Pour faire parler du MEDEF, la patronne des patrons semble penser qu'il faut d'abord que l'on parle d'elle : sa photo apparaît de multiples fois sur le site du MEDEF (alors que Seillière en était presque absent), de même qu'en tête du pseudo-blog "Besoin d'air", du nom du "livre blanc" publié par l'organisation patronale à l'occasion de son AG (le blog n'est, bien entendu, qu'un site dédiée à la communication du MEDEF... Il est d'ailleurs amusant de constater que la photo de Parisot y est "cliquable" et non la couverture du bouquin). Une oeuvre signée du MEDEF, "sous la direction de Laurence Parisot", dont le nom apparaît en caractères plus gros que celui de l'organisation qu'elle dirige.
On remarque aussi que les grands messes des patrons attirent bien plus les médias et les dirigeants publics que, mettons, le congrès d'un syndicat de salariés. Ainsi, si la dernière université d'été du MEDEF avait accueilli pas moins de quatre ministres (Thierry Breton, Jean-François Copé, Nicolas sarkozy, Christine Lagarde) et un président de Commission européenne en exercice (José Manuel Barroso), cette fois, les hauts responsables politiques n'étant pas invités, la chaîne parlementaire Public Sénat retransmet en direct l'assemblée générale du MEDEF. Bien entendu, au prochain congrès de FO, le Premier ministre en personne fera le déplacement et France 3 fera des pieds et des mains pour diffuser l'intégralité des discours...
Parisot brave le ridicule (ou franchit le rubicon ?)
Ne cessant d'appeler au courage en politique, Laurence Parisot ne pouvait demeurer insensible au laps... pardon, au concept de "bravitude" développé par Ségolène Royal en Chine. Surprise, c'est sans détour que la patronne publique n°1 assène : "La bravoure, c'est d'abord de maîtriser la langue française" (Présidentielle : le Medef appelle à "moins de démagogie" - AP, 8 janvier 2007)
C'est peut-être aussi de ne pas dire de bêtise plus grosse que soi. Car Parisot est une professionnelle des pirouettes sémantiques et des néologismes : l'université d'été 2006 du MEDEF se proposait de "concilier l'inconciliable", on y débattait de l'universel et du "diversel", tandis que la patronne de l'Ifop plaide pour le "détabouage" à propos de la flexibilité du travail, après avoir révélé au monde les joies de la "séparabilité" entre employeur et salarié.
Son attaque contre la candidate socialiste ne manque donc pas de culotterie... ou plutôt ne manque pas d'air. D'autant moins que le livre Besoin d'air précité nous est vanté en des termes que même un comique troupier en retraite aurait récusé : Besoin d'air parce qu'il faut changer "de musique, pour un nouvel air, pour une nouvelle ère". Epoustousoufflant ! Sans compter qu'en élargissant le périmètre de ses interventions, le MEDEF a déjà changé d'aire.
Publié par alix le 19/07/07 @ 09:45 | commenter | lien permanent