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La tension monte chez ArcelorMittal à Gandrange en Moselle, aciérie destinée à la fermeture partielle qui doit entraîner la suppression de 575 emplois d'ici à 2009. La production du site est arrêtée depuis mardi matin 00 heure et des piquets de grève ont été mis en place aux différentes entrées de l'usine, selon la CGT.
"L'usine de Gandrange est stoppée par 30 à 40 personnes qui empêchent les autres travailleurs d'exercer leur liberté de travail", a affirmé Gonzalo Urquijo, membre de la direction générale, interrogé au cours de l'assemblée générale du groupe à Luxembourg.
Le mouvement de grève a été décidé après le refus de la direction d'ouvrir avant le 30 mai des négociations sur les conditions de reclassement des salariés dont les postes vont être supprimés. Ces salariés doivent être reclassés dans les usines d'ArcelorMittal à Schifflange au Luxembourg et Florange en Moselle, selon la direction.
La grève est déclenchée le jour où est rendue publique la décision de la cour d'appel de Metz concernant la régularité de la consultation du personnel sur la fermeture partielle de l'usine.
Le malheur des uns faisant souvent le bonheur des autres, le marché a apprécié les résultats et perspectives d'ArcelorMittal (source ici). Le titre prenait en effet 2.12% à 63.49 euros. Le chiffre d'affaires du numéro de l'acier a enregistré une forte croissance, de 22% sur la période, à 29,8 milliards de dollars. De son côté, le bénéfice net s'affiche en progression de 5%, à 2,37 milliards de dollars.
Qui peut croire encore que l'Etat peut agir sur la conduite des entreprises mondialisées.
Le discours de Gandrange par Nicolas Sarkozy aux salariés de Mittal en témoigne :
"Soit nous arrivons à convaincre Lakshmi Mittal (le président du groupe) et nous investirons avec lui, soit nous trouvons un repreneur et nous investirons avec lui."
Trois mois plus tard, le résultat est sans appel.
http://www.latribune.fr/info/-La-taxe-professionnelle-ne-doit-plus-frapper-l-investissement-
-~-ID649CDB20DEF8ED85C1257447003A55D5&RSS=1
Dans le collimateur de Mme Lagarde, parmi les niches fiscales jetées en pature au public d'une façon bêtement populiste, on trouve les dispositions favorable à l'entretien des monuments historiques privés.
D'après la Tribune :
Autre niche, le dispositif Malraux qui favorise, via une déductibilité d'impôt, les dépenses architecturales et paysagères dans les secteurs sauvegardés. Quelque 3.500 contribuables sont concernés, pour 50 millions d'euros. Dans un domaine voisin, les charges d'entretien engagées par les propriétaires de monuments historiques (30 millions d'euros prévus en 2008) pourraient voir leur régime de déductibilité se réduire.
On sait quelle situation dramatique traverse le patrimoine. Le plus exposé, le petit patrimoine, fond comme neige au soleil dans l'indifférence d'une population abêtie qui ne veut plus rien savoir et rejette sa propre culture comme une maladie. Le grand patrimoine voit ses crédits baisser, et les transferts financiers effectifs reportés sine die. Les coupes budgétaires indolores - celles pour qui personne ne manifestera et qui n'intéressent pas le gaucho-populisme de France 3, touchent également le patrimoine indirectement. Ainsi l'Armée occupe-t-elle plusieurs monuments historiques, dont certains sont laissés à l'abandon depuis plusieurs années en raison des coupes budgétaires.
Revenons à notre gouvernement. Nos pauvres ministres courent de fuites en déroutes, et d'effondrements en colmatage avec de la pate à modeler, comme ces personnages de dessin animé qui utilisent tous leurs doigts, et leur nez pour retarder l'inéluctable éclatement d'un barrage. Le Sénat, qui demeure encore à droite aujourd'hui, avait livré en 2006 un excellent rapport invitant l'Etat à tirer les conséquences de son désengagement du financement du patrimoine. Dans ce rapport, c'est le secteur privé qui était présenté comme la solution. On y lisait en proposition 10: " Préserver le dispositif fiscal lié à la « loi Malraux » en faveur des secteurs protégés". A l'époque, j'écrivais :
Sur le plan financier, le Sénat recommande de garantir un budget d'au moins 350 millions d'euros par an. Si cela vous parait une somme considérable, pensez donc le musée du Quai Branly (futur musée Jacques Chirac) a coûté précisément cette somme.
Le Sénat prend enfin la mesure d'une évidence : l'Etat est en route vers la défaillance (en d'autres termes la faillite) si les tendances actuelles des finances publiques persistent, et se trouve soumis à toujours plus de pressions (obligé dorénavant d'acheter la paix dans certains quartiers). ll n'est plus capable d'entretenir que les plus gros morceaux (pour combien de temps ?). C'est au secteur privé de faire le reste. Je ne dirais pas de prendre la relève, puisqu'historiquement c'est le secteur privé, et lui seul, qui a sauvé le patrimoine après la catastrophe de 1789, au cours du XIX ème s., et après la seconde guerre mondiale. 6 des 13 mesures du rapport sénatorial sont dédiées au soutien au secteur privé.
Pas de commentaires ... le gouvernement fait n'importe quoi. Et ne parlons même pas de ce populisme de foire qui consiste à pointer du doigt les propriétaires d'un château branlant ou d'un prieuré plein de fuites comme de vulgaires "salauds de riche". La droite la plus bête du monde ...
« Conseil de modernisation des politiques publiques ». L'appellation respire le bon sens. Qui ne souscrirait pas à la modernisation ? La réponse à cette question est simple : ceux qui s'y intéressent ! Car au vrai de quoi parlons nous ? D'une mascarade :
A commencer par la composition de ce prétendu « conseil » : il s'agit ni plus ni moins du gouvernement et de quelques obscurs satellites venus... de l'Elysée ou de Matignon ! En fait de « conseil », c'est le gouvernement qui vous parle. L'arnaque intellectuelle ne serait que de peu d'importance si elle ne cherchait à se parer de vertus d'indépendance qu'elle n'a pas. Elle prétend de surcroit s'appuyer sur des audits dont les buts avaient été fixés préalablement.
Mais surtout, le vocabulaire utilisé parle plus que les mesures elles-mêmes : A commencer par le titre « RGPP », Révision Générale des Politiques Publiques, dans lequel tout n'est que diminution, suppression, économie, taille dans les moyens, etc. On prétend faire mieux pour en vérité faire moins. Tout est dans cette fameuse phrase reprise ici, credo de Ségolène Royal pendant la campagne : « un euro dépensé doit être un euro utile ». Ou comment faire passer « moins de service » pour du « mieux géré ». Phrase à double entrée qui prétend être frappée au coin du bon sens (qui voudrait gâcher l'argent public ?...) quand en réalité il s'agit pour l'Etat de ne s'occuper que du strict minimum, de réduire ses prérogatives et offrir le service public au laisser-faire.
En espéranto libéral, cela porte le doux nom de R-E-F-O-R-M-E : 350 occurrences de ce mot dans le document détaillant les 166 mesures préconisées. Ce n'est plus de l'insistance, c'est du bégaiement ! En fait de réforme, répétons-le, il n'est pas utile d'en lire l'intégralité pour comprendre qu'il ne s'agit que de réduire le service public à sa plus simple expression, sous couvert de rationaliser, de M-O-D-E-R-N-I-S-E-R.
Moderniser ? 165 occurences dans ce même document. L'insistance est trop grosse pour qu'on puisse croire aux atours de ce mot. Et de fait, au fil des mesures détaillées, « moderniser » se traduit par exemple par :
La suppression d'emplois aidés : « Les contrats aidés seront limités aux seules personnes très éloignées de l’emploi[1] ». Aider moins les plus exclus, c'est cela la modernité.
Avant le soudain demi-tour de cette semaine, la suppression de la carte famille nombreuse qui était décidée, remplacée par de fumeuses réductions commerciales à l'appréciation de l'entreprise publique, le tout étant inscrit dans le catalogue des 166 mesures à la section... « développement durable » ![2] Aider moins les plus pauvres, c'est cela la modernité.
L'abaissement du plafond de ressources HLM de 10 % : Nicolas Sarkozy a appuyé la mesure, vendredi en déclarant vouloir limiter le nombre de Français pouvant prétendre à un logement HLM : « La part des ménages français pouvant prétendre à un logement HLM est de 70%" contre 60% il y a dix ans. Nous allons corriger cet effet pour éviter d'allonger inutilement la file d'attente des logements sociaux ». En clair : pour réduire une file d'attente et plutôt que de répondre aux demandes, on enlève des gens de la queue et on est fier d'annoncer une meilleure efficacité. En attendant, les classes moyennes qui souffrent déjà de loyers incroyablement élevés seront de moins en moins éligibles au parc social. Et la mixité sociale, par voie de conséquence en prend pour son grade. C'est aussi cela la modernité.
Dans la catégorie « un état tourné vers les usagers » on découvre (je n'invente rien !) : « il sera procédé à l’installation de sas biométriques automatiques dans les grands aéroports, permettant un meilleur accueil des voyageurs ». Définitivement, j'aime la modernité...
Sans oublier, nous l'avons appris il y a quelques mois, que supprimer des tribunaux dans les campagnes et enlever du service public dans les villages, c'est aussi moderniser.
Même effets sur les hôpitaux qui ne sont modernes que s'ils sont le plus loin possible des français les plus isolés. Il est vrai que demander à un vétérinaire, Gérard Larcher, un rapport sur la réforme des hôpitaux est un symbole explicite sur la façon dont on envisage les malades sous un gouvernement de droite...
Dans ce contexte, que penser de l'explosion du budget « Réceptions » au Ministère de Madame Rachida Dati dont la multiplication des petits fours coûte des centaines de milliers d'euros aux contribuables que ce gouvernement prétend défendre par des mesures anti-sociales de réduction des dépenses ?
Dans la même veine, les 206% d' augmentation de salaire que Nicolas Sarkozy s'est auto-attribué à son arrivée à l'Elysée prennent une saveur particulièrement amère.
La France, ce pays où les SMICards, les chômeurs les RMIstes et les malades paient pour les autres.
[1] A traduire en langage intelligible par "il faut se calmer sur les aides à ces fainéants de chômeurs."
[2] Petit rappel opportuns : nos amis chasseurs d'économies se vantent du fait que « La démarche repose sur la combinaison de l’audit et de la décision politique. Vingt-six équipes d’auditeurs, composées de fonctionnaires issus du corps d’inspections et de consultants privés, soit plus de 300 personnes, sont mobilisées. » Résultat ? A la première polémique venue, le travail implacable de nos experts infaillibles est remis en cause...

16/08/2007
C'est la première pierre du Conseil constitutionnel dans le jardin de l'Elysée. Dans un avis rendu ce jeudi, l'organe chargé de veiller à la conformité des textes législatifs à la constitution a censuré l'article 5 de la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat. Le "paquet fiscal" vient de s'alléger de l'une de ses mesures phares, au grand dam du gouvernement: celle qui porte sur la déductibilité des intérêts d'emprunts immobiliers. La mesure gouvernementale ne pourra porter que sur les nouveaux emprunts, pas sur ceux qui sont en cours.
Initialement, le groupe des députés socialistes avait uniquement soumis à l'examen du Conseil constitutionnel les articles 1 (sur les heures supplémentaires), 11 (sur le bouclier fiscal) et 16 (sur l'exonération d'ISF pour les investissements dans les PME) de la loi. Mais les sages du Palais Royal se sont également auto-saisis de l'article 5, qu'ils ont en grande partie vidé de sa substance.
Objectif: favoriser l'accession à la propriété
Comme le rappelle le Conseil dans un communiqué, l'article 5 institue "un crédit d'impôt sur le revenu à raison des intérêts payés au titre des cinq premières annuités de remboursement des prêts contractés pour l'acquisition ou la construction de l'habitation principale du contribuable". L'objectif de cette mesure était de favoriser l'accession à la propriété. Pendant la campagne électorale, le candidat Sarkozy avait aussi évoqué l'éventualité de l'appliquer aux propriétaires remboursant déjà un prêt immobilier. Une proposition très alléchante pour les jeunes ménages.
Aussitôt installé dans son fauteuil de ministre du budget, Eric Woerth avait pourtant cru bon de préciser que la mesure s'appliquerait seulement à tous les prêts contractés à partir du 6 mai, date de l'élection du président de la République. Fureur à l'Elysée, où pour la première fois, un ministre se permettait de remettre en cause la parole présidentielle...
"Rupture de l'égalité entre contribuables"
La semaine suivante, le 29 mai, dans un meeting de campagne pour les
législatives au Havre, le président Sarkozy remettait les pendules à
l'heure:
"Cette déduction, je l'ai promise et je la ferai. Parce que je veux une France de propriétaires. Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée, et cette déduction, comme je m'y suis engagé, s'appliquera à tous les emprunts en cours, comme il est naturel, normal et juste."
Les sages sont aujourd'hui formels: "Pour les prêts déjà accordés, disent-ils, le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition pour rupture de l'égalité entre contribuables."
Leur raisonnement: si le dispositif vise à favoriser l'accès à la propriété des "primo-acquérants", alors "il n'en va pas de même pour les prêts déjà accordés car, par définition, pour ceux-ci, le contribuable est déjà propriétaire de son habitation principale." Pire: "Il s'agit alors d'un soutien au pouvoir d'achat au bénéfice des seuls contribuables propriétaires de leur habitation principale. Son coût (7,7 milliards d'euros) fait supporter à l'Etat des charges manifestement hors de proportion avec l'effet incitatif attendu.
16/08/2007
C'est la première pierre du Conseil constitutionnel dans le jardin de l'Elysée. Dans un avis rendu ce jeudi, l'organe chargé de veiller à la conformité des textes législatifs à la constitution a censuré l'article 5 de la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat. Le "paquet fiscal" vient de s'alléger de l'une de ses mesures phares, au grand dam du gouvernement: celle qui porte sur la déductibilité des intérêts d'emprunts immobiliers. La mesure gouvernementale ne pourra porter que sur les nouveaux emprunts, pas sur ceux qui sont en cours.
Initialement, le groupe des députés socialistes avait uniquement soumis à l'examen du Conseil constitutionnel les articles 1 (sur les heures supplémentaires), 11 (sur le bouclier fiscal) et 16 (sur l'exonération d'ISF pour les investissements dans les PME) de la loi. Mais les sages du Palais Royal se sont également auto-saisis de l'article 5, qu'ils ont en grande partie vidé de sa substance.
Objectif: favoriser l'accession à la propriété
Comme le rappelle le Conseil dans un communiqué, l'article 5 institue "un crédit d'impôt sur le revenu à raison des intérêts payés au titre des cinq premières annuités de remboursement des prêts contractés pour l'acquisition ou la construction de l'habitation principale du contribuable". L'objectif de cette mesure était de favoriser l'accession à la propriété. Pendant la campagne électorale, le candidat Sarkozy avait aussi évoqué l'éventualité de l'appliquer aux propriétaires remboursant déjà un prêt immobilier. Une proposition très alléchante pour les jeunes ménages.
Aussitôt installé dans son fauteuil de ministre du budget, Eric Woerth avait pourtant cru bon de préciser que la mesure s'appliquerait seulement à tous les prêts contractés à partir du 6 mai, date de l'élection du président de la République. Fureur à l'Elysée, où pour la première fois, un ministre se permettait de remettre en cause la parole présidentielle...
"Rupture de l'égalité entre contribuables"
La semaine suivante, le 29 mai, dans un meeting de campagne pour les
législatives au Havre, le président Sarkozy remettait les pendules à
l'heure:
"Cette déduction, je l'ai promise et je la ferai. Parce que je veux une France de propriétaires. Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée, et cette déduction, comme je m'y suis engagé, s'appliquera à tous les emprunts en cours, comme il est naturel, normal et juste."
Les sages sont aujourd'hui formels: "Pour les prêts déjà accordés, disent-ils, le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition pour rupture de l'égalité entre contribuables."
Leur raisonnement: si le dispositif vise à favoriser l'accès à la propriété des "primo-acquérants", alors "il n'en va pas de même pour les prêts déjà accordés car, par définition, pour ceux-ci, le contribuable est déjà propriétaire de son habitation principale." Pire: "Il s'agit alors d'un soutien au pouvoir d'achat au bénéfice des seuls contribuables propriétaires de leur habitation principale. Son coût (7,7 milliards d'euros) fait supporter à l'Etat des charges manifestement hors de proportion avec l'effet incitatif attendu.
Le président Nicolas Sarkozy devrait confirmer ce mardi lors d’un déplacement dans le Gard consacré à l’emploi des “seniors” une revalorisation de l’ensemble des retraites au 1er septembre qui couvrira l’inflation en 2008, a-t-on appris lundi auprès de l’Elysée.
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16/08/2007
C'est la première pierre du Conseil constitutionnel dans le jardin de l'Elysée. Dans un avis rendu ce jeudi, l'organe chargé de veiller à la conformité des textes législatifs à la constitution a censuré l'article 5 de la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat. Le "paquet fiscal" vient de s'alléger de l'une de ses mesures phares, au grand dam du gouvernement: celle qui porte sur la déductibilité des intérêts d'emprunts immobiliers. La mesure gouvernementale ne pourra porter que sur les nouveaux emprunts, pas sur ceux qui sont en cours.
Initialement, le groupe des députés socialistes avait uniquement soumis à l'examen du Conseil constitutionnel les articles 1 (sur les heures supplémentaires), 11 (sur le bouclier fiscal) et 16 (sur l'exonération d'ISF pour les investissements dans les PME) de la loi. Mais les sages du Palais Royal se sont également auto-saisis de l'article 5, qu'ils ont en grande partie vidé de sa substance.
Objectif: favoriser l'accession à la propriété
Comme le rappelle le Conseil dans un communiqué, l'article 5 institue "un crédit d'impôt sur le revenu à raison des intérêts payés au titre des cinq premières annuités de remboursement des prêts contractés pour l'acquisition ou la construction de l'habitation principale du contribuable". L'objectif de cette mesure était de favoriser l'accession à la propriété. Pendant la campagne électorale, le candidat Sarkozy avait aussi évoqué l'éventualité de l'appliquer aux propriétaires remboursant déjà un prêt immobilier. Une proposition très alléchante pour les jeunes ménages.
Aussitôt installé dans son fauteuil de ministre du budget, Eric Woerth avait pourtant cru bon de préciser que la mesure s'appliquerait seulement à tous les prêts contractés à partir du 6 mai, date de l'élection du président de la République. Fureur à l'Elysée, où pour la première fois, un ministre se permettait de remettre en cause la parole présidentielle...
"Rupture de l'égalité entre contribuables"
La semaine suivante, le 29 mai, dans un meeting de campagne pour les
législatives au Havre, le président Sarkozy remettait les pendules à
l'heure:
"Cette déduction, je l'ai promise et je la ferai. Parce que je veux une France de propriétaires. Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée, et cette déduction, comme je m'y suis engagé, s'appliquera à tous les emprunts en cours, comme il est naturel, normal et juste."
Les sages sont aujourd'hui formels: "Pour les prêts déjà accordés, disent-ils, le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition pour rupture de l'égalité entre contribuables."
Leur raisonnement: si le dispositif vise à favoriser l'accès à la propriété des "primo-acquérants", alors "il n'en va pas de même pour les prêts déjà accordés car, par définition, pour ceux-ci, le contribuable est déjà propriétaire de son habitation principale." Pire: "Il s'agit alors d'un soutien au pouvoir d'achat au bénéfice des seuls contribuables propriétaires de leur habitation principale. Son coût (7,7 milliards d'euros) fait supporter à l'Etat des charges manifestement hors de proportion avec l'effet incitatif attendu.