films innombrables produits sur la Shoah : verser quelques larmes en souvenir d’autres Juifs, ceux-là tués il y longtemps, ne coûte pas trop cher ; et dispense d’une vraie solidarité envers les Juifs menacés d’aujourd’hui.

jcdurbant | il y a 450 jours | citations : 4

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