Vous avez peut-être entendu parler du coup de sang de la journaliste américaine Mika Brzezinski, présentatrice d'une émission du matin sur la chaîne câblée américaine MSNBC, refusant il y a quelques jours d'ouvrir son journal sur la sortie de prison de Paris Hilton - on la comprend (1) - et s'engueulant en direct avec ses co-présentateurs. La vidéo est évidemment sortie sur le net et a fait un petit tour du monde.
Pour ma part c'est avant-hier via lemonde.fr que j'ai entendu parler de l'affaire - assez marrante, désespérante ou revigorante, au choix. Mais il y a une petite phrase dans cet article relatant l'affaire qui, je trouve, mérite une minute d'attention :
"Et une fois encore, un site de partage de vidéos en ligne a permis qu'il (le coup de sang) soit aussitôt et largement diffusé sur les écrans du monde : selon l'AFP, l'épisode aurait été vu quelque 870 000 fois sur YouTube."
Que veut nous dire Le Monde par là ? Autant que sur la "résistance" de la journaliste au système (saluable),
l'information mise en exergue est la capacité du net à diffuser une information - en l'occurrence, une vidéo.
Cet article, en substance, dit "comment le net a une nouvelle fois permis à une vidéo de faire le tour du monde". Donc c'est un article sur la puissance d'Internet. Et donc, ce qui m'amuse / m'interpelle / me fatigue, c'est ça :
"Selon l'AFP, l'épisode aurait été vu quelque 870 000 fois sur YouTube".
Et selon la police ?
On a ici un concentré de plein de choses intéressantes :
- "je parle de la puissance d'Internet, mais
je ne maîtrise pas assez bien pour vérifier les chiffres pourtant
disponibles en ligne et accessibles en 30 secondes" (15 secondes habituellement, mais reconnaissons que la journaliste a un nom compliqué qui rend la recherche particulièrement complexe)
- la paresse journalistique et l'AFP-dépendance : "l'AFP a dit, donc j'écris"
- une forme de prudence suite à quelques plantages de journalistes sur les dénombrage des vidéos vues : "si jamais le chiffre n'était pas bon, notez bien que ce n'est pas moi qui ai compté" (à ce sujet, relire l'analyse de Guilhem Fouetillou sur la vidéo de Sarkozy bourré / pas bourré au G8 ainsi que celle de André Gunthert sur le Figaro qui n'avait rien compris au système des tags)
Au moment où j'ai lu ce billet du Monde (mise à jour le 3 juillet à 16h38), la première vidéo qui sortait sur la recherche 'Mika Brzezinski" sur Youtube avait été vue 1.8 millions de fois - et je ne parle que du premier résultat de la recherche, pas d'une recherche approfondie. A l'heure où j'écris ces lignes, les vidéos taguées "Mika Brzezinski" sur le seul YouTube ont été vues environ 2.4 millions de fois. On est donc très au-delà du chiffre annoncé par l'AFP et repris par le Monde de 870 000 vidéos vues.
Au final j'abonde dans le sens du Monde puisque le propos est de dire que les chiffres sont impressionnants et ont permis à une séquence câblée, isolée, d'être largement diffusée et vue. Mais la difficulté des journalistes (et ce n'est pas propre au Monde) à manier les chiffres d'Internet, et en particulier les vidéos vues, m'impressionne.
Il n'y a pourtant pas grand-chose de plus à faire que d'identifier les plates-formes (YouTube, DailyMotion etc.), chercher la vidéo postée en réfléchissant aux tags ayant pu être utilisée par les internautes (Mika Brzezinski, MSNBC, Morning Joe, Paris Hilton...) et compter. La nature de l'exercice rend la précision difficile mais permet d'indiquer des grandes masses très facilement.
Dans le genre "on compte les vidéos", voir l'exercice très intéressant effectué par Sylvain Weber.
Notons enfin que Lemonde.fr ne permet de cliquer pour regarder la vidéo que dans un premier article sur le sujet et pas dans l'article sus-mentionné. Pour cela, il faut lacer Youtube et chercher... Il faudra bientôt écrire sur l'utilisation des principes de navigation sur Internet par les grands médias.
(1) et au passage et pour faire suite au billet précédent, on peut aller soutenir quelques causes anti-Paris Hilton sur Facebook, comme celle-ci :

La grève s'est achevée avant même les négociations, tant mieux pour les voyageurs. Etrange de la part de syndicats d'ordinaire moins enclins à la souplesse.
Explication en images…
Sur YouTube :
Source : Kelblog
Notre équipe vient de publier, avec un peu de retard, le test du Zune 8 de Microsoft…
Voici notre conclusion :
Microsoft fait fort et propose une suite meilleure que l’original. Si le Zune premier du nom avait été relativement bien accueilli par le public, cette nouvelle génération bénéficie d’ajouts tout à fait bien pensés et qui lui donne un tout autre visage. Pour peu que la sortie TV ne soit pas capital pour vous, le Zune présente toutes les caractéristiques du lecteur mp3 doué de vidéo acceptable.
Pour autant, bien que le Zune propose des choses nouvelles intelligentes et intéressantes, on peut se demander si cela sera assez face à l’ogre Apple. En fait, je pense que ce n’est pas assez, clairement. Le Zune ne peut pas rivaliser avec le Touch et se positionne plutôt comme une alternative au Nano. La domination d’Apple sur cette part du marché fait que Microsoft aura besoin d’une prochaine génération encore plus musclée.
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Â
Téléchargez la vidéo au format MP4 (75 Mo)
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Lien Dailymotion / Lien Youtube
Bon, autant l’avouer tout de suite : je n’ai pas pulvérisé de records d’écriture durant ce week-end à rallonge. En fait, la barre de progression a même reculé de presque 50 000 signes.
(Photo : Nevall Jacobs. Démotivateur par Sean Lindsay.)
Pourquoi ? Eh bien, en gros, c’est à cause de l’un des principes clefs de la fiction narrative :
“Il y a dix-neuf lois gouvernant l’art littéraire dans le domaine de la fiction romanesque – certains disent vingt-deux. […] Elles requièrent que tous les épisodes d’un récit soient des parties nécessaires de ce récit et contribuent à son développement.”(1)
Ainsi l’a énoncé Mark Twain il y a plus de cent ans, en des termes lapidaires que bien des auteurs modernes feraient bien de méditer.
C’est pourquoi j’ai coupé sans remords (quoique avec un léger pincement au cœur) trois chapitres et demi qui n’avaient rien à faire dans le récit en cours. Et puis retour au clavier pour avancer dans l’histoire ainsi débarrassée de ses à -côtés inutiles. Bien entendu, j’ai sauvegardé à part les chapitres excisés… On ne sait jamais.
Voici donc le résumé de mes activités d’écriture pour le week-end :
À la semaine prochaine, j’espère.
___________Les Ludwig von 88 avaient vu juste, une fois de plus. En tout cas, au Liban, c’est encore la merde. Bientôt 9 mois sans président… Le Hezbollah, le seul groupe armé arabe à avoir réussi à tenu tête et à infliger des pertes cinglantes et sanglantes à Tsahal, “fièreté arabe”, avait pourtant promis de ne jamais utiliser les armes de la Résistance contre des Libanais. Il faut croire que les temps changent…
Cassage de burnes
Un bulletin dans une urne
Il reste une place vacante
À la tête d’une patrie
Démagogues prostitués
Aux oreilles d’une nation
Les mots passent comme des oiseaux
Mais ne laissent que du vide
Sous les yeux des projos
Sous les laves des volcans
Embrigader les uns
A massacrer les autres
Promettre l’impossible
Aux limites du crédible
En enculant les mouches
Pour sauver la patrie
Les vicissitudes
Des pulsions meurtrières
Des lois en décrets
Nous mènent droit à la guerre
Le pouvoir avilit
Et pousse au sénilisme
Le peuple est ébahi
Il reconnait son guide
Les héros d’aujourd’hui
Sont les criminels d’hier
Bellicistes acclamés
Des foules en mal de schlage
Donnez-leur des flingues
Nous les feront danser
Aux rythmes terroristes
Qu’ils prétendent condamner
Une vengeance subséquente
D’aphasiques éloquents
Physique pseudo-passible
De faire grimper les sondages
A bas les dictateurs
A bas les démocrates
Sus aux besoins bancals
Des larves nationales
(Cassage de burnes, LV 88)
La sortie de Sous les Bombes, le nouveau film de Philippe Aractingi (à qui l’on doit l’excellent Bosta), tombe à un drôle de moment. C’est triste de voir que certains n’apprennent pas grand chose du passé, et qu’ils sont incapables d’évoluer. En 2006, les Libanais, certains malgré eux, avaient assumé les agissements du Hezbollah pour faire front uni face à une attaque extérieure, aussi violente et injuste que disproportionnée.
En 2008, la soi disant majorité et la stérile opposition sont clairement soutenus par des “puissances” étrangères qui préfèrent s’affronter par procuration et trouvent des pantins libanais assoiffés de pouvoir, prêt à tout pour rester en place ou prendre celle de leurs petits camarades (ex alliés de la veille). Un peu comme des mauvais joueurs qui sentent qu’ils ne s’en sortiront pas seuls et qui appellent leurs parents ou quelqu’un d’extérieur en renfort. C’est minable.